WestJet poursuit sa transition et prévoit une augmentation de ses revenus

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Ed Sims, chef de la direction WestJet

Après une année 2018 difficile, WestJet poursuit sa transition de ligne aérienne régionale à compagnie internationale. Les vols intercontinentaux devraient s’inscrire dans une offre destinée aux passagers d’affaires pour faire concurrence à Air Canada. Ses revenus devraient augmenter, en 2019, grâce à une grande demande, à la croissance des revenus par passagers et à sa nouvelle filiale à très bas prix (Swoop).

Malgré la concurrence nationale féroce et l’instabilité du prix du carburant, le transporteur souhaite augmenter les revenus par siège disponible de deux à quatre pour cent, en 2019. Les revenus des passagers en classe économique privilège ont grimpé de 70 %, l’année dernière.

La compagnie aérienne commence à voir les résultats des tarifs combinant des avantages tels que l’espace supplémentaire pour les jambes, les repas sur demande et les frais pour les repas et les bagages. La proportion de passagers de WestJet ayant choisi un tarif supérieur au plus faible tarif disponible est passée de 6 % au début de l’année à 36 % au quatrième trimestre.

WestJet prévoit accroître sa capacité de six à huit pour cent (un demi-point de pourcentage de moins que dans ses prévisions précédentes) grâce à trois Boeing 787 Dreamliner assurant un service sans escale entre Calgary et Dublin, Paris et l’aéroport de Londres Gatwick, ce printemps.

«Nous continuons à voir des risques liés à la concurrence accrue dans les transporteurs à très bas prix, aux dossiers du travail et à l’exécution de la stratégie de croissance internationale de la société», a affirmé l’analyste Cameron Doerksen de la Financière Banque Nationale.

Flair Airlines, qui a récemment pris de l’expansion, Canada Jetlines, qui débutera bientôt ses activités, et le transporteur à bas prix Rouge, d’Air Canada, sont déjà des joueurs importants dans le secteur visé par Swoop, le transporteur à très bas prix lancé par WestJet, il y a huit mois.
Après une année mouvementée, les relations de travail constituent toujours un obstacle. WestJet négocie avec deux syndicats représentant les répartiteurs et les pilotes de ligne régionaux. Les pourparlers avec les agents de bord devraient aussi commencer cette année. La société mène également des négociations internes avec ses mécaniciens

La compagnie aérienne a été touchée par les conflits de travail, en mai dernier, lorsque les pilotes de WestJet ont voté pour une grève. L’association des pilotes de lignes aériennes (ALPA) et la compagnie se sont entendues sur un processus de règlement deux semaines plus tard. Des offres tarifaires à prix réduit ont suivi, pour récupérer les passagers effrayés, et ont coûté des dizaines de millions de dollars au transporteur au cours des deuxième et troisième trimestres.

«En 2018, nous avons dû faire face à de nombreux vents contraires qui ont fait en sorte que notre entreprise a livré des résultats bien inférieurs à ce que nous pourrions et devrions accomplir», a déclaré le chef de la direction, Ed Sims.

La hausse des prix du carburant a grugé une partie du profit net de WestJet au quatrième trimestre, le faisant reculer de 39 % par rapport à la même période l’année précédente.

Les revenus provenant des passagers ont progressé de 7 % au plus récent trimestre, par rapport à l’année précédente, mais le prix du carburant a bondi de 21 %. Cette dépense a fait grimper le coût par siège disponible de 3,8 %.

WestJet a affiché un profit de 29,2 millions $ pour son quatrième trimestre, en baisse par rapport aux 47,8 millions $ de l’année précédente. Le bénéfice par action a atteint 26 cents pour le trimestre qui s’est terminé le 31 décembre, comparativement à celui de 41 cents de 2017.

Les revenus ont totalisé 1,19 milliard $ pendant les trois derniers mois de 2018, en hausse par rapport aux 1,12 milliard $ du quatrième trimestre précédent. Les analystes s’attendaient à un bénéfice par action de 13 cents et à des revenus de 1,19 milliard $.

L’instabilité du prix du carburant et les taux de change ont «créé une pression à la baisse sur les marges malgré un environnement de saine demande et de solide croissance des revenus», a mentionné l’analyste Kevin Chiang, de Marchés mondiaux CIBC.

Pour l’ensemble de l’exercice, WestJet a engrangé un bénéfice de 91,5 millions $, soit 80 cents par action. Il s’agit d’un profit en baisse comparativement à celui de 2,38 $ par action et 279,1 millions $, obtenu un an plus tôt.

Les revenus ont totalisé 4,73 milliards $, en 2018, une hausse comparativement à 4,51 milliards $, en 2017.