Transat : le groupe Mach entre dans la course avec une offre plus avantageuse

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Le plus grand promoteur immobilier et propriétaire indépendant du Québec a fait une offre plus élevée pour l’acquisition de la totalité des actions votantes émises et en circulation de Transat. Souhaitant ainsi privatiser la compagnie aérienne, Group Mach Inc. offre 14,00 $ par action, ce qui représente 1 $ de plus que l’offre d’Air Canada.

Selon la société, le prix de l’offre représente une prime approximative de 168 % sur le cours moyen pondéré en fonction du volume de la période de vingt jours précédant l’annonce de Transat du 30 avril 2019 et une prime de 24 % sur le cours moyen pondéré en fonction du volume pour la période de vingt jours se terminant le 3 juin 2019.

En outre, nous apprenons que Mach n’est pas le seul nouveau joueur. TM Grupo Inmobiliario, que l’on décrit comme étant « le plus grand promoteur immobilier résidentiel et de loisirs en Espagne et fournisseur d’hôtel préféré de Transat au Mexique » obtiendrait une participation minoritaire dans l’investissement d’environ 15 millions de dollars pour l’achat de Transat. À la suite de l’acquisition, TM Grupo posséderait jusqu’à 25% de la compagnie.

L’accord exigerait également que le gouvernement du Québec fournisse un financement d’acquisition d’environ 120 millions de dollars. Le groupe Mach affirme que l’offre est l’aboutissement d’un long processus entrepris depuis janvier, moment où il a approché Transat au sujet d’une éventuelle transaction négociée.

Mach propose de poursuivre le plan stratégique 2018-2022 de Transat basé notamment sur une diversification vers le secteur hôtelier. On souhaite le renforcir tout en préservant toutes les unités opérationnelles de Transat, y compris ses compagnies aériennes, voyagistes, agences de voyages et divisions d’hôtels.

Promesses d’un leader de la construction et de l’immobilier

Soutenue par sa solidité financière et son expérience de développement et de propriété de l’immobilier, la société précise que son but est de « bâtir une marque mondiale de voyage de loisir, intégrée verticalement sous la bannière de Transat » et d’incorporer les améliorations technologiques attendues offertes par les leaders mondiaux de Mach partenaires de voyages de loisir.

Elle compte élargir l’expérience des forfaits de voyage pour les Canadiens afin qu’ils osent se diriger plus souvent vers des destinations européennes à des prix très compétitifs, notamment en Espagne, où la société pourrait exploiter le vaste portefeuille hôtelier de TM en vigueur en 2020.

Elle souhaite également atténuer de manière significative les risques de construction et d’exploitation associée à la stratégie de développement hôtelier de Transat.

Des chiffres alléchants…

On prévoit que le développement hôtelier générerait des marges de profit globales significatives et durables pour Transat dans laquelle ses autres divisions opérationnelles, y compris la compagnie aérienne et l’exploitant du tourisme, excèderaient la moyenne actuelle de plus de 1,2 million de passagers d’Air Transat voyageant vers des destinations ensoleillées par l’entremise de forfaits de voyage.

Alors que le plan stratégique 2018-2022 de Transat prévoit le développement de 5 000 chambres dans les six prochaines années (soit 3 000 directement détenues par la Société et 2 000 sous sa gestion), grâce à l’expérience et aux capacités financières de Mach et TM, on prévoit une augmentation du nombre de chambres à 8 000 sous la propriété de la Société et 4 000 chambres sous sa gestion à l’expiration de cette même période.

Mach rassure à propos de son intention de maintenir en grande partie le plan d’affaires existant de Transat ainsi que son équipe de gestion. Afin de satisfaire les objectifs du gouvernement du Québec, il verrait à ce que le siège social, l’équipe exécutive et le centre de décision de Transat soient « réellement basés à Montréal » et qu’aucune mise à pied des employés actuels de Transat ou de ses filiales ne découlent de la transaction. Il souhaite rassurer le gouvernement québécois sur le fait que les intérêts du Québec seront véritablement protégés.

À noter que la transaction est assujettie à des conditions : Transat devra mettre un terme à son processus actuel avec Air Canada et s’engager à réaliser un accord de confidentialité avec Mach, comprenant un délai de 30 jours menant au contrat définitif d’acquisition.

Quant à la compagnie canadienne, si elle venait à rompre son entente de 30 jours avec Air Canada, elle devrait lui verser une pénalité de 15 millions.