Gilles Garceau, un grand homme et amoureux du voyage

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OpenJaw Québec vous présentera de véritables mordus du voyage, des sommités de l’industrie ! Cette semaine, nous avons rencontré la personne idéale pour ouvrir cette édition spéciale. Il s’agit de Gilles Garceau, homme au parcours exceptionnel et passionné du voyage. En plus de son cœur en or, Monsieur Garceau ne manque pas d’anecdotes et de rencontres palpitantes à nous raconter.

Monsieur Garceau – qui a même rencontré Fidel Castro à deux reprises ! –  a commencé en tant qu’agent de voyage pour ensuite se retrouver propriétaire de plus d’une compagnie dans le domaine.

Nous vous offrons ici un survol de son parcours trépidant.

Expo 67 et Europe sur le pouce !

L’aventure débute pour Gilles avec un voyage sac à dos en Europe qui aura duré deux ans.

« C’est l’Expo de 67 qui m’a donné envie de découvrir le monde. C’est tout de suite après que j’ai acheté un billet d’avion avec QuébecAir, dans le temps. Et puis je suis parti en Europe pendant deux ans. À ce moment-là, je visitais l’Europe et j’étais sur le pouce. Je suis parti en France, sur la Côte d’Azur, en Allemagne, en Suisse… J’ai vraiment adoré l’expérience. Dans ces années-là, en 67-68, on pouvait voyager sur le pouce sans problème. »

Lors de son retour à Montréal, après un voyage révélateur, Gilles sait qu’il veut travailler dans le domaine du voyage, ayant trouvé plus qu’une simple passion, une réelle vocation. C’est le propriétaire de Voyages Atlas sur la rue Sherbrooke, Fernand Léveillé qui lui laisse sa chance de faire ses débuts.

Vivre à l’époque « Jetset » d’Acapulco

En 1973, les choses sérieuses débutent alors que Gilles travaille pour Treasure Tours, l’un des plus gros voyagistes à l’époque au Québec et en Ontario. Lorsque la compagnie ouvre une filiale à Acapulco, l’homme saute sur l’occasion de devenir leur représentant au Mexique.

Ce séjour de 8 ans à Acapulco fait naitre en lui une réelle passion pour le Mexique.

« Dans le temps, c’était la Jetset. On volait avec des 727 de QuébecAir qui parfois ne faisaient même pas le vol au complet. Il fallait arrêter à Dallas ou à Houston pour faire le plein et pour se rendre à Acapulco. C’était les années où c’était Open Bar dans les avions. Les gens sortaient de l’avion soûls ! Ils n’avaient jamais vu l’aéroport. C’était les belles années, car il n’y avait pas les cartels et ce n’était pas dangereux. C’était la vraie Jetset. »

Toujours à l’affut de ce que le pays avait de mieux à offrir au tourisme, Gilles s’était également dirigé vers la vallée du Yucatan.

« Par la suite, je suis allé à Cancún pour voir de quoi ça avait l’air. À ce moment-là, il n’y avait qu’un seul hôtel à Cancún ! » nous raconte monsieur Garceau.  « Imaginez juste un hôtel sur toute la plage ! En plus, il manquait d’eau et d’électricité. Les cuisiniers allaient même jusqu’à la piscine pour prendre de l’eau pour cuire les patates ! »

Gilles nous raconte avoir fini par épouser une Mexicaine, puis une deuxième ! Aujourd’hui, il avec une autre conjointe, également dans le domaine, depuis 26 ans. Le carriériste est aussi père de 5 enfants. Deux avec sa première femme, deux autres de sa deuxième union et puis enfin le petit dernier avec sa conjointe actuelle. Une grande famille passionnée par le voyage!

Après environ huit années passées au Mexique et aux États-Unis avec Treasure Tours, Gilles fait son grand retour au Québec. Cette fois, il ouvre sa propre agence de voyages à Laval : Voyage Gaber, qui a ouvert ses portes à Laval. Puis, retour au Mexique à Puerto Vallarta et à nouveau au Québec en 1979 alors qu’il ouvre Promex Tour, un voyagiste spécialiste du Mexique, en particulier Acapulco!

Une nouvelle aventure avec les débuts Transat

En 1987, QuébecAir venait de faire faillite, mais il restait Nationair. Un jour débarque  un homme chez lui pour lui parler… « Donnez-moi 3 semaines et je vous donne un nouveau projet » lui a-t-il dit. « C’était monsieur Jean-Marc Eustache lui-même !  Sans même savoir qui il était vraiment, je lui ai fait confiance. Il n’avait pas de papier, rien… Juste sa parole. »

Deux semaines plus tard, monsieur Eustache lui apprend qu’il veut fonder une nouvelle compagnie d’aviation avec les pilotes de QuébecAir, François Legault et Philippe Sureau. C’était le début d’Air Transat. Gilles a finalement signé un contrat avec eux de plusieurs millions de dollars.

« Le 14 avril 1987, c’était le premier vol d’Air Transat. Le vol contenait 368 passagers et moi j’avais sur l’avion 328 de mes clients ! »  Ça s’annonçait très bien…

Petite anecdote concernant le premier vol : l’homme nous confie que le vrai départ a eu lieu le 7 novembre et non le 14. L’avion n’était pas prêt à ce moment-là. Ils ont alors fait venir un avion de New York et sur l’avion on pouvait lire « Transamerica Airlines ». Mais les gens n’y ont vu que du feu… »

Les tout inclus en Floride, les Vasco dans les Zellers, vous vous en souvenez ?

En 1992, monsieur Gilles doit fermer Promex Tour. À cause de la guerre du Golfe en 1991, les gens ne voulaient plus aller en Floride.  « En tout, mon T.O aura duré environ 12 ans, de 1983 à 1992. J’ai été le premier voyagiste à vendre du tout inclus, avec les taxes incluses ! C’était avant même que la loi passe. Dans ses brochures, il décrivait les hôtels avec les qualités et les défauts, ça m’a coûté extrêmement cher par la suite… »

« Moi je vendais la vérité. Je montrais les vraies affaires ! Mon père m’a toujours dit une chose : la meilleure menterie que tu puisses compter, c’est la vérité. »

Après Promextour, il passe à Nolitours pendant un an, jusqu’à ce que Transat rachète la compagnie. En 1995, il ouvre Voyage Travel à Notre-Dame-de-Grâce. Au début, tout allait très bien, puis en étant indépendant, monsieur Gilles nous avoue que son équipe et lui s’ennuyaient. C’est alors qu’ils deviennent Voyage En Direct.

Puis, Vasco est ensuite arrivé et lui a offert un nouveau partenariat. Ensuite, ce fut l’époque des Vasco dans les fameux Zellers ! D’après Gilles, le concept était presque parfait malgré certains problèmes de gestion.

Après Vasco, depuis les quatre dernières années, Gilles Garceau s’était trouvé une nouvelle passion, évidemment toujours dans le domaine du voyage : spécialiste de l’Inde, avec Voyage Intersky.

Finalement, après toutes ces années dédiées à l’industrie, Gilles a pris une retraite bien méritée le 1erjuin !

Gilles avec son fils Marc Antoine

Et la passion dans tout ça ?

Ce qui ne va pas aujourd’hui dans le domaine du voyage d’après monsieur Garceau ? C’est le manque de passion. L’homme d’affaires est franc : d’après lui, environ les deux tiers des agents de voyages n’ont pas leur place dans le domaine en ce moment !

« Sur les 9 000 ou 10 000 agents de voyage, il y en a au moins les deux tiers de trop. Que ce soit à l’interne ou à l’externe. Malheureusement,d les propriétaires embarquent dans le jeu des agents, ceux qui veulent juste profiter des voyages et qui finissent par aller magasiner à la place d’aller voir le Taj Mahal et de réellement découvrir la culture par exemple… Pour moi, ce ne sont pas de vrais conseillers. D’après moi, le gouvernement donne des permis trop facilement. La loi devrait être resserrée et l’on devrait aussi redonner des cours de géographie et d’histoire. Mais surtout, la base de tout, c’est le cœur. Les gens ont beaucoup trop de préjugés de nos jours. »

Monsieur Garceau explique qu’il ne s’agit pas uniquement d’un métier de vente. Les conseillers doivent être passionnés afin de transmettre cette passion à leur client. D’après lui, ils ont aussi peur de proposer de nouveaux styles de voyages et de tout inclus.

Les nouveaux enjeux des agents

Est-ce que les agents de voyages ont réellement plus de difficultés à vendre qu’avant ? Oui, possible. Mais d’après Gilles, les enjeux étaient semblables il y a quarante ans.

« Si je remonte en 1975, il y avait des compagnies stand-by qui vendaient du dernière minute, comme D-7 par exemple…  Même 40 ans en arrière, ça existait du stand-by de dernière minute. Donc il ne faut pas dire que parce que Transat ou Sunwing vendent du dernière minute que cela fait de la compétition. On vivait les mêmes choses avant. Peut-être à moindre échelle, mais nous étions tout de même capables de rester positifs.»

Après 52 ans d’expérience dans le domaine et 82 pays visitées, l’homme sait de quoi il parle !

Et la retraite dans tout ça ?

Monsieur Garceau nous avoue qu’il a surtout envie de repos, d’un bon livre, d’une bonne marche dans le sentier près de chez lui et d’un peu de silence. Au moins pour quelques mois… Ce qui est sûr, c’est que Gilles Garceau a marqué le monde du voyage, du fait de sa personnalité, de ses expériences et surtout de son grand cœur. Openjaw lui souhaite une retraite de rêve, tout comme ses voyages qui ont dû en faire rêver plus d’un…