Qu’advient-il de Cuba en plein cœur de la crise mondiale?

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Grandement apprécié pour ses plages idylliques et son peuple chaleureux, Cuba est cette destination où les Québécois se sentent presque comme à la maison. C’est avec grande tristesse que plusieurs d’entre eux ont dû dire adieu à leurs vacances au soleil cette année tandis que d’autres attendent toujours de savoir s’ils pourront ou non s’y rendre d’ici quelques mois.

À l’heure de la crise mondiale qui sévit présentement, vous vous demandez comment s’en sort l’ile chouchou des Québécois ? Open Jaw Québec vous tient aux faits.

Pas plus tard qu’en Février, les plus récents chiffres de STR, leader de l’analyse hôtelière, avançaient que le boom hôtelier des Caraïbes ne perdait pas de sa force, avec Cuba en tête aux côtés de la République dominicaine. 1616 chambres étaient alors en construction sur l’île.

Le 29 décembre dernier, l’Office du tourisme cubain avait d’ailleurs annoncé que le nombre de visiteurs canadiens à Cuba avait surpassé celui de l’année dernière avec plus d’un million de visiteurs canadiens pendant la saison touristique de 2019.

Mais depuis, comme presque partout ailleurs dans le Monde, le pays ne l’a pas facile, le principal moteur de l’économie cubaine, le tourisme, étant à l’arrêt complet pour une durée indéterminée.

Des sanctions américaines qui font encore plus mal

À cela, rappelons que plusieurs mois avant la fermeture des frontières à cause de la crise actuelle, les nouvelles sanctions américaines avait commencé peu à peu à étouffer le peuple cubain : interdiction aux navires de croisière américains de visiter l’île, limitation drastique des vols entre les États-Unis et Cuba afin de réduire les revenus provenant du tourisme, empêchement du pétrole vénézuélien de parvenir à Cuba, limite à 1000 $ US par trimestre l’envoi de sommes que les Cubains résidant aux États-Unis ont le droit d’envoyer à leur famille dans l’île…

Sans compter qu’en ce moment, l’embargo contre Cuba entrave l’importation de masques et d’équipements médicaux.

Le 24 mars, la haute-commissaire aux droits de l’homme de l’ONU, Michelle Bachelet, sonnait l’alarme : pour des raisons humanitaires, de telles sanctions doivent être assouplies, ou du moins suspendues, le plus rapidement possible.

Les médecins cubains sollicités à l’étranger

L’île des Caraïbes doit être soutenue, d’autant plus que plusieurs pays réclament l’expertise médicale de Cuba pour combattre le coronavirus.

« Le régime cubain a une longue tradition d’aide médicale internationale. On l’accuse de faire travailler ses médecins dans des conditions d’esclavage pour amasser des devises étrangères qui lui font cruellement défaut. Il reste que les médecins cubains ont rendu service partout dans le monde, pour combattre l’Ebola en Afrique ou le choléra en Haïti. » peut-on lire cette semaine dans la Presse.

D’ailleurs, l’Italie, le pays le plus gravement touché d’Europe, a pu bénéficier de l’aide des médecins cubains, tout comme la France pour ses départements d’outre-mer.

De plus, dans la nuit de dimanche à lundi dernier, 217 médecins et soignants cubains ont atterri en Afrique sur la base aérienne de Waterkloof à Pretoria pour venir prêter main-forte dans la lutte contre le COVID-19. L’Afrique du Sud est le pays le plus touché du continent africain avec plus de 4 500 cas et 87 morts. Le pays le plus industrialisé du continent compte environ 1 médecin pour 1 000 habitants, ce qui, selon les données de la Banque mondiale, serait bien en dessous de la moyenne mondiale.

Par ailleurs, l’ambassadrice cubaine, Lianys Torres Rivera, a fait savoir que son pays avait déjà envoyé 1 218 experts médicaux dans 20 pays d’Europe, d’Amérique latine et des Caraïbes, d’Afrique et du Moyen-Orient dans la lutte contre la pandémie.

Des pays apportent leur soutien à Cuba

Dimanche dernier, selon ce que rapportait TeleSUR, l’Argentine invitait les citoyens à signer une proclamation pour accueillir les travailleurs humanitaires cubains, s’opposant par la même occasion à la campagne des États-Unis.

Les signataires soutiennent que les conditions actuelles liées à la pandémie obligent à réfléchir en termes d’unité et de solidarité entre peuples et nations, reconnaissant la santé en tant que droit humain universel.

Dans le Courrier du Vietnam, on pouvait lire qu’une cérémonie de remise de don du peuple vietnamien à Cuba, son peuple cubain frère, a eu lieu le 27 avril à Hanoï pour aider Cuba à lutter contre la pandémie. L’aide du peuple vietnamien comprenait 1,57 milliard de dôngs (plus de 66 900 USD) ainsi que 2000 bouteilles de désinfectant pour les mains.

Un médicament prometteur développé par des médecins cubains?

Le peuple cubain peut parait bien seul et dépourvu de ressources, ce qui n’est pas nouveau, mais par chance, il peut au moins compter sur ses réputés médecins et peut-être même bientôt sur une solution au virus : l’Interferon Alpha-2b recombinant. Il s’agit d’un médicament mis au point en collaboration avec la Chine et qui a été utilisé avec succès dans le traitement de plusieurs maladies comme la dengue et le VIH/sida.

« L’Interferon Alpha-2b recombinant est actuellement à l’essai pour traiter le coronavirus. Ironiquement, un pays qui manque de tout pourrait faire partie de la solution à cette autre crise » mentionne la Presse.

Évidemment, il faudra attendre pour savoir s’il s’agit d’un traitement efficace.

Au 26 avril, le nombre de cas de COVID-19 à Cuba s’élevait à 1369.

Le nombre de décès était de 54.