Voyageurs Québécois – Comment les attirer ?

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    Tania Kedikian, responsable de compte pour Development Counsellors International

    On a tous déjà accepté la réalité cruelle. Voyager cette année n’est plus assuré. L’espoir d’un automne plus ou moins normal a disparu et il faut viser l’horizon et s’organiser pour 2021. Ceci dit, on sait bien que le voyage lui-même n’est pas mort. Loin de ça, on sait que les gens en ont besoin, mais il faut attendre que les couvre-feux passent et que les frontières rouvrent – quelque chose qui dépend d’un vaccin.

    La question aujourd’hui ? Comment comprendre et mieux servir les voyageurs canadiens dès qu’ils commencent à voyager à nouveau ? Pour ce faire, DCI, une agence de marketing nord-américain a publié sa deuxième version de son étude originale sur les consommateurs canadiens et comment ils interprètent le voyage suite à cette pandémie.

    L’étude est en anglais, mais on a voulu souligner quelques résultats susceptibles d’intéresser le marché québécois, afin de comprendre qu’il y a des différences dans les attitudes dans cette province.

    Moins peur ?

    Tout d’abord, l’étude montre que les voyageurs québécois sont les plus susceptibles des Canadiens de toutes les provinces de voyager avant qu’un vaccin COVID-19 ne soit développé.

    Un peu plus de la moitié des voyageurs du Québec interrogés (58%) déclarent être d’accord avec l’énoncé « Je ne voyagerai pas à l’étranger tant qu’un vaccin n’aura pas été développé pour le COVID-19 ». Cela se compare à 82% au Canada atlantique, 74% en Colombie-Britannique et 64% en Ontario.

    Et donc ? Cela signale aux destinations qu’il faut viser les Québécois plus tôt que les autres canadiens, parce qu’ils ont moins peur. Tous les Canadiens privilégient les voyages et les destinations qui mettent en avant les mesures de sécurité, mais les Québécois sont les plus à l’aise de se déplacer.

    On y va, mais pas loin.

    Ceci dit, les Québécois ne vont pas voyager si loin que ça. Ils souhaitent tout autant visiter les Caraïbes que d’autres destinations nord-américaines y compris les États-Unis et le Mexique dès que le voyage est possible.

     

    Les destinations les plus intéressantes pour ce marché ? Le Mexique, la Californie, les Bahamas et la République dominicaine. Ces résultats nous aident à comprendre comment viser ce marché, surtout pour les agences de voyage. Aller plus loin, pour le moment, n’est pas une priorité, même pour les Québécois.

    Les croisières ? Non, merci.

    Quant au type de voyage souhaité par les Québécois, partir en croisière n’est pas sur leur liste. Les voyageurs de cette province sont les moins susceptibles d’être intéressés à faire une croisière lors de leur prochain voyage à l’international par rapport aux voyageurs d’autres provinc

    En tout, 68% des Québécois à l’étranger déclarent ne pas être intéressés à faire une croisière lors de leur prochain voyage d’agrément international. Les vacances qui focalisent sur une seule destination sont alors plus susceptible d’attirer l’attention des Québécois. A noter, surtout pour les agents et les conseillers de voyages.

    Les agents, par contre, oui s’il vous plait !

    En parlant des agents – une bonne nouvelle. Les Québécois sont toujours contents de vous avoir à leurs côtés. Alors que la majorité des voyageurs au Canada déclarent qu’ils réserveront eux-mêmes leur prochain voyage, environ un tiers des voyageurs du Québec utiliseront un agent ou conseiller de voyages lors de la planification de leur prochain voyage international.

    Cela représente un taux nettement plus élevé que ce qui a été rapporté dans autres provinces. Par exemple, seulement 23% des voyageurs de l’Ontario déclarent qu’ils utiliseraient un agent de voyages ou un conseiller pour planifier leur prochain voyage international. C’est donc le moment de mettre à jour vos sites web afin de tout mettre en français, non ?

    Ces points sont utiles, mais ce n’est qu’un début. L’ensemble des données publiées dans l’étude montre plus clairement comment les agents et les destinations internationales peuvent attirer les consommateurs canadiens et surtout québécois pendant et après cette pandémie. L’étude, en anglais, se retrouve ici : Capturing the Canadian Consumer: Insights into the Path to Purchase for Canadian Travellers.

    Tania Kedikian est responsable de compte pour Development Counsellors International, situé à Toronto. Son travail de promotion du tourisme canadien a augmenté les visites dans des destinations comme le Belize, Scotland et Tahiti au fil des ans.