Europe & passeport sanitaire: bienvenue aux Canadiens?

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Véronique Trillet-Lenoir, eurodéputée française qui siège au parlement européen

L’Europe s’active en ce moment à établir un passeport sanitaire pour ouvrir la machine touristique au plus vite. On en est où dans les démarches? Et les Canadiens, voyageurs étrangers, sont-ils considérés dans le processus? Explications et réflexions.

D’abord, une note sur le choix du mot.

Ça discute fort en ce moment sur l’appellation. Le vocabulaire est hyper important dans un contexte où tous et chacun ne veulent surtout pas être accusés de faire de la discrimination.

L’Europe a donc décidé de l’appeler non plus passeport (qui fait trop référence aux voyages), mais bien certificat. « Parce qu’on veut donner à ce document une vocation non seulement de permission de mobilité, mais aussi sanitaire » expliquait Véronique Trillet-Lenoir, eurodéputée française qui siège au parlement européen, à Patrick Masbourian durant une entrevue accordée à l’animateur durant l’émission Tout un matin diffusée hier à Radio-Canada.

Bien.

Et il attestera quoi, ce certificat?

1-soit que son détenteur a été vacciné contre la Covid

2-soit que son détenteur a été testé négatif

3-soit que son détenteur est immunisé parce qu’il a contracté la Covid et que maintenant, il a développé des anticorps.

Dans tous les cas, détenir ce certificat évitera au détenteur de devoir faire une quarantaine.

Mais une question se pose : qu’en est-il des découvertes de la science médicale?

Sans doute les inclusions des conditions d’obtention de ce certificat laissent elles aussi entrevoir une crainte de tomber dans la discrimination. Comme on veut éviter d’octroyer ce certificat uniquement aux personnes vaccinées (ce qui est discriminant), il fallait ajouter des cas admissibles (les points 2 et 3).

Mais une personne testée négative hier ou avant-hier ne peut-elle pas contracter le virus demain? Et la Santé Publique ne nous a-t-elle pas démontré qu’il n’était pas impossible de contracter deux fois la Covid? Donc une personne dite immunisée pour avoir déjà contracté le virus (et développé des anticorps) n’est-elle pas, finalement, totalement inoffensive?

Se poser ces questions pour mieux alimenter la réflexion, c’est là une démarche légitime pour évaluer la valeur de ce certificat – dans le format qu’on veut lui donner actuellement – et le véritable statut d’inoffensif de son détenteur.

« Il y a un effort de prendre en compte toutes les façons qu’on a de montrer qu’une personne peut voyager librement pour elle et pour les autres » a expliqué Madame Trillet-Lenoir en ajoutant que l’idée que défend la Commission Européenne est d’attester, par ce certificat, que son détenteur n’est pas porteur de la maladie. « Actuellement, il y a moins de 10 % des Européens qui sont vaccinés. Donc ce serait très discriminant de limiter ce certificat à ces personnes-là, »

UnionEurope

Et les Canadiens ?

Les discussions actuelles parlent d’un certificat destiné aux citoyens des pays de l’espace Schengen. Rappelons que l’espace Schengen comprend les territoires des 26 états européens et le territoire de Gibraltar. Le Canada n’en fait pas partie.

Mais posons quand même la question: les Canadiens – comme tout autre citoyen hors de l’Europe – doivent-ils, peuvent-ils se procurer ce certificat pour pouvoir aller en Europe, très prochainement, sans se soumettre à une quarantaine?

On n’est pas rendu là dans les discussions.

« Dans un premier temps, ce certificat vise à améliorer la coordination de la mobilité à l’intérieur de l’espace Schengen. Mais on peut bien imaginer que dans un second temps, la Commission Européenne prenne des décisions pour l’extérieur de Schengen » a souligné Madame Trillet-Lenoir.

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Détentrice d’un baccalauréat en journalisme de l’Université Laval, Isabelle débute sa carrière de journaliste en voyage en 1995. Ses articles et reportages ont voyagé dans les magazines L’agent de voyages, Voyager et Tourisme Plus, Atmosphère d’Air Transat et le Journal Le Devoir, entre autres. Elle est co-autrice de quatre guides chez Rudel Médias (25 destinations soleil pour les vacances) et aux Éditions Ulysse (Voyager avec des enfants, Fabuleux Alaska/Yukon, Longs séjours à l’étranger). Depuis 2006 aussi, elle présente des conférences devant public.