VER met en garde : « il y a plus de crédits émis que de fonds »

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Jacob Charbonneau, cofondateur et président-directeur général de VER

L’entreprise Vol En Retard salue l’aide d’Ottawa accordée à Air Canada, mais soulève des interrogations.

Le groupe de défense des voyageurs Vol En Retard se dit réjouit de l’aide de 5,9 milliards $ consentie par le gouvernement fédéral à Air Canada et de sa volonté d’assurer la survie de l’industrie canadienne de l’aviation.

Le groupe de défense des consommateurs se dit également particulièrement heureux de la mise en place d’un fonds de 1,4 milliard $ consacré aux remboursements de voyages annulés par la Covid-19.

MAIS…

« Le fond de 1,4 milliard $ est bienvenu, mais rappelons qu’Air Canada a présentement 2,3 milliards $ en crédit voyage émis, » sonne l’alarme Jacob Charbonneau, cofondateur et président-directeur général de VER.

Y aura-t-il des complications à l’horizon?

Dans le communiqué rédigé par Air Canada concernant l’annonce de ces remboursements de billets, on apprend ceci :

Les clients qui ont déjà accepté un bon de voyage Air Canada ou des points Aéroplan pourront les échanger contre un remboursement selon le mode de paiement initial, notamment pour les parties inutilisées des bons de voyage Air Canada délivrés ou les remboursements partiels effectués.

Donc, qu’arrivera-t-il si une partie, voire la totalité des 2,3 milliards $ en crédit voyage émis sont interpellés à être traduits en remboursements selon le mode de paiement initial?

Un dossier qui restera sous observation

« Et qu’en est-il des autres compagnies aériennes? demande Jacob Charbonneau. Faudra-t-il attendre là aussi plus d’une année complète afin d’obtenir enfin justice pour les voyageurs? »

WestJet en exemple

Dans un communiqué émis aujourd’hui, Monsieur Charbonneau rappelle que bien que WestJet ait été le premier transporteur au pays à offrir des remboursements pour des annulations de vols nationaux imputables à la pandémie, « celui-ci estimait qu’il lui faudrait de six à neuf mois pour traiter les demandes de remboursement. Le tout ne s’est enclenché qu’en novembre, soit plus de six mois après le début de la crise. »

« Nous n’arrêterons donc pas nos démarches tant que tous les voyageurs lésés n’auront pas obtenu entièrement ce qui leur revient de plein droit » a conclu Jacob Charbonneau.