Voyager en France coutera-t-il plus cher?

Dossier spécial. La question est sur toutes les lèvres. La pandémie laissera-t-elle des traces et séquelles sonnantes et trébuchantes plus lourdes, pour le voyageur? Nous avons posé la question à la France.

Open Jaw Québec : Est-ce que le touriste doit s’attendre à des hausses de prix? À son retour imminent en France?

Mélanie Paul-Hus, directrice d’Atout France pour le Canada à Montréal : On a beaucoup dit que les tarifs allaient considérablement augmenter dans le transport aérien. Pour l’instant, les prix affichés ne reflètent pas ces prédictions. À quel moment verrons-nous ce changement vers des tarifs plus chers? Si ce sera le cas, nous n’en savons rien pour l’instant.

Ce que nous savons par contre, c’est que le piège, ce serait de réduire les prix. Se dire « bon bien on n’a pas la clientèle actuelle, donc il faut brader », ce serait un piège dans lequel il ne faut pas tomber.

Parce qu’il y a un aspect toujours présent : la qualité des produits. Les prix sont faits en fonction de cette qualité. Et derrière, il y a une main-d’œuvre de qualité aussi, bien formée, et il faut conserver cette valeur du tourisme.

Des expériences passées nous ont aussi appris que si un pays hausse ses prix, il peut se produire un déplacement des clientèles vers un autre pays, une autre destination. La tarification des produits et services n’est pas une réflexion simple.

OJQ : Le prix dit beaucoup de choses à une clientèle. Que pourrait-il dire en ce moment particulier post-pandémie?

MPH : Il peut valoriser ceux qui font des efforts pour que leurs produits et services soient maintenus, et aient moins d’impacts négatifs sur leur communauté et l’environnement.

OJQ : Quel impact la pandémie a-t-elle sur les coûts?

MPH : Il y a déjà des coûts supplémentaires pour les dépistages. Les dépenses additionnelles provenant des sur les transports ont aussi un impact. Les gens le sentent déjà que la pandémie a un coût. Je pense que le consommateur va le comprendre. Cela dit, pour le consommateur, ce ne sera pas uniquement son voyage en France qui va lui couter plus cher; ce sera tous les voyages dans le monde.

Je pense que si les hausses notables de prix se produisent, elles pousseront à mon avis les gens à réfléchir à quel voyage ils veulent vraiment faire, à partir plus longtemps pour être en mesure de gérer certains postes de dépenses – sur le long terme, ça peut être bénéfique, que l’on pense à une location longue durée, à rayonner à partir d’un lieu X pour réduire les dépenses. Il y aura sans doute une adaptation découlant des ajustements de prix.

Essayer d’éponger un peu tous les coûts dont la pandémie est responsable peut hausser les prix, dans un premier temps, mais les choses vont se stabiliser. Le rapport entre l’offre et la demande interviendra.

OJQ : De quel œil la France voit-elle les prix dictés par le marché?

MPH : Les touristes internationaux sont ceux qui amènent à la France des budgets pour ses améliorations, via la taxe de séjour notamment, lui permettant de faire des plans sur 3 ou 4 ans. Il y a donc des enjeux incroyables. Pour ces raisons, il faut que les prix restent contrôlés pour que les clientèles reviennent, et c’est à mesure qu’elles reviennent que l’on peut ensuite réajuster les budgets.

C’est la même dynamique pour les tours opérateurs. Ils doivent retrouver une certaine stabilité pour ensuite recadrer leurs prix. Il se pourrait qu’il y ait une vague de hausse de prix. Mais ils font des efforts incroyables, avec la flexibilité, avec les annulations, les reports de voyage, etc. C’est très difficile pour une entreprise de mettre tout ça en place.

Pour la majorité des Canadiens, un voyage en France, c’est fait pour se détendre. Il ne doit pas y avoir trop de stress, ni de déceptions pour garantir le bonheur. Le côté zen des vacances doit rester. Le prix ne doit donc pas être une source de mécontentement.

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Isabelle Chagnon
Détentrice d’un baccalauréat en journalisme de l’Université Laval, Isabelle débute sa carrière de journaliste en voyage en 1995. Ses articles et reportages ont voyagé dans les magazines L’agent de voyages, Voyager et Tourisme Plus, Atmosphère d’Air Transat et le Journal Le Devoir, entre autres. Elle est co-autrice de quatre guides chez Rudel Médias (25 destinations soleil pour les vacances) et aux Éditions Ulysse (Voyager avec des enfants, Fabuleux Alaska/Yukon, Longs séjours à l’étranger). Depuis 2006 aussi, elle présente des conférences devant public.