Pandémie & ventes : «les agents qui ont des clients croisières sont les premiers en s’en remettre»

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Dossier spécial. En agence, les téléphones se remettent doucement à sonner, mais chez les vendeurs de croisières, ils sonneraient encore plus. Des agents non spécialisés en la matière ont vu venir la manne et ont emboité le pas.

Open Jaw Québec en discute avec Sabrina Greca, directrice régionale des ventes et du marketing pour la Norwegian Cruise Line.

Open Jaw Québec : Les réservations de croisière enregistrent un bilan enviable depuis des mois. Norwegian Cruise Line compte-elle parmi les compagnies recherchées?

Sabrina Greca : Norwegian Cruise Line a récemment battu ses records de 2019 pour les destinations d’Hawaii et de la Polynésie Française! Pour cette dernière, nous avons un navire d’une capacité de 1 900 passagers, qui y est affrété, et sur les 1 900 pax, il y a 1 500 Québécois!

OJQ : Pour un agent de voyage, est-ce donc plus simple et payant de vendre des croisières? Du moins en ce moment?

SG : Oui et non. Les agents de voyage assidus aux croisières ont une facilité incroyable. Certains d’entre eux ont presque doublé et triplé leurs ventes depuis le début de la pandémie. Mais pour un agent qui n’a pas d’expérience dans la vente de croisière, ce peut être un travail de grande haleine. Car le plus difficile, c’est d’embarquer un client sur une première croisière, et ce indépendamment de la pandémie.

OJQ : Pourquoi?

SG : Parce que chez plusieurs personnes, il persiste encore énormément de préjugés à l’égard des croisières. Plusieurs croient encore que c’est un produit pour les vieux, notamment. Encore aujourd’hui, il n’est pas rare d’entendre que Madame veut faire une croisière mais Monsieur répond « on n’est pas encore rendus là! »

OJQ : Les agents croisière qui ont du pain sur la planche en ce moment, comment réussissent-ils néanmoins à fermer des ventes?

SG : L’agent de voyage qui a fait beaucoup de croisières dans sa vie, il s’est construit une clientèle, il a organisé des groupes et même accompagné des groupes. Dans un cas comme celui-là, il se produit le phénomène suivant : cette clientèle attend le signal de son agent. Elle dit à son agent : « oui oui, quand t’es prête à partir, nous aussi on part en croisière ».

Tous les agents qui avaient déjà des clients croisières, avant la pandémie, sont les premiers à s’en remettre.

OJQ : Selon vous, les échos des ventes de croisières ont-ils eu un impact sur les agents non spécialisés dans la vente de croisière?

SG : Totalement. Plusieurs agents ont rapidement profité du ralentissement des ventes, dû à la pandémie, pour se former dans le domaine. Il y a eu une grosse vague d’agents qui ont commencé à me suivre sur ma page « La vague NCL », et qui ont commencé vraiment à se former dans la vente de croisière.

Source: La vague NCL

Tous les mercredis, le matin, je donne une formation LIVE. Alors durant la pandémie, une connexion s’est créée. Plusieurs agents se sont dits « ok, il y a juste les croisières qui se vendent, on ne peut pas vendre les tout-inclus, les avions ne volent plus, donc j’ai rien à vendre. Mais les croisières se vendent. Si je ne vends pas des croisières, je ne vends rien ».

C’est tout ça qui explique pourquoi on a battu les records de 2019!