En vrac : quelques initiatives pour un tourisme durable dans le monde

Dossier spécial. Nous vous présentons ici quelques initiatives qui ont émergé aux quatre coins de la planète, et qui ont toutes le même objectif : que les voyages soient plus durables et responsables. Tour d’horizon.

Accor

Accor lançait il y a deux ans Greet, un nouveau concept qui se veut économique et écoresponsable. Cette marque a été créée pour répondre à la demande des consommateurs : « Aujourd’hui plus que jamais, les voyageurs veulent une expérience hôtelière abordable et de grande qualité, tout en cherchant simultanément à donner un sens à leurs achats et à réduire leur impact sur la planète. »

Les propriétaires des établissements qui adhèrent à la marque sont incités à récupérer des objets appartenant à des fournisseurs écoresponsables et des associations commercialisant des objets recyclés.

Aussi, le groupe s’est associé pour l’occasion à Emmaüs, pour aider les propriétaires de Greet à trouver du mobilier recyclés, ainsi qu’à Valdelia (une éco-organisation fournissant une solution complète de collecte, de recyclage et de réutilisation).

Turkish Airlines

Turkish Airlines vient de commencer à utiliser du carburant d’aviation durable sur ses vols.

Ce carburant d’aviation durable qui sera utilisé contient 87 % de gaz à effet de serre en moins par rapport aux carburants fossiles.

Le prochain objectif du transporteur phare de la Turquie va plus loin : il mène le « Projet de carburant bio-jet durable à base de micro-algues (MICRO-JET) » avec l’Université de Bogaziçi avec le soutien de TUBITAK. Lorsque le projet sera terminé, la première bio-raffinerie intégrée à bilan carbone négatif de Turquie et d’Europe commencera son service.

Ce carburant durable à haute énergie aide à réduire les émissions de particules nocives de SOx et de NOx grâce à une combustion dite propre. Produit à partir de matières premières durables et sans métaux lourds nocifs, ce carburant sera utilisé une fois par semaine au départ des vols Istanbul – Paris.

En ce qui concerne l’emballage des produits en vol, le transporteur mondial choisit d’utiliser un matériau à base d’amidon qui peut être facilement récupéré par la nature.

Pendant les vols en 2019 ;

  • L’utilisation de plus de 176 tonnes de plastique a été évitée grâce à l’utilisation d’emballages biologiques
  • Les peignes et les chausse-pieds ont été retirés des trousses de voyage, évitant ainsi 105 tonnes de déchets plastiques
  • En distribuant tous les kits de voyage et de jouets sans sacs extérieurs, 15 229 348 sacs ont été rendus inutiles à produire.

Costa Rica

Le pays a participé au développement de la première compagnie aérienne neutre en carbone au monde, NatureAir.

C’est au Costa Rica qu’on y trouve les premiers gites à avoir obtenu la très convoitée note de 5 feuilles pour le tourisme durable.

Source : Skyscanner.fr

Palau, Océan Pacifique

Il existe un engagement écologique obligatoire que les visiteurs doivent signer avant d’entrer dans le pays – le premier du genre dans le monde.

Les plastiques à usage unique sont interdits, et Palau s’oriente également vers le zéro déchet.

Palau a transformé 80 % de ses eaux nationales en sanctuaire marin où des activités comme la pêche commerciale et le forage pétrolier sont interdites.

Les écrans solaires qui contiennent des ingrédients « toxiques pour les récifs » ne peuvent être portés ou vendus dans le pays.

Source : Skyscanner.fr

Rwanda

Le pays s’engage auprès de tous les Rwandais, et promeut une politique de tolérance zéro envers la corruption. Tous les gîtes doivent être respectueux de l’environnement et offrir des avantages tangibles, sociaux et économiques aux communautés avoisinantes. Surtout l’embauche d’anciens braconniers!

Ces chasseurs réformés travaillent comme porteurs, pisteurs ou guides. Ils favorisent dorénavant la conservation en protégeant les animaux qu’ils chassaient auparavant. Dix pour cent des revenus du tourisme sont investis chaque année dans des projets de développement communautaire durable à côté des zones de faune protégées. Cela encourage les communautés à s’intéresser à la conservation des animaux et des habitats.

Aussi : au lieu d’interdire l’observation des gorilles, la destination encadre cette activité.

Source : Skyscanner.fr

Portugal

Aux Açores : le plafonnement du nombre de lits d’hôtels mis à la disposition des touristes garantit la conservation du paysage. Cela offre aussi une protection contre le sur-tourisme.

Certains des endroits les plus visités des îles, comme les sources chaudes de Caldeira Velha, limitent le nombre de personnes pouvant y entrer afin de ne pas « stresser » l’environnement.

Source : Skyscanner.fr

Finlande

À Helsinki, le programme Think Sustainably aide les résidents et les visiteurs à identifier les prestataires de services qui opèrent de manière durable et répondent à des critères spécifiques. Cela comprend les restaurants qui servent des plats végétaliens et végétariens, les hébergements respectueux et les entreprises qui offrent une rémunération équitable et embauchent des personnes en difficulté.

Source : Skyscanner.fr

Suisse

St. Moritz : dans le cadre de sa ‘Vision 2025’, cette destination s’est fixée cet objectif, parmi d’autres : utiliser uniquement de l’eau recyclée pour la fabrication de la neige pour ses pistes. Ce serait une première mondiale.

Les stations de pompage qui avaient pour tâche de transporter l’eau de la vallée jusqu’à la montagne, seront retirées et remplacées par 2 réservoirs. Les économies de la ressource sont énormes: l’équivalent à la consommation annuelle d’électricité de 400 ménages et plus de 280 millions de litres d’eau douce.

Expedia

Expedia supprime les spectacles d’animaux en captivité (baleines, dauphins, etc.) de son catalogue.

De plus en plus décriées, les animations touristiques incluant des animaux en captivité ont de moins en moins la côte auprès des visiteurs, selon Expedia, et font l’objet de lois à travers le monde pour les interdire.

« Nous avons récemment ajusté notre politique de bien-être animal. En conséquence, les attractions et les activités qui impliquent des performances ou des interactions avec des dauphins et d’autres cétacés ne seront plus disponibles sur nos sites. »

« Les sanctuaires en bord de mer qui offrent aux animaux captifs un cadre de vie permanent en bord de mer sont autorisés s’ils sont accrédités et ne proposent pas d’interactions ou de spectacles. »

Pérou

Site du Patrimoine Mondial de l’UNESCO depuis 1983 et l’une des Sept Nouvelles Merveilles du Monde Moderne depuis 2007, le Machu Picchu serait la première Merveille du Monde Moderne engagée dans la neutralité du carbone et certifiée en ce sens.

France

Afin de pousser les citoyens vers des décisions jugés « plus raisonnables », le Conseil de défense écologique a par exemple proposé d’interdire aux fonctionnaires de prendre l’avion pour se rendre depuis Paris vers le reste de la France « lorsque le trajet en train ne dépasse pas les quatre heures ».

Bhoutan

Un pays comme le Bhoutan, l’une des dernières destinations à la mode encore bien préservée, a limité les visas à une centaine de milliers par an, avec un gros prix à l’entrée, en disant viser la qualité du tourisme plutôt que sa quantité.

Venise

La population de Venise argumente son ras-le-bol depuis des années à l’égard des touristes trop nombreux. Aujourd’hui, elle a obtenu des autorités l’imposition d’une taxe de débarquement, et chiffré à plus ou moins 10 euros (15$), pour chaque passager d’un paquebot.

Amsterdam

Amsterdam a adopté une série de mesures pour stopper l’envahissement de Leidseplein, Rembrandtplein et son «red-light district» où trop de fêtards terminaient leur soirée en vomissant dans un coin ou en urinant dans les canaux.

Source : blogue de Jean-Michel Perron, La Tourte Voyageuse

Italie

Les gestionnaires des célèbres sentiers de randonnée des Cinque Terre, sur la Riviera Italienne, s’y sont mis, en interdisant les sandales et les gougounes. Avec 2,5 millions de vacanciers pour 4000 habitants, la sur-fréquentation prend là tout son sens.

Source : blogue de Jean-Michel Perron, La Tourte Voyageuse

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Isabelle Chagnon
Détentrice d’un baccalauréat en journalisme de l’Université Laval, Isabelle débute sa carrière de journaliste en voyage en 1995. Ses articles et reportages ont voyagé dans les magazines L’agent de voyages, Voyager et Tourisme Plus, Atmosphère d’Air Transat et le Journal Le Devoir, entre autres. Elle est co-autrice de quatre guides chez Rudel Médias (25 destinations soleil pour les vacances) et aux Éditions Ulysse (Voyager avec des enfants, Fabuleux Alaska/Yukon, Longs séjours à l’étranger). Depuis 2006 aussi, elle présente des conférences devant public.