Exclusivité : entrevue avec le directeur de l’Office de la Tunisie au Canada : Neji Ben Othmane

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Neji Ben Othmane

« La Tunisie connait en ce moment une reprise progressive. Tous les indicateurs sont au vert. La Tunisie connaîtra une bonne saison 2022, comparativement aux deux dernières années. »

Open Jaw Québec a profité de son passage au Centre de congrès Palace de Laval, jeudi le 28 avril, en réponse à l’invitation de l’Office National du Tourisme de la Tunisie de Montréal, pour solliciter un tête-à-tête avec le directeur, monsieur Neji Ben Othmane.

Comment la Tunisie se porte-t-elle? Comment s’annoncent les prochains mois? Quels sont les objectifs?

Nous avons posé toutes ces questions.

Vivre avec le virus fut la première réponse. Les autorités tunisiennes ont adopté cette réalité, celle où l’humanité doit apprendre à vivre avec le virus. Dans cet état des choses, la Tunisie a relevé ses manches :

« Nous avons mis en place un protocole sanitaire rigoureux. Ce protocole est appliqué dans toutes les unités hôtelières. C’est obligatoire, sous peine de fermeture si ce n’est pas respecté. Car l’activité touristique doit reprendre, et elle ne peut pas s’arrêter. »

En 2019, la Tunisie a accueilli 9 500 000 touristes. Quel est l’objectif pour 2022?

« 2019 est notre année de référence. Et en cette année 2022, notre objectif est de retrouver entre 50 et 60 % de ce volume. Nous espérons entre 4 millions et 4 500 000 touristes pour 2022. Ce qui sera une bonne performance si nous l’atteignons. Et nous présageons que 2023 sera véritablement une année de décollage, et nous comptons bien avoir récupéré toutes nos capacités en 2024.

« C’est avec la diversification des produits, en Tunisie – golf, thalasso, désert, etc., et la bonne desserte aérienne, que nous allons atteindre ces objectifs. Faut-il également préciser que la Tunisie offre un bon rapport qualité/prix. »

Le volet aérien pourra être ajusté, au besoin.

« Si notre desserte aérienne devient à pleine capacité, nous allons agir rapidement et mettre en place des vols supplémentaires. La compagnie aérienne Tunisair a fait l’acquisition de 5 nouveaux appareils, des A320 Neo. Trois sont déjà arrivés, et les deux autres arriveront en 2023.

Le marché canadien

« Les Canadiens visitent la Tunisie de septembre à avril. C’est leur saison. On sent déjà, à l’heure actuelle, une reprise des réservations de leur part.

« Le fait que les Tunisiens parlent français est un énorme avantage, auprès des Québécois. Cela contribuera certainement à la reprise. Le vol direct Montréal-Tunis n’est pas négligeable non plus et le taux de change, qui n’est pas très élevé entre les monnaies canadienne et tunisienne, aussi est un élément qui n’est pas contraignant pour notre clientèle québécoise.

« Les contrastes de la Tunisie, ceux entre le Nord et le Sud notamment, la mer et le désert, la forêt et les oasis, les sites historiques, sont tous des incitatifs qui, plus ils sont connus des Québécois, plus ils sont attrayants.

Oasis de sable, oasis de palmiers, oasis maritimes…

Comment l’État a apporté son soutien

« Pour que la population résiste à la crise, l’État l’a soutenue. Et dans le domaine qui nous préoccupe, le tourisme, le ministère du Tourisme a soutenu les infrastructures hôtelières, durant la pandémie, et ce, par la formation gratuite et le recyclage. Car nous savions tous que la crise allait être passagère. Et il nous fallait faire en sorte de ne pas perdre notre main d’œuvre qualifiée.

Miser sur la formation

Durant la pandémie donc, pendant que les touristes étaient absents, les autorités tunisiennes ont misé sur la formation.

« Nous avons profité de la période de la pandémie pour former le personnel dans les hôtels. Car un hôtel ne peut pas bien fonctionner si vous n’avez pas un personnel bien formé. Et pour leur donner espoir aussi.

« En ce moment, la majorité des hôtels sont ouverts. Nous entamons à peine la haute saison, qui est l’été. Et les réservations s’annoncent bien.

« Sur l’île de Djerba, beaucoup d’hôtels affichent déjà complets pour cet été. Les Européens sont une grosse clientèle en été, et ils réservent déjà beaucoup.

Le marché canadien

« Concernant le marché canadien, et bien nous allons tout mettre en œuvre pour relancer notre destination auprès d’eux. Au cours des prochains mois, nous allons travailler au renforcement de nos relations. Nous allons travailler avec tous nos partenaires tours opérateurs, agences de voyage et associations pour relancer la destination.

Photo Isabelle Chagnon