Retour des tests aléatoires : un expert demande des réponses au gouvernement

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Alors que le gouvernement fédéral a repris, mardi, les tests COVID-19 aléatoires dans les grands aéroports canadiens, un expert demande plus de transparence à Ottawa sur la manière dont cette mesure assure la sécurité des Canadiens.

Rappelons que l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC) a suspendu les tests aléatoires dans les aéroports le mois dernier pour aider à diminuer les délais d’attente dans les aéroports et dans le cadre d’une stratégie plus vaste de transition des tests de dépistage hors des aéroports pour les voyageurs aériens.

Depuis le 19 juillet, les tests ont été rétablis dans les quatre grands aéroports du pays, soit ceux de Montréal, Toronto, Calgary et Vancouver, mais les tests auront désormais lieu dans des installations hors site, plutôt qu’à l’intérieur des aérogares.

«De toute évidence, il y avait des problèmes à l’aéroport, et c’est quelque chose qui a été interrompu pendant un certain temps. Pour une raison quelconque, ils ont décidé de le ramener maintenant. Et, vous savez, ce qui se passe avec ces données n’est pas tout à fait clair», a déclaré mardi à l’émission Your Morning de CTV le spécialiste des maladies infectieuses, le Dr Isaac Bogoch.

Le bureau du ministre fédéral de la Santé, Jean-Yves Duclos, a déclaré que seulement 4 % à 5 % des voyageurs étaient sélectionnés pour des tests aléatoires dans les aéroports.

Dans un communiqué, l’ASPC a répondu à CTV que «les tests aléatoires consistent à surveiller la prévalence du COVID-19 en collectant des données sur les voyageurs entrant dans le pays afin de voir d’où viennent les risques et de se préparer à d’éventuelles vagues futures».

Or, le Dr Bogoch affirme que ce que fait le gouvernement avec ces données n’est «pas toujours clair». Il se questionne à savoir comment les données colligées permettent de réellement protéger les Canadiens.

«S’il y a des résultats significatifs et exploitables à la suite de la collecte de ces données, c’est parfait. Voyons voir ce que c’est et ensuite nous pourrons porter un jugement de valeur. Est-ce que cela en vaut la peine? Avons-nous des méthodes alternatives de collecte de données? Combien ça coûte, quel est le retour sur investissement pour la collecte de ces données? a questionné le Dr Bogoch.

«Je pense qu’il serait utile d’entendre les hauts responsables de la santé au sujet de ce qu’on fait avec ces données. Quels sont les résultats réels de ces données?»

Jeudi dernier, le ministre Duclos a déclaré que les tests aléatoires pour les voyageurs aériens entrant étaient «essentiels pour surveiller l’entrée de nouveaux variants».

La collecte des eaux usées des avions comme alternative

Or, le Dr Bogoch est d’avis que les tests aléatoires dans les aéroports ne sont pas le seul moyen de collecter des données sur les nouveaux variants entrant dans le pays. Selon lui, les autorités sanitaires pourraient également examiner les eaux usées des avions ou interroger les personnes testées positives à la COVID-19 sur tout voyage récent qu’elles auraient effectué.

«La collecte des eaux usées dans les avions a été effectuée dans le passé et elle a été utilisée pour étudier, par exemple, la résistance aux antimicrobiens dans différentes parties du monde. Je pense que c’est une méthode à portée de de main et qu’elle n’est évidemment pas invasive en termes d’impact sur les voyages des gens.»

Pas responsable des retards 

Monette Pasher, présidente par intérim du Conseil des aéroports du Canada, a déclaré de son côté qu’elle ne croit pas que le retour des tests aléatoires aggravera les retards dans les aéroports, étant donné que les tests seront effectués dans les pharmacies ou chez des fournisseurs plutôt que sur place.

«Nous avons travaillé avec le gouvernement pour nous assurer que cela n’entraverait pas le flux de circulation, ce qui signifie que les gens recevront un e-mail s’ils sont sélectionnés pour les tests. Ils seront testés hors site», a-t-elle déclaré mardi à CTV News.

Cependant, Mme Pasher pense qu’il existe d’autres mesures de santé publique à la frontière qui contribuent aux longs temps d’attente dans les aéroports, tels que la vaccination obligatoire pour les touristes étrangers ainsi que l’application ArriveCAN.