Vivement interpellée, la France plonge dans le mode durable et responsable

257

Des stations de ski songent à stopper les remontées mécaniques à cause du coût trop élevé de l’électricité. Le parc sublimissime des Calanques est piétiné par les masses dévastatrices de touristes. Les avions sont réorientés pour réduire les itinéraires de vol de type saute-mouton.

Et maintenant une grande sécheresse : « après l’été 2022 qui a été exceptionnellement sec en France, la prise de conscience est plus importante que jamais et tout le monde veut faire sa part. Le sujet est sérieux. »

C’est sur ces mots que la directrice du bureau d’Atout France à Montréal, Mélanie Paul-Hus, accueillait, en compagnie d’une délégation composée notamment de représentants de France, Martinique et Guadeloupe, tous les représentants des médias québécois du voyage, hier soir à l’Esplanade Tranquille de Montréal, dans le cadre d’une tournée annuelle.

L’édition d’hier avait un thème : le voyage durable et responsable.

Mélanie Paul-Hus s’adresse aux médias

Et l’édition d’hier avait une urgence : « personne n’a envie d’être responsable d’avoir endommagé notre milieu de vie » a confié Madame Paul-Hus en entrevue avec Open Jaw Québec.

L’édition d’hier a aussi parlé d’audace : « parmi les gestes posés en faveur d’un tourisme plus responsable, la France commence à mettre en place des quotas de visiteurs. Cela peut être considéré comme étant anti-touriste, mais la démarche vise finalement à offrir à chacun une meilleure expérience de visite » a souligné Sophie Lagoutte, Consule générale de France à Montréal, présente à cette soirée.

Sophie Lagoutte, Consule générale de France à Montréal

« Par exemple, des quotas ont été imposés dans le Parc des Calanques, aux abords de Marseille. Cet été, on y a limité le nombre de visiteurs, à 400 personnes par jour, au lieu d’accueillir les 2 500 visiteurs par jour normalement. C’était et c’est nécessaire pour préserver cette ressource formidable qui est mise en danger par un tourisme trop intensif.

« Cette initiative vise à rendre l’expérience plus positive et à protéger la ressource à long terme. Cela s’inscrit aussi dans un tourisme qu’on appelle raisonné, qui vise à préserver des ressources naturelles fragiles. »

Le virage durable et responsable selon les autorités touristiques françaises

« La France est à l’heure de la transformation de l’offre touristique, pour mieux répondre à ses besoins environnementaux et sociétaux, a poursuivi Madame Lagoutte. Cela commence par la réduction de l’empreinte carbone dans les transports et l’augmentation des critères de sélection pour les hébergements, qui permettra de mieux constater les efforts qui sont faits dans le domaine durable.

« Notre mandat passe aussi par la rénovation des hébergements afin qu’ils aient de meilleures performances environnementales. Notre industrie doit aussi diversifier l’offre des destinations, en développant notamment l’offre de tourisme dans les villes moyennes. »

Développer le tourisme au printemps et en automne, organiser les grands événements durant les périodes hors saison, valoriser les labels qui ont un impact positif sur le tourisme durable et déconcentrer le tourisme, pour que chacun puisse profiter du mieux, là où il est, et quand il y est, sont des initiatives qui ont également été soulignées.

La délégation hôte de la soirée: tous unis pour le tourisme durable et responsable

Air Canada à la rescousse!

Air Canada était également présente hier soir pour annoncer une bonne nouvelle : « nous lancerons un vol direct Montréal-Toulouse dès le 1er juin 2023, avec un Airbus 330 bien sûr!, a souligné Karen Acs, directrice sénior de comptes chez Air Canada.

« Ce sera notre 4ème liaison entre le Canada et la France. Et ce vol direct sera offert, non seulement cinq fois par semaine, mais à l’année. Nous devions inaugurer ce vol à l’été 2020, mais la pandémie est arrivée. Alors nous relançons ce projet. »

Karen Acs et Marco Gagnon

« On se réjouit qu’Air Canada lance ce vol Montréal-Toulouse pour juin prochain. C’est une nouvelle qu’on célèbre parce qu’un vol direct, c’est un vol qui a un impact plus faible sur l’environnement, a confié Mélanie Paul-Hus.

« Mais aussi, comme ce vol sera offert toute l’année, il vient appuyer ce qu’on défend, de faire du tourisme toute l’année, durant les périodes moins fréquentées par les voyageurs. Car voyager hors saison, c’est contribuer socialement à préserver des emplois à différents moments de l’année. »

CHOOOSE vue par Air Canada

Air Canada avait une autre initiative à faire valoir dans le cadre du thème responsable de la soirée :

« Nous avons intégré, il y a deux semaines, l’option Chooose dans notre site de réservation des vols. Il s’agit d’une plateforme via laquelle l’acheteur peut, de façon très transparente, acheter des crédits de carbone durant le processus de réservation d’un vol, nous a expliqués Karen Acs.

Comment ça marche?

– la plateforme CHOOOSE estime de façon automatique les émissions de GES des vols visés dans la réservation

– la plateforme propose à l’acheteur de compenser ces émissions produites par les vols, en achetant des crédits compensatoires

– à l’achat de ces crédits compensatoires, la contribution est automatiquement versée à CHOOOSE

– CHOOOSE fournit ensuite un certificat attestant que le voyageur a acheté des crédits compensatoires de carbone.

« À titre d’exemple, pour un vol aller-retour Montréal-Toulouse, le montant à payer s’élève à un peu moins de 15 $ l’aller-retour » a précisé Karen Acs.

Vacances Air Canada garde l’œil ouvert

Vacances Air Canada aussi était présent hier soir. Nous en avons profité pour questionner son directeur des ventes, Marco Gagnon, sur les initiatives pour un tourisme plus durable et responsable du voyagiste :

« dans l’élaboration de nos programmes vacances, en France ou ailleurs, nous considérons les fournisseurs qui ont une certaine conscience écologique. Sur la base des informations que nous avons, nous pouvons, chez VAC, considérer le France comme étant avant-gardiste dans ce domaine. Travailler avec cette destination nous permet donc facilement d’inclure des produits durables à nos programmes. »

Une belle présence: Sylvie Grégoire, voyageuse qui a parcouru la France à pied du nord au sud, invitée à partager son aventure

Le tourisme durable et responsable, selon la Martinique et la Guadeloupe

Présente à cette soirée, la Martinique a choisi de faire valoir une nouveauté qui ouvrira au public en janvier prochain :

Ingrid Labeau et Maryne Maisonnave, du Comité Martiniquais du Tourisme

« Le DOME – pour Domaine martiniquais d’expérimentation – est situé au pied de la Montagne Pelée et accueillera bientôt ses premiers randonneurs et visiteurs, nous a expliqués Maryne Maisonnave, coordinatrice Communication et RP pour le Comité Martiniquais du Tourisme de Montréal.

« L’objectif de la visite, ce sera de plonger dans une nature propice à la découverte de la géologie locale et les notions de tropicalité. La grande curiosité du site sera l’observation du ciel nocturne et des étoiles, car le domaine se trouve loin de la pollution lumineuse.

« Enfin, des espaces d’hébergement seront également offerts, dans la formule semi-troglodyte. Ce sera un beau produit à offrir ! »

Quant à la Guadeloupe, Deborah Coffre, chargée de mission et promotion pour le Comité du Tourisme des îles de Guadeloupe au Canada, a pris le micro pour vanter les charmes guadeloupéens, et applaudir les croisières, qui reviennent – « enfin! », dira la concernée – depuis des mois d’absence à cause de la pandémie.

Deborah Coffre, qui s’adresse à la foule

Voulant rester dans le thème de la soirée, nous lui avons signalé notre envie de savoir comment ce petit paradis des Antilles gère les questions durable et responsable au chapitre des croisières.

« Nous nous assurons que les excursions qui sont proposées aux passagers des croisières qui débarquent en grand nombre à Pointe-à-Pitre, les amènent à se disperser, à visiter plusieurs différents endroits, nous a expliqués Deborah Coffre.

« La diversification des excursions est nécessaire pour y parvenir. Une excursion pour aller à la plage, une excursion pour aller faire de la randonnée, une autre pour aller découvrir un site historique, et autres. C’est ainsi que l’on peut réussir à éviter la concentration d’une foule de passagers dans un lieu donné, mais aussi à répartir les recettes récoltées qui sont importantes pour notre économie. »

Photos : Isabelle Chagnon