Vols court-courriers : les compagnies aériennes invoqueront les libertés de l’UE pour contester leur interdiction

L’industrie européenne du transport aérien vient d’annoncer qu’elle prévoit d’invoquer les droits de l’UE à la liberté de circulation pour contester l’interdiction des vols court-courriers.

Reuters vient de rapporter la nouvelle, laquelle succède celle de décembre dernier, à l’effet que, dans le cadre d’initiatives pour le climat, la Commission européenne a validé l’interdiction de vols intérieurs lorsqu’un trajet en train de moins de 2 h 30 est possible.

Les groupes industriels craignent que l’interdiction ne crée un précédent pour des limitations plus larges à travers l’Europe sur les vols court-courriers – autrefois un symbole de la libéralisation transfrontalière et maintenant de plus en plus critiqués, ajoute Reuters.

Les aéroports français et européens et les compagnies aériennes régionales seraient en train de mettre en place une nouvelle stratégie pour contrer cette interdiction qui vise, à l’heure actuelle, trois lignes aériennes françaises de vols court-courriers.

Pour la liberté de mouvement et des citoyens

« Nous avons le principe établi par l’UE d’un marché ouvert et libéralisé avec la liberté de fournir des services aériens à toutes les compagnies aériennes européennes entre n’importe quel point en Europe », a déclaré un haut responsable de l’industrie, toujours selon Reuters.

« Et c’est essentiellement pour soutenir la liberté de mouvement, les personnes et les citoyens à travers l’Europe. »

« Mesure inefficace »

L’une des raisons qui poussent les compagnies aériennes à contester l’interdiction, c’est son inefficacité :

Les organismes de l’industrie affirment que l’interdiction – qui a eu un impact sur beaucoup moins de routes que les groupes environnementaux ne l’avaient espéré – est finalement inefficace pour réduire considérablement les émissions.

« Si nous interdisions tous les vols de moins de 500 km en Europe, ce serait moins de 4 % du CO2 en Europe. [ Nous pensons ] qu’il y a une perception que ce serait de 80 % » a confié SCARA, un groupe représentant les compagnies aériennes françaises régionales qui a fait pression de manière agressive pour atténuer l’interdiction initiale, à Reuters.

On rapporte également que l’Union des aéroports français prévoit de porter plainte auprès du Conseil d’État français au sujet de cette interdiction et ce, probablement d’ici la fin du mois.

« Interdiction hypocrite »

On apprend aussi que les lobbyistes militant pour une planète verte continueront d’intervenir. Non seulement ils veulent des restrictions plus larges, mais ils jugent « hypocrite » la validation de l’interdiction des vols intérieurs court-courriers telle que décrite actuellement.

« C’est hypocrite. Ils ont fait en sorte que l’interdiction n’ait aucun impact… ils ont fortement poussé à réduire l’ambition », a déclaré Sarah Fayolle, militante des transports pour Greenpeace en France.

Déçus par le manque d’ambition des règles actuelles, rapporte Reuters, les militants ont déclaré qu’ils se préparent à contrer les efforts de l’industrie pour renverser l’interdiction et qu’ils espèrent revenir à la proposition initiale d’interdire les vols sur les itinéraires avec des temps de trajet inférieurs à 6 heures.

Article précédentGuy Archambault et Sandra Brousseau honorés au «Sandals Sales Summit» qui s’est tenu aux Bahamas
Prochain articleUkraine : le tourisme sera « crucial » pour relancer l’économie après la guerre
Isabelle Chagnon
Détentrice d’un baccalauréat en journalisme de l’Université Laval, Isabelle débute sa carrière de journaliste en voyage en 1995. Ses articles et reportages ont voyagé dans les magazines L’agent de voyages, Voyager et Tourisme Plus, Atmosphère d’Air Transat et le Journal Le Devoir, entre autres. Elle est co-autrice de quatre guides chez Rudel Médias (25 destinations soleil pour les vacances) et aux Éditions Ulysse (Voyager avec des enfants, Fabuleux Alaska/Yukon, Longs séjours à l’étranger). Depuis 2006 aussi, elle présente des conférences devant public.