Pénurie de main-d’œuvre : comment le Collège April-Fortier peut vous aider

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Une des salles de classe au Collège April-Fortier

Dossier. Open Jaw Québec a poussé la porte du Collège April-Fortier et pris un siège dans le bureau de Catherine Fortier, la directrice générale, pour parler de pénurie de main-d’œuvre. Entrevue.

Question : Le Collège April-Fortier est-il une ressource pour nos entreprises et agences qui cherchent désespérément des employés?

Sur notre site Internet, nous disposons d’une section « Offres d’emploi » dans l’industrie. C’est gratuit. Les employeurs peuvent afficher leurs postes ouverts. Ce n’est pas nouveau. Ça fait au moins 15 ans que nous offrons ce service.

On l’a toujours offert, mais en ce moment, le volume est amplifié. Il ne se passe pas une semaine sans qu’un employeur m’appelle parce qu’il est à la recherche d’employés.

C’est amplifié comment?

Je dirais que les offres d’emploi ont peut-être doublé. Le manque de main-d’œuvre était déjà un phénomène en place avant la pandémie, mais c’est amplifié aujourd’hui du fait que plusieurs travailleurs de notre industrie ne sont pas revenus depuis la pandémie. Plusieurs ont quitté l’industrie. Plusieurs se sont réorientés ou encore sont retournés aux études dans un autre domaine.

Est-ce que l’industrie exerce une pression sur vous en ce moment? L’industrie vous dit-elle aidez-nous aidez-nous! Ça nous prend des sortants!

Pas tant une pression. Plutôt une collaboration. On a toujours été étroitement liés à l’industrie. Pour donner un exemple de collaboration, Voyages Gendron organise souvent des midis conférences ici à notre école.

Et on fait beaucoup d’activités de recrutement avec les employeurs.

Ces activités sont de quel ordre?

Le Collège April-Fortier organise des événements qui consistent à initier les rencontres entre futurs employés et employeurs. Nous avons même réfléchi à organiser des événements pour outiller l’industrie à ce qu’elle ramène les anciens employés dans notre industrie. (voir encadré : Un rendez-vous WOW demain 24 mars)

Durant ces événements, les employeurs invités arrivent avec des offres d’emploi. Et cela a beaucoup de succès. Plusieurs matchs étudiants-employeurs se font sur place.

La difficulté en ce moment, c’est qu’on n’a pas beaucoup d’étudiants. Et pas seulement nous. D’autres écoles comme l’ITHQ aussi.

Y a-t-il un dénominateur commun à tous ces employeurs qui cherchent des employés?

Oui : ils cherchent tous la perle rare!

Les employeurs qui vous contactent, ont-ils des demandes spéciales?

Oui : davantage au niveau des habiletés que des connaissances. Les employeurs nous disent par exemple qu’ils cherchent quelqu’un qui est bon en vente, ou quelqu’un qui est bon et rapide dans les technologies.

Adaptez-vous vos cours à ces demandes des employeurs?

Oui, au fil du temps. On organise des groupes de consultation avec des propriétaires d’agences et autres employeurs comme des forfaitistes. Et les discussions touchent notamment sur comment on peut adapter nos formations aux besoins de l’industrie. C’est notre façon d’obtenir des inputs pour améliorer nos formations.

Vos étudiants doivent-ils faire un stage au terme de leurs études?

Oui et ils sont notés sur leur stage. Mais comme ils sont prêts à commencer à travailler dès la fin de leur programme, leur stage, c’est le début d’un emploi en fait.

Y a-t-il des élèves qui ne se trouvent pas un emploi dans notre industrie?

Non.

Avez-vous remarqué une hausse des salaires dans les offres d’emploi que les employeurs affichent sur votre site Internet?

Oui. Je vois des offres qui sont beaucoup plus alléchantes. Et c’est vraiment bien. Car notre industrie avait cette réputation que les salaires n’étaient pas élevés. Nous avions la réputation que notre industrie n’était pas concurrentielle au niveau des salaires. Ce qui a freiné beaucoup de gens à venir faire carrière dans notre industrie.

Est-ce dommage que l’ajustement à la hausse des salaires, dans notre industrie, ne se soit pas manifesté avant la gravité actuelle de la pénurie?

Oui, c’est dommage, car on a perdu beaucoup de temps dans nos efforts d’enrichir notre industrie de bons travailleurs. On a perdu de beaux potentiels. Mais c’est l’offre et la demande qui joue ici. On est ici dans un contexte où l’industrie s’ajuste au problème.

La pénurie criante de main-d’œuvre actuelle amène-t-elle notre industrie à modifier la structure des emplois?

Oui. Par exemple, chez plusieurs entreprises de notre industrie, les emplois à temps partiel n’étaient jamais envisagés avant aujourd’hui. Ils le sont maintenant. Les possibilités de télétravail font aussi leur apparition dans les offres d’emploi.

Différentes solutions émergent de plus en plus. L’employeur est en train de faire d’importants ajustements pour attirer les employés.

Selon vos observations, l’entreprise qui l’a l’affaire, pour trouver des employés, c’est quoi son secret?

C’est une entreprise pour qui les ressources humaines sont hyper importantes dans le modèle d’affaires, qui est proactive dans le soutien aux employés. Et ça s’exprime par exemple en encadrant beaucoup l’employé quand il débute dans l’entreprise, en offrant des avantages autres que le salaire, comme la possibilité de voyager par exemple.

C’est aussi une entreprise qui comprend que si elle a des conseillers et des travailleurs heureux, elle va augmenter ses ventes.

C’est également une entreprise qui va installer le bon travailleur sur le bon siège.

Les entreprises qui réussissent bien dans leurs recherches d’employés sont souvent celles qui ont plusieurs départements et où chaque employé est à la bonne place, selon ses forces.

Une grande entreprise qui gère ses activités internes comme si elle était une petite entreprise, c’est là aussi une philosophie qui connait du succès.