
Peu de temps après avoir déposé une nouvelle loi renforçant les droits des passagers aériens, le gouvernement fédéral a pris des mesures pour tenir les aéroports et les exploitants d’aéroports plus responsables de leur contribution à la fluidité des opérations dans les aéroports canadiens.
C’est l’une des pièces du puzzle que les compagnies aériennes ont demandé à Ottawa de résoudre. Plutôt que de laisser les compagnies aériennes être les seules tenues responsables des longues files d’attente, des bagages perdus et des vols retardés ou annulés, les compagnies aériennes ont demandé à ce que d’autres acteurs de l’industrie soient également tenus responsables des problèmes dans les aéroports, à la suite du chaos de l’été dernier.
Les compagnies aériennes canadiennes et le National Airlines Council (NAC) ont fait valoir, tel que rapporté par Open Jaw, que le contrôle de sécurité et d’autres opérations aéroportuaires contribuent également aux problèmes et que les compagnies aériennes ne devraient pas être les seules à devoir compenser financièrement les passagers lorsque les choses tournent mal.
À ce sujet, une des déclarations du ministre des Transports semble prometteuse:
« Ce n’est un secret pour personne que les défis de ces dernières années ont eu une incidence sur les systèmes de transport au Canada et dans le monde, a déclaré Omar Alghabra dans un communiqué. À l’aube d’une nouvelle saison de voyage intense, nous avons constaté qu’une perturbation à une extrémité du système peut entraîner des répercussions sur l’ensemble du réseau. »
Toutefois, les nouvelles règles ne semblent pas aller aussi loin.
Tel que le rapporte Global News, la nouvelle législation, déposée à la Chambre des communes le 20 juin, ne ferait qu’obliger les aéroports à fournir plus d’informations sur leurs propres performances.
Dans cette optique, il suffirait aux aéroports et aux exploitants d’aéroports de créer des normes de service, ainsi que de faire des suivis et de publier leurs performances par rapport à ces normes, pour respecter la nouvelle loi.
« Prises ensemble, les mesures contenues dans ce projet de loi contribueraient à la création d’un système de transport national plus responsable, plus transparent et plus accessible qui répond aux besoins des Canadiennes et des Canadiens », a ajouté le ministre Alghabra.
Mais certains aéroports le font déjà de toute façon.
Tel que rapporté par Open Jaw, la GTAA, l’opérateur de l’aéroport international de Toronto Pearson, ne se contente pas d’établir des normes et de faire des suivis; elle a commencé à infliger des amendes aux opérateurs dont les performances sont insuffisantes.
Grâce à une politique adoptée en avril, le travail des manutentionnaires au sol est surveillé par les responsables de l’aéroport, qui ont publié une « norme Pearson » de performance qui comprend le temps maximum autorisé pour certaines opérations, y compris la livraison de tous les bagages dans le terminal.
Ces normes doivent être respectées pour que les sociétés de manutention des bagages soient autorisées à renouveler les licences d’exploitation à l’aéroport. Les grandes compagnies aériennes qui utilisent leurs propres assistants au sol sont également passibles de sanctions, tout comme toutes les compagnies aériennes qui ne respectent pas la « norme Pearson ».
La nouvelle loi d’Ottawa, en revanche, ne semble pas impliquer de sanctions en cas de sous-performance.
Elle est donc loin de répondre à la demande du NAC, qui réclame une « responsabilité partagée » dans l’industrie aérienne du Canada. Tel que rapporté par Open Jaw en mai, le NAC a demandé que des normes de service soient créées pour des opérateurs comme Nav Canada et l’Agence des services frontaliers du Canada.
Le NAC demandait également que la responsabilité – et la responsabilité financière – des perturbations de vol soient partagées entre les parties prenantes des compagnies aériennes et non aériennes via un fonds commun.
Or, la nouvelle législation s’arrête bien en deçà des exigences du NAC en matière de responsabilité partagée.
Est-ce que l’établissement de normes de service et la publication des résultats du rendement par rapport à ces normes – sans sanctions en cas de non-respect – suffiront à assurer le bon fonctionnement des aéroports canadiens?
Il est peu probable que la nouvelle législation soit adoptée avant la période des vacances d’été de la Chambre, qui coincide avec la haute saison des voyages, ce qui laisse présager que la question concernant le chaos des voyages d’été demeurera sans réponse pour le moment.




