L’IGTOA demande de limiter le tourisme aux îles Galapagos

L’Association internationale des voyagistes des Galápagos (IGTOA) demande au gouvernement équatorien de limiter la croissance du tourisme terrestre dans les îles Galápagos, un secteur qui connaît une croissance rapide, en mettant en œuvre une stratégie de croissance zéro du tourisme aux Galápagos.

Cette demande fait suite à la publication récente du « Rapport 2023 sur l’état de conservation » par l’UNESCO, qui soulève des inquiétudes quant à la croissance non durable du tourisme dans les îles.

L’UNESCO s’inquiète du tourisme croissant aux Galápagos depuis des années, allant jusqu’à ajouter l’archipel à sa Liste du patrimoine mondial en péril en 2007.

Bien que l’UNESCO ait retiré les Galápagos de la liste en 2010 (citant les progrès réalisés par l’Équateur dans la lutte contre les menaces posées par les espèces envahissantes, le tourisme sauvage et la surpêche), les arrivées de visiteurs ont continué à monter en flèche.

Plage aux iles galapagos
Photo: Ecuador Travel

Pour illustrer son propos, l’IGTOA cite les statistiques publiées par le ministère équatorien du tourisme qui montrent que les arrivées ont augmenté de près de 60 % entre 2010 et 2019 (passant d’un peu plus de 170 000 à plus de 270 000).

Et, après avoir chuté durant la pandémie, les arrivées de visiteurs montent à nouveau en flèche. En avril, un communiqué de presse du ministère du tourisme a célébré l’arrivée de 32 509 visiteurs en mars, soit une augmentation de 24 % par rapport à mars 2019, et a annoncé un nouveau vol vers les îles depuis la ville de Manta, ce qui ne fera qu’alimenter la croissance continue du tourisme. Si le taux de croissance actuel se poursuit, les Galápagos accueilleront un million de visiteurs annuels d’ici 2041, peut-on également lire.

îles Galapagos, (Unsplash)

Le tourisme terrestre en cause

En 1998, l’Équateur a fixé un plafond ferme à la capacité totale de la flotte de passagers des Galápagos. Ce plafond a imposé une limite au nombre de passagers par bateau qui peuvent visiter les îles chaque année.

Cela signifie que 100 % de la croissance des arrivées de touristes depuis cette date est le résultat de la popularité croissante du tourisme terrestre dans les îles, facilitée en partie par une énorme augmentation du nombre d’hôtels et de locations de nuit disponibles dans les îles.

Pourquoi la croissance du tourisme est-elle une question aussi importante ?

On retrouve aux îles Galápagos un grand nombre d’espèces que l’on ne trouve nulle part ailleurs. Ces espèces endémiques ont évolué dans un isolement relatif pour prospérer dans les écosystèmes uniques des îles et sont donc très sensibles aux menaces des espèces introduites.

Par comparaison, l’IGTOA mentionne que la plupart des autres chaînes d’îles isolées du monde ont vu leurs populations d’espèces endémiques décimées par l’activité humaine et l’introduction de nouvelles espèces.

Les Galápagos, cependant, restent relativement vierges et il est encore possible d’y observer un grand nombre des espèces que Charles Darwin a rencontrées il y a plus de deux cents ans et qui ont contribué à inspirer sa théorie de l’évolution par la sélection naturelle, notamment onze sous-espèces différentes de tortues géantes, des iguanes marins (le seul lézard marin au monde) ou encore des cormorans incapables de voler.

Lorsque de nouvelles espèces sont introduites dans les îles, elles s’attaquent souvent aux espèces endémiques et les supplantent, ou bien elles font des ravages dans les écosystèmes locaux, ajoute l’IGTOA. Parmi les arrivées plus récentes et plus difficiles à voir figure une espèce de mouche envahissante dont les larves s’attaquent aux oisillons dans le nid, notamment au pinson des palétuviers, une espèce en danger critique d’extinction.

Selon le rapport de l’UNESCO, le tourisme terrestre « comporte des risques d’introduction et de dispersion d’espèces exotiques encore plus importants que le tourisme maritime ».

En outre, la croissance du tourisme augmente aussi les transports en provenance du continent et nécessite de plus en plus d’expéditions de denrées alimentaires et d’autres marchandises, un autre vecteur important d’introduction d’espèces nouvelles et envahissantes.

A propos de l’IGTOA

L’IGTOA est un organisme à but non lucratif, fondé en 1997 et composé des plus grandes compagnies touristiques des îles Galápagos. Leur mission est de préserver et de protéger la région des Galápagos.

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