C’est la bonne nouvelle du jour au Canada : l’incroyable île d’Anticosti, située au large de la Côte-Nord, les pieds dans le Golfe du St-Laurent, au Québec, fait son apparition aujourd’hui sur la liste officielle des sites du Patrimoine Mondial de l’UNESCO en raison de sa géologie unique.

L’annonce a été faite ce matin, depuis l’Arabie Saoudite, où se déroule actuellement une réunion de délibération des membres du Comité du patrimoine mondial de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture.
Voici comment l’UNESCO décrit Anticosti:
« Situé sur l’île d’Anticosti, ce bien constitue l’enregistrement paléontologique le plus complet et le mieux préservé de la première extinction massive de vie animale, il y a 447-437 millions d’années. Il comprend le témoignage fossile le plus complet de la vie marine, couvrant 10 millions d’années de l’histoire de la Terre. L’abondance, la diversité et l’état de conservation des fossiles sont exceptionnels et permettent un travail scientifique de classe mondiale. Des milliers de grandes surfaces de litage permettent d’observer et d’étudier les animaux à coquille, et parfois à corps mou, qui vivaient dans les fonds marins peu profonds d’une ancienne mer tropicale »
Plus grande île du Québec, paradis de nature, flore et faune sauvage, l’île d’Anticosti fait ainsi dorénavant partie d’un bouquet de près de 1 200 sites patrimoniaux à protéger, à travers le monde. Elle est le 22ème lieu canadien à se tailler une place dans la liste.
On jubile sur la Côte-Nord!
Les défendeurs protecteurs du tourisme, du patrimoine et de la vie locale sur la Côte-Nord jubilent en ce moment :
Pour la préfète de la MRC de Minganie, Meggie Richard, c’est toute la Côte-Nord qui peut célébrer aujourd’hui cette reconnaissance internationale d’un joyau qui doit être préservé, souligne-t-on sur la plateforme Ma Côte-Nord. « Nous en serons les gardiens et nous le mettrons en valeur avec fierté, au bénéfice des Anticostiens, des Québécois et des visiteurs du monde entier. »

Un « petit bled » à protéger…
Ex-maire d’Anticosti qui avait relevé ses manches pour monter le dossier de candidature de son île, John Pineault soutient que « c’était un long processus qu’on ne fait qu’une seule fois dans sa vie. Je suis fébrile parce que je vois les étapes à travers lesquelles on est passées pour y arriver. On est un petit bled d’à peine 200 personnes, et on est arrivé à monter ce dossier-là.
« C’est un énorme honneur, pour les Anticostiens, que notre chez-nous soit désigné comme patrimoine mondial. Le lieu a une valeur universelle et mérite d’être protégé, confie-t-il et dont les propos sont rapportés par Radio-Canada.
« Ce n’est pas la fin d’un processus, c’est le début. Oui, on a réussi à convaincre les Nations unies que notre coin de terre est vraiment exceptionnel, mais maintenant le travail commence. Il faut ouvrir l’île au monde en respectant les valeurs des gens d’ici » ajoute M. Pineault.
…mais un casse-tête potentiel à gérer :
Radio-Canada attire l’attention sur ce qui se pointe, à partir de maintenant, pour l’île d’Anticosti :
« La Municipalité envisage avec optimisme les effets touristiques de cette reconnaissance internationale, mais s’inquiète du manque d’infrastructures pour loger les visiteurs.
« La capacité d’hébergement sur l’île est déjà saturée. De surcroît, la nature insulaire de la municipalité de L’Île-d’Anticosti augmente les coûts de construction d’environ 30 % et ralentit les travaux à venir. »




