
Édition spéciale. Grande destination à 1h30 de vol seulement de Montréal, New York et ses gratte-ciels font parfois de l’ombre à d’autres petits trésors de ses environs. Dès notre sortie de l’avion, nous avons traversé les ponts pour aller nous amuser dans les périphéries de la grande ville, sur les traces du Gilded Age.
Du quoi?
Le Gilded Age, c`est une époque et un phénomène américain qui ont connu leurs beaux jours au 19ème siècle (le point culminant tourne dans les années 1870), où le matérialisme à outrance – chez des fortunés de plusieurs générations et des parvenus archi riches et parfois douteux – a donné naissance à des lieux (immenses domaines-résidences, grands jardins parsemés d’œuvres d’art, châteaux français ou gothiques, palais italiens et manoirs néoclassiques) où s’est empilée une gourmandise de tout et parfois de n’importe quoi.

Ce matérialisme à outrance avait 5 objectifs et raisons d’être : 1- pour épater la galerie, 2- pour montrer sa richesse, 3- pour prouver qu’on était assez riche pour pouvoir réclamer un statut de Queen ou King, 4- pour assoir son pouvoir, 5- parce qu’il fallait bien dépenser tout l’argent qu’on avait accumulé…
Aujourd’hui, le Gilded Age est recuisiné en thème touristique par la ville de New York et l’État new-yorkais. La ressource est là, encore debout, pleine à craquer (selon les lieux, jusqu’à 95 % du mobilier et des œuvres d’art en place sont d’origine et intacts).
On serait donc fou de s’en passer…
C’est ainsi que plusieurs de ces lieux sont, aujourd’hui, ouverts au public pour la visite et portent même, pour certains, le titre de musée.
Ce titre de musée est assez juste d’ailleurs : plusieurs personnages riches ayant vécu au temps du Gilded Age, s’ils étaient des hommes d’affaires, sont aussi devenus des collectionneurs. De papillons, d’animaux empaillés, de tableaux, de bibelots…
Qu’est-ce qu’on fait? Qu’est-ce qu’on voit?
Aujourd’hui donc, le visiteur adepte de la fouinerie dans les chambres privées, peut pousser les portes de ces grandes adresses. Accompagné d’un guide qui connait toute l’histoire de l’endroit et surtout des anecdotes parfois croustillantes sur les anciens propriétaires ultra friqués, le visiteur peut ainsi déambuler dans des intimités dorées et se faire raconter…
– que la faim de pouvoir s’exprimait en collant des feuilles d’or sur les murs de la salle à manger
– que l’argent était si abondant qu’on engageait des architectes renommés pour fabriquer une table massive de salon
– que madame avait teeeellement de robes longues et chaussures chics que des couloirs secrets étaient aménagés pour permettre des va-et-vient rapides et discrets pour changer de tenue plusieurs fois dans la même soirée…
Attention!
Disons-le : vos clients qui sont des fervents défenseurs du « à mort le matérialisme! », s’ils ne peuvent enfouir leur sens du divertissement dans leur valise de visiteur, et bien ils pourraient avoir le vertige. Car ici, on ne fait pas que regarder œuvres d’art, tableaux et objets entassés qui ont coûté pour certains une fortune; on écoute la/le guide nous raconter, non pas tant le parcours professionnel des propriétaires (parfois on en sait très peu de ce côté), mais plutôt comment ils ont dépensé leurs montagnes d’argent (et dans ce domaine, on en sait un paquet!).
Cela dit, ce thème touristique du Gilded Age est entre de bonnes mains chez les Américains des États-Unis, une destination qui a la réputation d’aimer parler d’argent…

Le Gilded Age, c’est aussi….
Le Gilded Age – ou âge d’or américain – a été une période d’importants changements économiques, mais aussi de grands remous entre les anciennes méthodes et les nouveaux systèmes, et de conflits entre d’énormes fortunes créées et perdues.
On décrit le Gilded Age comme « une période de matérialisme grossier » et de corruption politique dans l’histoire des États-Unis dans les années entourant 1870.
La littérature en a fait un grand sujet et d’importants romans de critique sociale et politique ont été écrits sur le sujet. D’ailleurs, le « Gilded Age » tire son nom du premier de ces romans sur le sujet, intitulé Gilded Age (1873) et écrit par Mark Twain.
Le roman donne une description qualifiée de « précise » et met en scène des caricatures de nombreuses personnalités de l’époque.
La période du Gilded Age est également synonyme de grande explosion d’activité industrielle et de croissance des entreprises appartenant à des entrepreneurs colorés dont certains ont été surnommés de « barons voleurs ». L’histoire raconte qu’ils se sont enrichis grâce aux monopoles qu’ils ont créés dans les industries de l’acier, du pétrole et des transports (dont le train). Parmi les plus connus d’entre eux figurent John D. Rockefeller et Cornelius Vanderbilt.
Photos : Isabelle Chagnon
Notre journaliste était l’invitée de l’agence torontoise Reach Global et des autorités touristiques de l’État de New York.
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