Comment la sauvegarde urgente de l’eau se manifeste dans le tourisme

Vous en avez certainement entendu parler : l’eau, également parfois appelée « l’or bleu du 21ème siècle », est une ressource qui s’épuise avec le temps notamment en raison des changements climatiques qui provoquent la sécheresse et de sa surconsommation à vouloir… surconsommer tout et n’importe quoi.

Photo : Fatih Yürür/Unsplash

Le secteur touristique mondial en parle aussi. Parce qu’il se sait concerné et menacé : le tourisme de nature dépend très largement de l’eau et est l’un des secteurs les plus dépendants.

Et parce qu’il se sait responsable : il est notamment prouvé que durant les voyages, contrairement au domicile, l’humain ambitionne sans compter sur les litres d’eau à l’hôtel. « La consommation d’eau quotidienne d’un client dans un hôtel est de 300 litres, contre 150 litres à son domicile » rapportent les associations d’hôtellerie dans le monde.

Et aujourd’hui, dans des bureaux de fédérations professionnelles du tourisme, on parle même d’instaurer des plans de sobriété de l’eau – ou sobriété hydrique – à échelle de pays.

Comment les actions se manifestent-elles?

Cela dit, des actions concrètes sont prises pour sauvegarder l’eau et mieux gérer sa consommation et ce, dans des recoins parfois intimes et auxquels on n’avait pas nécessairement pensé…

Si les salles de bains changent d’ambiance…

-suppression des baignoires pour y installer des douches – dans lesquelles le client fait moins de folie d’eau!;

-dans les hôtels, installation d’un compteur de pression et/ou de temps dans les douches;

-dans le registre des solutions qui peuvent être efficaces mais déplaisantes quand on ne s’y attend pas, notons cette réalité : l’arrêt, point final!, de l’approvisionnement d’eau de la douche (ex. : dans certains campings, si un usager appuie trop souvent à répétition sur le bouton d’eau de la douche, l’alimentation cesse).

Si le robinet a une drôle de réaction…

-installation d’aérateurs dans les lavabos permettant de réduire la consommation d’eau de 30 % à 80 % (Hôtels Jaro) ;

-apparition de fontaines à eau atmosphériques dans les établissements touristiques – explication : une fontaine à eau atmosphérique (ou générateur d’eau atmosphérique) produit de l’eau en récupérant l’humidité de l’air. Pour transformer de l’air en eau, il faut aspirer et dépoussiérer cet air, le déshumidifier, puis le faire passer au travers de nombreux filtres. Ces filtres visent à éliminer les impuretés, les chlorides et les mauvaises odeurs. Enfin, un stérilisateur permet de rendre la boisson totalement potable.

Si on cherche le préposé au ménage…

-les avis, dans les chambres, sur le non renouvellement automatique d’une serviette ou des draps du lit ne suffisent plus. On assiste maintenant à une diminution volontaire de la fréquence du ménage dans les chambres d’hôtels pour réduire la consommation d’eau.

S’il n’y a plus de pelouse…

-aménagement réduit ou nul de pelouse/gazon : on recommande aux établissements d’installer du paillage et non plus de la pelouse qui nécessite un arrosage;

-aménagement et expansion des parcs de panneaux solaires.

Si le terrain de golf change de décor…

– transformation majeure avec pour objectif une réduction de près de 40% des prélèvements en eau : implantation d’arroseurs qui gèrent précisément les besoins en eau via des sondes fixes et mobiles, conversion de flore progressive afin d’implanter des variétés les plus hydro-économes possibles et gestion robotisée et électrifiée en partie par panneaux solaires de la tonte de pelouse.

S’il fait trop chaud…

On ne sait pas comment la situation sera gérable, mais toujours est-il que l’élimination de la climatisation compte parmi des solutions envisagées pour réduire la consommation d’eau (de façon indirecte parfois).

Le stress hydrique vécu en Tunisie, un modèle à s’inspirer?

Il y a deux ans, les autorités tunisiennes décrétaient la fin de l’eau courante 24h/24 : « la décision du rationnement de l’eau prise de façon abrupte fait face à la colère des Tunisiens pas toujours sensibilisés aux questions écologiques, et à la grogne de plusieurs corps de métiers dont l’hôtellerie (tous les hôtels du pays ne sont pas équipés de bâches à eau), la restauration, les salons de beauté et de coiffure ».

Des tribunes de partages d’opinions diffusaient à l’époque que certains hôtels étaient épargnés et que leur robinet n’était pas fermé durant la nuit.

Cela dit, cette triste situation pour ce si magnifique pays a forcé les autorités à se pencher sérieusement sur la problématique. Et aujourd’hui, on table dans le développement de technologies de dessalement, la réutilisation des eaux usées et la gestion durable des ressources souterraines.

Et du côté des établissements touristiques comme les hôtels, l’aménagement de réservoirs d’eau est devenu un sujet d’actualité quotidienne.

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Isabelle Chagnon
Détentrice d’un baccalauréat en journalisme de l’Université Laval, Isabelle débute sa carrière de journaliste en voyage en 1995. Ses articles et reportages ont voyagé dans les magazines L’agent de voyages, Voyager et Tourisme Plus, Atmosphère d’Air Transat et le Journal Le Devoir, entre autres. Elle est co-autrice de quatre guides chez Rudel Médias (25 destinations soleil pour les vacances) et aux Éditions Ulysse (Voyager avec des enfants, Fabuleux Alaska/Yukon, Longs séjours à l’étranger). Depuis 2006 aussi, elle présente des conférences devant public.