C’est le temps de l’Halloween alors un peu d’ambiance ici.

Tous les conseillers en voyage comprennent depuis longtemps pourquoi leurs clients leur demandent de leur concocter un voyage au chaud sous le soleil entre sable bien blond et pina colada bien froid.
Mais savez-vous pourquoi, un jour, un client est arrivé ou arrivera devant un conseiller pour lui demander de lui orchestrer un voyage là où la catastrophe, le morbide, la souffrance, la mort et l’horreur ont sévit de plein fouet?
Et pendant qu’on y est, êtes-vous au fait du portrait actuel de ce type de tourisme?
L’Université de Carleton a étudié les sujets. Et voici un résumé des fruits de ses recherches.
Portrait des lieux associés au tourisme noir
Dans un premier temps, les recherches identifient les types de lieux associés. L’éventail va des camps de concentration aux mémoriaux de génocide, des tombes de célébrités aux circuits sur le thème des vampires.
Pourquoi ces lieux attirent-ils les gens ?
« Les motivations sont diverses. Certains recherchent l’éducation ou un lien émotionnel. D’autres s’y rendent par curiosité morbide, contemplant leur propre mortalité. Le plus souvent, c’est simplement pour se divertir » indique-t-on.
« Les gens aiment assister à des spectacles depuis un lieu sûr », poursuit-on. « C’est le même instinct qui attire le public vers les matchs de boxe, les podcasts sur les faits divers ou les films d’horreur. Il y a une certaine excitation, mais on n’est pas personnellement en danger. »
Concilier économie, éducation et éthique
Au cours des recherches, l’équipe a pris conscience du potentiel du tourisme sombre pour les communautés locales, « à condition d’être géré de manière durable et réfléchie ».
« Les meilleurs sites privilégient l’authenticité et l’éducation », explique-t-on.
« Cela permet aux communautés de raconter leur propre histoire, comme les habitants de Salem qui partagent l’histoire des procès des sorcières ou ceux de la Nouvelle-Orléans qui mettent en valeur leurs racines spirituelles et culturelles uniques. »
À la Nouvelle-Orléans d’ailleurs, que les chercheurs décrivent comme un « épicentre du tourisme sombre », plus de 60 agences proposent plus de 100 expériences thématiques, des cimetières aux boutiques vaudou, en passant par les bars clandestins sur le thème des vampires et les visites guidées sur les lieux de crimes réels. « Ces activités jouent un rôle essentiel dans le secteur touristique de la ville » indique-t-on.
Sur les traces des crimes réels, en plein essor
L’étude met en lumière ceci : les questions éthiques concernant les nouvelles formes du tourisme macabre.
On rapporte ceci d’intéressant : « les visites sur le thème des crimes réels sont en plein essor, mais certains organisateurs refusent d’aborder les crimes des 50 dernières années, par respect pour les familles encore endeuillées ».
L’IA qui exploite les tragédies
On s’inquiète également de plus en plus du contenu généré par l’IA qui exploite les tragédies.
« À Auschwitz, quelqu’un a utilisé les noms des victimes pour créer de fausses images générées par l’IA et a monétisé ces publications », indique-t-on dans le rapport.
La recette du succès du tourisme macabre
Le succès commencerait avec ceci : le pouvoir du sensoriel et de l’émotionnel.
« Les meilleures visites sont immersives », explique-t-on. « Elles sollicitent la vue, l’ouïe, l’odorat, le toucher, et même le goût. Les visites nocturnes intensifient l’expérience du touriste. »





