Comment le Costa Rica compte renverser la tendance à la baisse de son tourisme

On a beau annoncer que Porter Airlines desservira enfin le Costa Rica, que Transat étend son offre hivernale pour cette destination ou encore que le Costa Rica ouvre grand ses bras aux touristes canadiens.

Les médias d’ici ont beau laisser voir que le tourisme au Costa Rica va à fond la caisse, la presse de là-bas dépeint, pour sa part, un autre portrait.

Photo: Tourisme Costa Rica

Mieux savoir pour mieux se préparer, cela peut justifier de prendre un instant pour regarder la réalité.

« Le secteur touristique costaricien est confronté à un net ralentissement, avec près de 22 000 emplois perdus au cours de l’année écoulée. Cette baisse affecte durement les zones côtières et rurales, où les hôtels et les entreprises de services constatent une diminution du nombre de visiteurs et des licenciements. »

Selon le journal local The Tico Times, les données du troisième trimestre 2025 montrent donc que l’emploi dans le tourisme a chuté mais aussi que le nombre d’arrivées de touristes a également diminué, de 1,8 %, cette année : de janvier à juillet seulement, le pays aurait enregistré 50 000 visiteurs internationaux de moins.

Les chiffres, c’est bien. Mais savoir ce qu’ils signifient, concrètement, c’est encore mieux.

Le journal rapporte que « les travailleurs ont des difficultés à travailler et qu’à Manuel Antonio, les complexes hôteliers autrefois animés fonctionnent désormais avec un effectif réduit au minimum ».

Des situations similaires se produiraient à La Fortuna et Monteverde, où les circuits d’aventure affichent rapidement complets, selon le média, mais non pas parce qu’il y a plus de demandes que d’offres, plutôt parce que l’offre est volontairement diminuée faute d’employés dont chauffeurs et guides.

Si on résume, c’est la ressource humaine, et le service à la clientèle donc, qui sont durement touchés à cause de ce ralentissement.

Les solutions

Une fois que l’on dit que les causes de ce ralentissement s’appellent diminution des dépenses des touristes étrangers de 71 millions $, bouleversements mondiaux, coût élevé des voyages depuis la pandémie, forte concurrence d’autres destinations, hausse de la criminalité dans certaines zones touristiques – et qui dissuade les voyageurs – et lacunes en matière d’infrastructures (selon The Tico Times), regardons les solutions que le pays a ciblées.

« Parmi les propositions figurent l’amélioration des routes, le renforcement des mesures de sécurité et des actions de marketing pour attirer de nouvelles liaisons et les petites entreprises » indique-t-on.

On ajoute que les autorités du pays s’efforcent de dynamiser la promotion et « d’assouplir la réglementation pour les nouveaux investissements ». Des partenariats avec les compagnies aériennes sont également sur la table de travail (ici, on fait la boucle avec notre intro, NDLR) car ceux-ci visent à augmenter le nombre de vols depuis les principaux marchés.

L’élément qui rend nerveux tout ce beau monde, c’est le temps : « la reprise exige des mesures rapides pour rétablir la confiance des voyageurs » et ce, on s’en doute, le plus rapidement.

« Ce revers met à l’épreuve le modèle d’écotourisme et d’aventure du Costa Rica, ajoute The Tico Times. Notre pays a bâti sa réputation sur la beauté de ses paysages et son hospitalité. Aujourd’hui, les dirigeants s’emploient à préserver cet atout en ces temps difficiles. À l’approche de la haute saison, tous les regards sont tournés vers la question de savoir si le nombre de visiteurs va se redresser ou si la baisse va s’aggraver. »

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Isabelle Chagnon
Détentrice d’un baccalauréat en journalisme de l’Université Laval, Isabelle débute sa carrière de journaliste en voyage en 1995. Ses articles et reportages ont voyagé dans les magazines L’agent de voyages, Voyager et Tourisme Plus, Atmosphère d’Air Transat et le Journal Le Devoir, entre autres. Elle est co-autrice de quatre guides chez Rudel Médias (25 destinations soleil pour les vacances) et aux Éditions Ulysse (Voyager avec des enfants, Fabuleux Alaska/Yukon, Longs séjours à l’étranger). Depuis 2006 aussi, elle présente des conférences devant public.