Les résultats du vote sont maintenant dévoilés : 98 % des 750 pilotes d’Air Transat qui sont éligibles au vote ont voté, et se sont prononcés à 99 % en faveur d’un mandat de grève. Un arrêt de travail pourrait être déclenché à compter de mercredi 10 décembre prochain si aucune entente n’est conclue entre les parties.

Pourquoi le 10 décembre?
C’est que l’employeur et les pilotes employés sont actuellement en période de réflexion de 21 jours. Cette période de réflexion a débuté le 18 novembre et se terminera donc le 10 décembre. Après cette date, « le syndicat peut déclarer une grève ou la direction peut imposer un lockout », indique l’Association internationale des pilotes de ligne (ALPA) à qui les pilotes d’Air Transat sont affiliés.
Cela dit, comme nous l’avons vécu aux premiers balbutiements de la grève des agents de bord d’Air Canada l’été dernier, le syndicat des pilotes d’Air Transat devra transmettre un préavis de 72 heures avant de déclencher une grève. Celui-ci pourrait donc être déposé dès ce dimanche.
Rappelons aussi que la période de vote s’est échelonnée sur plusieurs semaines, soit du 7 novembre à hier 2 décembre, et que c’est aujourd’hui mercredi 3 décembre que les pilotes d’Air Transat et l’ALPA ouvrent un centre de grève près de l’aéroport international Montréal-Trudeau. Ce centre leur servira de quartier général afin de coordonner leurs actions syndicales et le rapatriement des pilotes à l’étranger si une grève devait être déclenchée.
Conséquences sur les vols
On ignore pour le moment si l’ensemble des vols seraient touchés et quelle forme prendront les moyens de pression des pilotes si un arrêt de travail devait survenir.
« On est toujours à la table de négociation et notre objectif principal demeure plus que jamais d’en arriver à une entente. D’avoir un contrat moderne » a souligné Bibianne Lavallée, vice-présidente du syndicat des pilotes d’Air Transat.
La direction d’Air Transat veut rassurer la clientèle
Open Jaw Québec a contacté la direction d’Air Transat afin d’obtenir des commentaires. Celle-ci nous a souligné qu’Air Transat a pris note de l’obtention d’un mandat de grève par le syndicat représentant nos pilotes et « nous souhaitons rassurer notre clientèle« .
« Bien qu’il s’agisse d’une étape courante du processus de négociation collective et ne signifie pas qu’une grève sera déclenchée, nous demeurons pleinement engagés à la table de négociation et visons à conclure une entente de principe sans conflit de travail. Nous avons fait beaucoup de progrès et poursuivons à temps plein les discussions avec l’accompagnement des conciliatrices nommées par le ministère du Travail et ce, jusqu’à la conclusion d’une entente.
« L’objectif demeure de négocier une convention collective à la satisfaction des deux parties, qui prendra en compte les réalités du marché et celles de l’entreprise et qui reconnaitra la contribution de nos pilotes.
« Nous sommes confiants d’arriver à une entente et d’ainsi éviter tout impact sur les plans de voyage de notre clientèle.
« À ce jour, nos opérations se déroulent normalement. Si la situation devait évoluer autrement, nos équipes seraient dédiées à l’accompagnement de nos clients et clientes. »

Ce qui coince
Les pilotes d’Air Transat estiment être dans un mauvais sillage de conditions de travail par rapport à leurs pairs et ce, dans plusieurs domaines liés à la rémunération, aux avantages sociaux et à la sécurité d’emploi. Les pilotes affirment réclamer des conditions de travail conformes à celles du reste de l’industrie.
« Nos pilotes ont porté cette compagnie aérienne à bout de bras pendant une décennie de défis, souvent au détriment de leur propre qualité de vie, a déclaré le capitaine Bradley Small, président du Conseil exécutif principal d’Air Transat, début novembre, lorsque les représentants des pilotes ont approuvé un vote autorisant une grève.
« Résultat : nos membres subissent toujours des conditions de travail obsolètes et bénéficient de certains des avantages sociaux les plus faibles du secteur. »
« Nous sommes à la traîne par rapport à nos concurrents, a-t-il ajouté. Il ne s’agit pas d’un traitement de faveur. Il s’agit de se mettre à niveau pour 2025. Il est temps de moderniser la convention collective. »
« Ce vote envoie un message clair à la direction d’Air Transat : nous sommes unis, déterminés et nous avons mérité une convention collective qui reflète les normes actuelles de l’industrie, et non celles de 2015, a ajouté le capitaine Bradley Small. Le taux de participation de 98 % témoigne à lui seul de la profonde frustration de nos membres, qui en ont assez de voler sous une convention collective vieille de dix ans et obsolète. »
« Soyons clairs, nous ne voulons pas faire la grève. Notre objectif reste de parvenir à un accord équitable à la table des négociations. »




