Même le voyageur le plus fidèle à son conseiller en voyage, pour l’achat de ceci et les réservations de cela, n’est plus du tout à l’abri des arnaqueurs qui ont largement infiltré notre industrie.
Quand on fait le tour des avis sur le sujet de la part des entreprises de produits liés au voyage, et qu’on découvre les mécanismes que les fraudeurs ont mis en place, et bien le portrait actuel des choses donne froid dans le dos.

C’est qu’aujourd’hui, les risques sont aussi nombreux que le nombre de toutes les composantes qui constituent un voyage : un trajet en taxi, un repas au restaurant, une carte SIM, une excursion dans un paradis…
Même une simple envie d’obtenir des informations sur une excursion ou un site touristique est un acte, dorénavant, qui comporte ses risques. Un exemple ? Des autocollants de faux codes QR qui sont collés sur des bornes, menus ou panneaux, et qui redirigent l’utilisateur vers des sites frauduleux pour voler ses données bancaires ou installer un logiciel frauduleux sur son téléphone portable, explique notamment la plateforme Espaces dans un dossier intitulé Voyage : 10 arnaques numériques inquiétantes à surveiller de près cette année.
Comment aider ses clients
Cela dit, si on veut rendre service à ses clients voyageurs, il faut arrêter de leur dire que réserver via l’agence règle tout, et il ne faut plus se contenter de leur expliquer que s’ils font attention au gros méchant à cagoule sur un trottoir noir anonyme, ils sont ben corrects.
Car le danger n’est plus là. Il est au-delà. Plus sophistiqué. Plus vicieux.
Et si votre client voyageur est convaincu qu’il est protégé parce qu’il a acheté son billet d’avion à votre agence et parce qu’il ne parle pas aux inconnus à cagoule sur les trottoirs anonymes, et bien il se place lui-même en position de vulnérabilité.
L’ami du voyageur est aussi son pire ennemi
Les arnaqueurs ne sont pas des nonos. Ils frappent là où l’on est : les technologies.
Le problème : TOUT est technologie.
Vous le savez, aujourd’hui, on réserve un taxi via une application, on fait une réservation au restaurant en ligne, on utilise les codes QR pour accéder à des infos, on paye un service (et même un pourboire au chanteur de la Place Publique !) par transfert de fonds, on s’inscrit aux alertes électroniques par texto ou courriel auprès du transporteur aérien, etc.
Si vous et vos clients savez tout ça, les arnaqueurs aussi le savent.
En parlant des arnaqueurs… Un jour, un homme avec trois fois l’expérience de vie de la mienne, m’a dit : « être voleur et arnaqueur, c’est un job à temps plein ». Traduction : une activité permanente étudiée, planifiée, peaufinée, stratégique.
Des solutions… impossibles?
On a fait le tour des « attention danger » de la part des entreprises de produits liés au voyage, et on a aussi fait le tour des conseils qu’elles nous donnent pour éviter de se faire arnaquer.
Le Best Off de ces conseils ressemble à ceci :
– ne cliquez jamais sur un lien reçu par courriel ou SMS
– vérifiez si l’agence ou l’entreprise est bien reconnue
– achetez une carte SIM auprès d’une compagnie et d’un commerçant de confiance
– méfiez-vous des prix trop alléchants
– consultez les avis via plusieurs sources
– repérez les codes QR des supports officiels (cartes plastifiées, affiches imprimées)
– refusez toute activation à distance d’un produit par le vendeur…
C’est très bien comme conseils. Mais qui a les aguets suffisamment au vif pour appliquer tout ça, quotidiennement, à la lettre?
Poursuivons le Best Off.
Dans le monde dans lequel nous vivons, où les choses vont vite parce qu’elles évoluent rapidement, nous essayons encore d’assimiler le conseil suivant sans s’imaginer tomber dans le panneau :
« Méfiez-vous des messages urgents. »
Et, par définition, le voyage étant une affaire mondiale, c’est-à-dire hors de nos sentiers battus (nouvel environnement, nouveaux repères, nouvelle langue, nouvelle monnaie…), nous nous questionnons sur le qui et le comment ce bon conseil est réalistement en tout temps applicable si on voyage à Tombouctou ou Chiang’wuhwuinping :
Vérifiez le numéro d’enregistrement légal de l’entreprise.
L’arnaque, inévitable?
« Parfois, on a des indices, mais parfois l’imposture est inéluctable. »
Cette phrase-frissons du site Globe-Trotting donne, elle aussi, froid dans le dos. Et nous amène à cette phrase à la mode : la question à se poser n’est plus si, mais quand.
« Malheureusement, certains charlatans professionnels nous mèneront toujours en bateau, malgré nos aguets renforcés, tant les mailles de leurs filets sont serrées » ajoute-t-on.
Le site dresse une liste des lieux et des façons dont les voyageurs se font arnaquer, mais nous croyons que le cas de figure suivant mérite d’être mentionné pour illustrer le type d’arnaque quasi indétectable :
« Faux excès de vitesse par de faux policiers ».
Ces conseils qu’on oublie de conseiller…
Donc, on a fait le tour des « attention danger » et on a fait le tour des conseils qu’on nous donne pour éviter le plus possible de se faire arnaquer.
Mais il y a quelques conseils de base, à notre avis, qu’on ne dit pas, et qui nous apparaissent inscrits dans une logique du voyageur-le-mieux-équipé pour faire face aux risques. En voici deux :
-le pire ennemi du voyageur, c’est la fatigue. Quand on est fatigué, notre capacité de réflexion, de discernement et de jugement est altérée ;
-le pire ennemi du voyageur au long séjour, c’est l’accoutumance aux nouveaux repères. Résultat : petit à petit, au fil des jours et des semaines, on baisse la garde, les réflexes de protection disparaissent peu à peu.
En 2026, les voyages seront beaux. Mais il n’y en aura pas de faciles.





