Cuba a des «informations urgentes» à partager aux conseillers en voyage

Carlos Latuff, président du groupe hôtelier Gaviota, Lessner Gomez, directeur du marketing du ministère du Tourisme de Cuba, et Gipzy Hernandez, présidente de la chaîne hôtelière Cubanacan.

Trois acteurs importants du tourisme cubain étaient de passage à Montréal mardi pour rassurer les conseillers en voyage sur les services et les conditions sanitaires qui attendent leurs clients qui désirent aller se réchauffer dans l’île des Antilles.

«Nous sommes venus clarifier ce qui se rapporte à la situation sanitaire et surtout au carburant. Le secteur touristique est actuellement dans une situation normale si on le compare aux années précédentes», a lancé d’entrée de jeu Lessner Gomez, le directeur du marketing du ministère du Tourisme de Cuba, lors d’une conférence de presse à laquelle les médias étaient invités.

Il était accompagné de Carlos Latuff, président du groupe hôtelier Gaviota, et de Gipzy Hernandez, présidente de la chaîne hôtelière Cubanacan.

La situation est difficile à Cuba, comme le démontre l’avertissement du gouvernement du Canada aux voyageurs concernant la destination.

«Faites preuve d’une grande prudence à Cuba en raison des pénuries de produits de première nécessité, notamment de nourriture, de médicaments et de carburant», peut-on lire sur le site de renseignement sur les voyages d’Affaires mondiales Canada.

Le gouvernement cible cependant certaines zones sur l’île qui ne sont pas problématiques et où il suggère simplement de prendre «des mesures de sécurité normales» :

• Cayo Coco
• Cayo Guillermo
• Cayo Paredon Grande
• Cayo Santa Maria
• Cayo Largo del Sur
• la côte de Guardalavaca entre Playa Pesquero et Playa Bani
• Jibacoa
• Marea del Portillo
• Playa Ancon
• Playa Santa Lucia
• la péninsule de Varadero

Ces informations sont confirmées par Michel Bernal, directeur du bureau de l’Office du tourisme de Cuba à Montréal, questionné sur les endroits à proposer aux touristes.

«Tous les endroits desservis par Sunwing, Transat et Air Canada sont garantis. Les hôtels cinq étoiles et les hôtels quatre étoiles de qualité», certifie-t-il.

Pénurie de carburant

Le carburant se fait rare depuis un moment à Cuba, ce qui affecte les transports, mais aussi le réseau électrique, qui subit de longues coupures d’électricité quotidiennement et parfois des pannes imprévues, comme le mentionne Affaires mondiales Canada.

Lessner Gomez assure cependant que le milieu touristique n’a rien à craindre. «Pendant la haute saison, le carburant pour les avions, les transferts et les excursions a été garanti par l’État», signale-t-il.

Les pannes d’électricité sont évitées par l’utilisation des génératrices que possèdent la plupart des grands hôtels, ajoute-t-il. Quant aux cayos, ils sont pourvus d’un système électrique indépendant.

«Varadero est actuellement connectée au réseau électrique national, mais nous sommes en train de créer un poste indépendant là aussi», fait savoir le représentant du ministère du Tourisme.

Après la destitution par les États-Unis du président vénézuélien Nicolas Maduro, un grand allié de Cuba et important fournisseur de pétrole, tous se demandent si les pénuries de carburant ne vont pas s’aggraver.

En entrevue avec Open Jaw Québec, Lessner Gomez affirme que les affaires entre les deux pays continuent pour le moment et que si elles venaient à s’arrêter, Cuba chercherait «de nouveaux partenaires».

Il souligne aussi que le Venezuela n’est pas le seul à approvisionner Cuba en pétrole. «Il y a entre autres le Mexique», dit-il.

Pénurie de nourriture

Cuba est confrontée à d’importants problèmes d’approvisionnement, en nourriture, mais également d’autres produits, l’eau en bouteille ou le chlore des piscines par exemple.

Lessner Gomez indique cependant, comme l’avait fait le ministre du Tourisme cubain en novembre, que trois entreprises étrangères garantissent les fournitures de base nécessaires au tourisme cet hiver.

Cette façon de faire a commencé depuis trois ans et se perfectionne d’année en année, commente pour sa part le président du groupe Gaviota.

«Blue Diamond, Melia, Iberostar, font de l’importation directe. Elles ont créé des sociétés privées qui s’occupent de la logistique de l’approvisionnement, également pour l’entretien et la réparation des hôtels », précise-t-il.

Abondance de moustiques

On entend beaucoup parler cet automne de l’épidémie de maladies propagées par les moustiques qui s’est abattue sur Cuba, comme la dengue et le chikungunya.

Lessner Gomez maintient que le problème est pris au sérieux et que le ministère de la Santé a mis en marche un plan d’action «dont on constate les résultats». Fumigation et propreté font partie de ce plan pour garantir un séjour sécuritaire.

En entrevue, il mentionne que le programme de fumigation des zones touristiques existe depuis un moment et se poursuit. «Nous avons des engagements à respecter», déclare-t-il.

Selon lui, la situation n’est cependant pas pire qu’en 2023 ou en 2024. Il croit que les réseaux sociaux jouent pour beaucoup dans la perception qu’ont les gens du nombre de personnes infectées et soutient qu’il y a beaucoup d’exagération.

En résumé, M. Gomez demande de dire aux conseillers en voyage qu’il faut avoir confiance de vendre Cuba car c’est toujours une destination sécuritaire et hospitalière.

«On vous demande de nous soutenir. On va accueillir vos visiteurs à bras ouverts. Nous avons le rhum, le soleil et l’amitié. Nous vous remercions au nom du ministre du Tourisme, des travailleurs du secteur touristique et du peuple cubain», conclut-il.

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