La police d’immigration ICE a commencé à s’inviter dans les aéroports aux États-Unis. Elle y contrôle les travailleurs mais aussi les voyageurs, et ce, jusque sur les passerelles d’embarquement.
La nouvelle commence à faire le tour et les voix montent en décibels.

Sans entrer dans les détails du comment/pourquoi qui divisent les gens, résumons simplement que les policiers de cette police d’immigration ont pour mandat ouvert, soutenu à coup de milliards $ par Monsieur Trump, d’interpeller tout humain qu’ils le souhaitent et qui se promène aux États-Unis, et ce, sous prétexte de débusquer les immigrants criminels et illégaux pour les foutre dehors du pays.
Pour cette portion, notre explication s’arrête là, pour réussir à focuser sur notre sujet du jour.
Menace à ciel ouvert
Faisons un petit détour pour mieux comprendre le contexte.
Si vous suivez les actualités, vous avez peut-être entendu parler des messages de la Homeland Security diffusés partout (radio, télé, Web), aux États-Unis et à l’international, messages qui menacent sans subtilité toute personne en situation dite d’illégalité qui aurait l’idée saugrenue de fouler le sol étasunien, en ces mots : « we will find you! »
Dans cette foulée, allons tout droit faire un tour au National Immigration Law Center pour lire une partie d’un message qui est affiché dans le site :
« Actuellement, le Département de la sécurité intérieure (DHS) s’attaque aux immigrants par des moyens nouveaux et préjudiciables. Voyager via les aéroports américains peut s’avérer risqué, même si vous avez voyagé sans problème par le passé. C’est pourquoi il est plus important que jamais de connaître vos droits et de savoir comment vous préparer aux risques liés à vos voyages. »
La suite :
« Tous les non-citoyens courent certains risques, en particulier les personnes qui présentent des facteurs de risque, dont celui-ci : antécédents judiciaires. Si vous n’êtes pas citoyen américain et que vous avez fait l’objet d’arrestations pour des faits criminels (même si l’affaire a été classée sans suite), les agents d’immigration peuvent tenter de vous arrêter. »
L’inconfort pour les voyageurs, ici, repose en partie sur ce procédé : l’accès, pour les agents douaniers, à certaines informations personnelles des voyageurs étrangers qui souhaitent entrer aux États-Unis.
Une autre partie de cet inconfort repose sur ceci : les voyageurs canadiens (comme étrangers) sont « exposés à ce risque (…), selon leur état par rapport à l’immigration américaine, les pays qu’ils ont visités, leurs antécédents judiciaires et leur citoyenneté » rappelle Protégez-vous dans un dossier intitulé Fouille à la frontière américaine: quoi faire avec ses appareils technos?
Pour compléter l’explication de la situation, l’inconfort nait du contexte actuel des choses, soit un contexte où le gouvernement étasunien actuel accorde des droits aux agents de police ou des douanes qui ébranlent les droits de la personne, une situation dont les mésaventures de voyageurs étrangers tapissent les médias sociaux depuis un an (soit depuis l’élection du président actuel des États-Unis).
Des exemples? Ici, ici, ou encore ici.
Cela dit, retournons dans les aéroports.
Perturbations du bon déroulement et voyageurs exposés aux contrôles
Nous le disions, les agents de la police d’immigration ICE ont commencé à procéder à des contrôles dans les aéroports, dans les terminaux de passagers et jusqu’aux passerelles d’embarquement.
On rapporte que les contrôles qu’ils y font perturbent le déroulement paisible des déplacements des usagers, d’abord parce qu’ils interceptent les gens pour les contrôler, oui, mais procèdent également à des arrestations d’employés qui travaillent dans les aéroports. Selon un reportage de CBS News, plusieurs employés de l’Aéroport international de Minneapolis-Saint Paul (ville où une mère de famille a été tuée par un agent ICE il y a quelques jours) ont récemment été interpellés et emmenés par des agents de l’ICE.
Ces contrôles et arrestations provoquent des perturbations, et donc crainte, stress et inconfort chez les voyageurs :
« Les agents de l’ICE sont postés dans tout l’aéroport (Minneapolis donné ici en exemple, NDLR), notamment sur les passerelles d’embarquement, afin de contrôler les documents des voyageurs et des employés au-delà des seules zones de sécurité » rapporte-t-on ici.
Le réseau d’information FOX 9 de Minneapolis aurait également mis la main sur une note de service révélant des détails supplémentaires sur le renforcement des activités de l’ICE dans les aéroports des ÉU. Cette note stipulerait que « cette opération implique un déploiement plus large d’agents dans l’aéroport, notamment sur les passerelles d’embarquement et à l’intérieur des terminaux, et les agents de l’ICE mèneront une opération de contrôle d’identité mais aussi de fouille beaucoup plus étendue. »
La plateforme Simple Flying.com lève le drapeau : « Nombreux sont ceux qui considèrent cette surveillance de l’ICE comme inconstitutionnelle, notamment au regard du Quatrième Amendement, qui protège les individus contre les fouilles abusives. »
Les compagnies aériennes avisent leurs passagers
On rapporte également que les passagers voyageurs dont ceux de la Delta Air Lines sont avisés, par le transporteur, qu’ils peuvent faire l’objet de contrôles de documents et d’interrogatoires lors de leur passage dans un aéroport des États-Unis.




