Les impacts contraires de la guerre sur le tourisme médical en Asie

Pour les pays d’Asie, la guerre qui sévit actuellement au Moyen-Orient apporterait des impacts contraires sur l’une de ses plus importantes industries : le tourisme médical.

Tandis que l’Inde dit assister en ce moment à une baisse de 30 % de l’affluence des touristes médicaux depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, et bien la Malaisie, de son côté, se préparerait à l’inverse, soit à une hausse du nombre de visiteurs médicaux.

Ce qu’il y a d’étonnant aussi, c’est que ces deux pays affichent leur constat contraire respectif en rapport avec le même marché émetteur, soit celui du Moyen-Orient.

Réalité? Ou perception?

Les calculs et la perception de la Malaisie

« Le conflit ayant des répercussions sur le pôle médical de Dubaï, la Malaisie peut attirer davantage de patients du Moyen-Orient » rapporte-t-on ici.

Le secteur du tourisme médical en Malaisie pourrait, selon cette source, bénéficier « d’un coup de pouce » face à l’escalade du conflit au Moyen-Orient, « les patients potentiels se tournant vers des alternatives plus sûres en Asie », selon ce qu’avance une entreprise de soins de santé privée.

Car on le sait, Dubaï, principal centre médical de sa région, est la cible de tirs de missiles et de drones iraniens en représailles aux frappes aériennes américaines et israéliennes.

Et voici la lecture que fait la Malaisie sur la situation :

« Cette situation pourrait inciter les ressortissants du Moyen-Orient en quête de soins médicaux à se rendre dans des pays d’Asie du Sud-Est réputés pour leurs soins de santé de qualité et abordables, comme la Malaisie », a déclaré Lau Beng Long, président de Sunway Healthcare, et cité par The Edge Malaysia.

« Il est possible que des personnes originaires du Moyen-Orient soient amenées à se rendre en Asie, et plus particulièrement en Asie du Sud-Est, pour un séjour temporaire, en attendant que la situation se stabilise dans leur pays d’origine », a-t-il ajouté lors d’une conférence de presse plus tôt aujourd’hui mercredi.

La Malaisie considère également ce fait :

Les recettes du tourisme médical en Malaisie pourraient augmenter considérablement car en 2023 seulement, Dubaï aurait accueilli environ 691 000 touristes médicaux, qui ont dépensé plus de 1,03 milliard de dirhams (280 millions de dollars américains), selon un rapport de Market Data Forecast publié en septembre dernier. Et c’est ce marché potentiel sur lequel la Malaisie appuie ses prédictions.

Les calculs et la perception de l’Inde

En Inde, on évolue dans un registre totalement contraire.

« Pendant des années, le tourisme médical indien a été présenté comme un modèle de réussite mondiale en matière de santé : des médecins de renommée internationale, des prix compétitifs et un flux constant de patients étrangers, notamment du Moyen-Orient.

« Mais avec l’escalade du conflit irano-israélien, ce modèle commence à s’effriter, révélant la vulnérabilité de ce secteur face aux chocs géopolitiques », rapporte-t-on ici.

Les premiers signes seraient déjà visibles et difficiles à ignorer.

Selon India Today, les hôpitaux indiens constatent une forte baisse du nombre de patients internationaux, « le Moyen-Orient, l’un des principaux marchés émetteurs de l’Inde, étant largement responsable de ce déclin. Il ne s’agit pas d’une simple fluctuation, mais d’une perturbation majeure. »

On rapporte dans ce pays que les interventions chirurgicales non urgentes sont reportées, que les traitements non urgents sont différés.

Comme le souligne India Today, l’incertitude à elle seule suffit à paralyser le tourisme médical, avant même que les obstacles logistiques ne se manifestent pleinement.

Les impacts sur cette industrie

Que l’affluence des visiteurs médicaux étrangers soit en hausse ou en baisse, ce qui se produira dans les prochaines semaines et prochains mois aura inévitablement un impact sur l’industrie du tourisme médical en Asie. Et les conséquences de cet impact – ouverture vers d’autres marchés, campagne de séduction, fluctuations de prix, etc. – pourraient se faire sentir sur tous les marchés étrangers.

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Isabelle Chagnon
Détentrice d’un baccalauréat en journalisme de l’Université Laval, Isabelle débute sa carrière de journaliste en voyage en 1995. Ses articles et reportages ont voyagé dans les magazines L’agent de voyages, Voyager et Tourisme Plus, Atmosphère d’Air Transat et le Journal Le Devoir, entre autres. Elle est co-autrice de quatre guides chez Rudel Médias (25 destinations soleil pour les vacances) et aux Éditions Ulysse (Voyager avec des enfants, Fabuleux Alaska/Yukon, Longs séjours à l’étranger). Depuis 2006 aussi, elle présente des conférences devant public.