Aéroport métropolitain de Montréal : opter pour la rapidité?

Charles Roberge, président et chef de la direction de Terminal YHU.

Les médias ont pu visiter mardi matin le tout nouveau terminal de l’Aéroport métropolitain de Montréal (MET, ou YHU dans le code IATA), anciennement appelé l’Aéroport de Saint-Hubert, qui entrera en fonction le 15 juin prochain.

Exclusivement dédiée aux vols domestiques, et desservie par Porter et Pascan Aviation à ses débuts, l’aérogare de la Rive-Sud de la métropole compte sur l’excellence du service donné aux voyageurs pour attirer les foules.

«Nous voulons que les passagers se disent : je veux revenir ici. Et qu’ils en parlent sur leurs réseaux sociaux», déclare Charles Roberge, président et chef de la direction de Terminal YHU, l’entreprise privée qui a construit et exploitera l’aérogare.

Yanic Roy, président-directeur général du MET, et Charles Roberge, président et chef de la direction de Terminal YHU, parlent aux journalistes près des comptoirs d’embarquement.

Selon lui, le service simple et rapide qui pourra être donné dans ce terminal de petite taille fera toute la différence.

«Vous arriverez dans le salon d’attente 15 minutes après vous être stationnés. Et la distance entre les comptoirs d’enregistrement et l’aéronef est courte. En cinq minutes les bagages devraient se retrouver sur la piste d’atterrissage», affirme-t-il.

C’est sans doute pourquoi Yanic Roy, président-directeur général du MET, affirme que le délai d’attente nécessaire avant l’embarquement sera beaucoup moins long qu’à l’aéroport international Montréal-Trudeau (YUL).

«Il ne faudra arriver que 30 à 40 minutes avant son vol», pense-t-il.

Charles Roberge fait aussi valoir la vitesse avec laquelle il sera possible de sortir de l’aéroport au retour.

«On est rendus à l’extérieur 200 mètres après les tapis roulants où l’on récupère les bagages.»

Yanic Roy, président-directeur général de l’Aéroport métropolitain de Montréal.

Éviter les retards

Le PDG de Terminal YHU met aussi en valeur l’efficacité que permettra leur modèle d’exploitation, lequel, croit-il, devrait simplifier la coordination des opérations et donc permettre d’intervenir rapidement au besoin.

«Nous gérerons la totalité des opérations de l’aérogare, du dégivrage aux bagages. D’habitude, dans un aéroport, plusieurs entreprises sont impliquées, ce qui complique les choses, explique-t-il. Par exemple, si un avion est 15 minutes en retard, on pourra doubler les effectifs pour le vider de ses bagages et le remplir pour les prochains passagers, ce qui nous permettra d’éviter un retard du prochain vol.»

Comptant 900 sièges dans la salle d’attente et neuf passerelles d’embarquement, l’aérogare a été construite pour recevoir quatre millions de visiteurs annuellement. Avec sa trentaine de vols par jour, on s’attend à en accueillir un million la première année.

La salle d’attente comptera 900 places assises, ainsi qu’un restaurant Bâton Rouge, un Café Dépôt et une boutique d’articles de dépannage et de voyage.

Une offre qui tend à s’agrandir

Le nouveau terminal sera l’hôte de Porter Airlines, qui offrira 12 itinéraires à travers le Canada, et de Pascan Aviation, qui dessert le Québec et les Maritimes.

Mais des discussions sont en cours pour attirer d’autres transporteurs aériens.

«Notamment Air Canada, West Jet, Air Inuit, Air Creebec», précise Yanic Roy à Open Jaw Québec.

«On parle avec tous ceux qui offrent des vols domestiques», ajoute Charles Roberge.

Mais pourquoi n’a-t-on pas construit une aérogare pouvant recevoir des vols internationaux? Parce que YUL possède un contrat d’exclusivité pour ce type de vol.

«Nous serions ouverts à la construction d’un autre terminal pour l’international. Mais il faudrait pour cela que la demande de la population soit assez importante et que l’on puisse recevoir les autorisations requises», nous révèle M. Roberge.

Rien n’empêche cependant les voyageurs d’utiliser le MET comme point de départ pour un voyage à l’étranger en passant par Toronto, dit-il.

«Comme Saint-Hubert-Toronto-Lima, ou Saint-Hubert-Toronto-Porto, suggère-t-il. Il y a aussi une grande communauté chinoise qui habite à Brossard. Elle pourrait être intéressée de partir d’ici pour aller à Pékin.»

Le PDG de Terminal YHU s’attend cependant à ce que 60 % à 70 % des utilisateurs du MET soient d’abord une clientèle d’affaires.

La visite incluait une sortie sur la piste d’atterrissage. On voit ici Yanick Roy.

Facilité d’accès

Charles Roberge souligne que le MET n’est situé qu’à 15 km du centre-ville de Montréal.

Et que selon les études réalisées par son consortium, près de 3 millions de personnes vivant à Montréal, en Montérégie et en Estrie peuvent se rendre au MET plus rapidement ou aussi rapidement qu’à Dorval.

Il assure également que le coût du stationnement sera inférieur à celui de YUL, mais refuse de donner un estimé du montant qu’il faudra débourser pour y laisser sa voiture.

«Nous sommes encore en évaluation. Mais nous savons qu’il y aura trois tarifs. Plus le stationnement sera près du terminal, plus ça coûtera cher. Mais beaucoup moins que ce qu’on connaît à YUL», promet le PDG.

Pour ceux qui préfèrent le transport en commun, notons que l’aéroport de la Rive-Sud est desservi par une navette express qui relie chaque demi-heure la station de métro Longueuil-Université-de-Sherbrooke au débarcadère de l’aéroport.

«À partir de la station de métro Bonaventure, on a calculé qu’on peut se rendre ici en 45 minutes», mentionne Charles Roberge.

M. Roberge a-t-il un message à envoyer aux conseillers en voyage?

«Voyager à partir du MET permettra un niveau de stress nul, leur promet-il. Comme Terminal YHU gère toutes les opérations d’un petit aéroport, les chances sont presque sûres à 100 % que le vol sera à l’heure et que les valises se retrouveront dans l’avion.»

«L’essayer c’est l’adopter», conclut-il.

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