Deux ans après avoir relancé cette même liaison, la SNCF (Société Nationale des Chemins de Fer français) l’avait abandonnée, il y a trois mois. Et voilà que la coopérative belgo-néerlandaise European Sleeper a décidé de la remettre sur les rails…

C’est maintenant officiel : la liaison ferroviaire Paris-Bruxelles-Berlin de nuit, une balade de 15 heures, est relancée et ce, depuis jeudi soir dernier 26 mars.
Les billets sont vendus entre 50 et 150 euros, selon le niveau de confort. Fréquence : trois allers-retours par semaine.
Le secret de ce qui pourra devenir un succès
La relance de cette liaison par European Sleeper fait beaucoup jaser en Europe. On se questionne sur comment cette coopérative belgo-néerlandaise pourra réussir là où la SNCF avait vu un échec, et sans subvention.
« Le modèle atypique d’European Sleeper pourrait lui permettre de tirer son épingle du jeu », soutient la plateforme BFM Business.
« Je suis convaincu que le train de nuit Paris – Berlin via Bruxelles sera rentable. On n’a pas besoin d’une subvention d’exploitation, mais ça nécessite un modèle de production très agile », a déclaré Elmer van Buuren, cofondateur et codirecteur de la coopérative ferroviaire belgo-néerlandaise European Sleeper, en entrevue à la plateforme Mobilithib.

On rappelle d’abord que c’est en raison du retrait de la subvention annuelle de l’État français, pour cette liaison, que la SNCF avait finalement pris la décision d’abandonner le trajet, estimant que l’offre n’était pas viable avec trois allers-retours par semaine.
Puis, on attire l’attention sur le petit élément majeur qui est en train de donner raison à European Sleeper : le tracé stratégique du trajet.
« Au lieu de filer plein Est depuis Paris vers Strasbourg et Berlin, le train d’European Sleeper rejoint d’abord la capitale belge (Bruxelles) puis Hambourg avant de redescendre vers Berlin. De quoi considérablement rallonger le temps de parcours mais cela permet à l’opérateur de générer « des opportunités de revenus supplémentaires et permet de répartir les frais généraux sur un réseau plus étendu », a expliqué la coopérative.
Pourquoi passer par Bruxelles? « La demande est environ trois fois plus élevée en passant par Bruxelles, et on connecte aussi avec Londres. C’est une réflexion commerciale, entrepreneuriale, que je pense utile » a confié Elmer van Buuren.
« En d’autres termes, le passage par Bruxelles est indispensable pour atteindre au moins le point d’équilibre. »

On retient néanmoins son souffle
Si les débuts de cette relance connaissent un grand succès (90 % des sièges vendus pour les premiers départs), en Europe, on retient son souffle.
« Entre un matériel roulant vieillissant et un réseau perturbé par de nombreux travaux la nuit, l’exploitation de cette ligne reste en effet un défi », rapporte la plateforme Reporterre.
Rappelant que la liaison Paris-Vienne a, elle aussi, été abandonnée par la SNCF en décembre dernier, Reporterre partage l’avis d’Alexis Chailloux, responsable transports du Réseau Action Climat, sur le sujet. « Nous estimons que cette relance reste extrêmement fragile sans soutien public. Le gouvernement et la SNCF devraient faire preuve d’ambition sur les trains de nuit internationaux. » »
Pour accéder aux infos de European Sleeper, c’est par ici.




