C’est la « Semaine ferroviaire » chez Open Jaw Québec. Aujourd’hui, restons sur les rails de chez nous, pour partager la nouvelle de VIA Rail, qui a officiellement annoncé un investissement de 150 millions $ pour moderniser l’ensemble de ses 56 voitures-lits baptisées Château et Manoir.

Soulignons que ces voitures-lits se trouvent sur les trains L’Océan et Le Canadien, soit ceux qui effectuent les trajets longue distance de VIA Rail. Le projet de rénovation s’étirera au cours des cinq prochaines années.
La compagnie informe que cet investissement s’inscrit dans son engagement à améliorer l’expérience à bord et à renforcer le réseau ferroviaire voyageurs du Canada.
Renouvellement des trains
Dans le communiqué de presse annonçant la nouvelle, Via Rail y indique également qu’au cours des prochaines années, l’entreprise « procédera progressivement au renouvellement des trains desservant son réseau de services longue distance, régionaux et en régions éloignés (LDRE). » Le processus d’approvisionnement pour de nouvelles locomotives et voitures voyageurs est déjà en cours, selon Via Rail, et le remplacement complet de ces trains est prévu au cours de la prochaine décennie.
Via Rail fait le lien suivant entre la modernisation des voitures-lits et le renouvellement des trains : « ce programme de modernisation permettra d’assurer aux passagers une expérience de voyage confortable, fiable et de grande qualité tout au long de cette transition. »
Était-il moins une?
Cela étant dit, dans ce communiqué de presse de Via Rail, on y apprend que c’est l’entreprise CAD Industries Ferroviaires, établie à Lachine, au Québec, qui a été sélectionnée pour réaliser cette modernisation.
À la lecture attentive du communiqué, on constate aussi que Via Rail insiste beaucoup, vraiment beaucoup, sur les aspects « bien de chez nous » et « bien canadien » du projet.
On y lit « ce projet met en valeur l’expertise ferroviaire canadienne », « met en valeur l’importance d’investir dans les capacités industrielles nationales », « permet de soutenir l’industrie canadienne », ou encore « ce projet témoigne de l’engagement de VIA Rail à soutenir l’industrie canadienne », « contribue à la croissance économique du Grand Montréal » et « modernisera ces voitures‑lits ici même au Canada ».
Et un dernier pour la route : « La grande majorité des dépenses d’approvisionnement de VIA Rail est dirigée vers des fournisseurs canadiens, renforçant l’expertise nationale, soutenant les emplois locaux et contribuant à la croissance économique partout au pays. »
Si tout cela est intéressant, insister autant est tout de même intriguant.
Nous avons donc gratté un peu plus le sujet.
Le communiqué en question de Via Rail date du 2 avril, soit quelques jours seulement après ceci : le 27 mars, le syndicat Unifor publiait une lettre adressée au premier ministre du Canada Mark Carney, ayant pour objet « Approvisionnement pour le remplacement du parc ferroviaire de VIA Rail pour les liaisons longues distances, régionales et éloignées ».
Dans cette lettre, ce syndicat – qui compte 320 000 membres partout au Canada, notamment celles et ceux œuvrant dans le secteur de la fabrication et du transport – signe ceci :
« En ce moment même, le Canada devrait chercher à renforcer les mesures de protection pour les travailleuses et travailleurs canadiens ainsi qu’à solidifier sa base industrielle. Pourtant, nous constatons que le gouvernement fédéral s’apprête à accorder un contrat d’approvisionnement de 3 milliards de dollars à une entreprise effectuant sa fabrication aux États-Unis, privant ainsi les travailleuses et travailleurs canadiens des avantages économiques associés à cette occasion.
« Le gouvernement fédéral est en passe de sélectionner la proposition gagnante pour le remplacement du parc ferroviaire pour les liaisons longues distances de VIA Rail. Ce projet est beaucoup plus qu’un simple contrat d’approvisionnement; il représente un investissement générationnel dans le système national de transport collectif canadien.
« Unifor appuie la mise en place récente par le gouvernement du Canada d’une politique ambitieuse d’achat canadien. Cette politique doit offrir de nombreuses occasions pour les travailleuses et travailleurs canadiens.
« Malheureusement, comme la politique ne touche que les appels d’offres pour des contrats d’approvisionnement fédéraux lancés après le 16 décembre 2025 et comme dans le cas de VIA Rail, ce processus a été entamé en 2024, nous comprenons que les nouvelles règles d’achat canadien ne s’appliqueront pas à ce contrat. Il est tout à fait illogique que le gouvernement fédéral annonce une politique d’achat canadien et, du même souffle, exempte de cette politique le plus important contrat d’approvisionnement ferroviaire de son histoire récente. »
Oui, visiblement, il était moins une…




