Tendances voyage : démystifions nanocations, fluvestre, gig-tripping, gami-vacations, glowcations, hébergements humanoïdes…

Notre industrie du voyage adooore repérer les nouvelles tendances des voyageurs, et ce repérage débouche sur autant de nouveaux noms de baptême que de tendances observées.

Et parfois à grands coups d’anglicisme.

Image : Getty Images/Unsplash

Actuellement, au chapitre des tendances, notre industrie ne chôme pas : non seulement capte-t-elle toutes les nouvelles tendances qui se pointent, mais il est de plus en plus difficile de savoir instantanément, à la simple énonciation de leur nom, ce que cela veut dire.

Si les « voyages de turbulence » ont la cote, si les nanocations, le fluvestre et le gig-tripping sont au top, et si les hébergements humanoïdes, les gami-vacations et glowcations, le voyage set-jetting, hybride et astral le sont aussi, mais que veulent-ils dire exactement?

Savons-nous toutes et tous de quoi il s’agit?

Open Jaw Québec vous propose ici de démystifier tout ça.

Les nanocations

Les « nanocations » désignent des séjours de seulement quelques jours. Populaires depuis longtemps en Europe – du fait de la proximité des pays de taille modeste à franchir, mais aussi du fait des transports rapides comme le train et l’avion – l’industrie a néanmoins décidé de les baptiser ainsi.

Les nanocations sont donc des courts séjours (« nano » comme dans « petite dimension »), mais leur nom désigne plus que ça : on parle ici de séjours qui privilégient une expérience intense dans une destination.

Le gig-tripping

Le gig-tripping a une cote du tonnerre en ce moment : cette tendance est née avec la tournée mondiale de Taylor Swift, et connaît un regain particulièrement puissant depuis l’annonce du grand retour de Céline Dion, cet automne, à Paris.

C’est que le gig-tripping consiste à organiser un séjour dans une autre ville ou un autre pays pour assister à un concert de son artiste préféré.

Les défenseurs de la langue française préfèrent l’appeler « voyage-concert ».

Certains utilisent l’appellation gig-tripping également pour désigner un voyage qui consiste à aller assister à un événement : un festival, une compétition sportive, une éclipse solaire.

Le fluvestre

C’est dans le Figaro Bloc Marine que nous avons déniché l’explication de ce qu’est la nouvelle tendance du « fluvestre » :

On parle ici d’un phénomène : « le tourisme dit “fluvestre” résume bien une évolution de fond : la rencontre entre le voyage fluvial et les mobilités terrestres » explique la plateforme.

« Vélo, marche, bateau, haltes sur les berges, découverte des villages riverains, tout cela compose désormais une offre plus souple et plus complète du tourisme fluvestre. »

On explique que cette tendance s’appuie sur des usages déjà bien ancrés, soit celui des grands itinéraires cyclables touristiques, souvent tracés le long des canaux et des fleuves, et des véloroutes.

La tendance du fluvestre « montre que les touristes ne veulent plus seulement naviguer ou pédaler, mais combiner plusieurs modes de découverte dans un même séjour ».

« C’est l’une des évolutions les plus intéressantes du marché. Le tourisme fluvial ne se limite plus à la croisière classique. Il devient une porte d’entrée vers un tourisme itinérant plus large, où la voie d’eau structure l’expérience sans l’enfermer. »

Les glowcations

Beauté et santé du corps coulent dans les racines de cette tendance pour les glowcations.

« En 2026, davantage de voyageurs devraient choisir des glowcations, qui mêlent voyage, beauté, bien-être et technologie » explique Euro News dans ce dossier.

Le but des glowcations est de voyager spécifiquement pour s’offrir des soins de la peau et du bien-être.

On explique également que les rituels de soin haut de gamme, comme le rituel beauté coréen en 10 étapes, ont explosé ces dernières années, « poussant les consommateurs à rechercher des produits, des ingrédients et des routines encore plus pointus pour obtenir une peau plus saine et éclatante. Cela inclut des soins personnalisés, des analyses par l’IA, des tests ADN, des rituels anciens, des tests du microbiome, des stations d’hydratation. »

Cette tendance séduirait particulièrement la génération Z, « l’objectif étant de rentrer chez soi visiblement rajeuni, avec une peau éclatante et plus saine, et non seulement détendu » explique-t-on.

Les destinations tendances pour les glowcations tendances seraient celles-ci: Paris pour les trésors des pharmacies françaises, la Corée du Sud pour la K-beauty et la « glass skin », l’Italie pour les escapades spa, l’État indien du Kerala pour l’ayurveda.

Les gami-vacations

Les gami-vacations désignent les voyages qui consistent à aller visiter les décors des jeux vidéo préférés des adeptes, mais aussi à rechercher des expériences immersives qui reflètent les aventures virtuelles de ces adeptes.

On parle également de ceci : les gami-vacations désignent même les voyages qui consistent à aller assister à des congrès sur le « gaming » (jeu vidéo ou aventure virtuelle).

« L’essor de jeux vidéo populaires comme Ghost of Tsushima ou Assassin’s Creed ont été les principaux moteurs de cette tendance » explique Euro News. « Portée surtout par la génération Z et les millennials, la communauté des gamers aspire désormais à des expériences plus personnalisées et immersives, mêlant leurs univers favoris à la vie réelle, sous l’effet d’un besoin accru de connexion émotionnelle. »

Les destinations et thèmes qui auraient la cote chez les adeptes des gami-vacations sont le massif Jotunheimen en Norvège (issu de God of War), l’Écosse d’Assassin’s Creed, ou encore l’île de Tsushima au Japon, « rendue célèbre par Ghost of Tsushima ».

On explique également que ces voyages « deviennent souvent plus ludiques grâce à des applications proposant des missions, des quêtes, des défis, des récompenses, des badges et des itinéraires inspirés des jeux ».

Jusqu’où va cette tendance?

« Pour tirer parti de l’essor des gami-vacations, certains offices du tourisme ont noué des partenariats avec des studios afin de promouvoir leurs destinations, comme la République tchèque avec Kingdom Come: Deliverance 2 »  indique Euro News.

Le voyage set-jetting

Les voyages dits de « set-jetting » sont ni plus ni moins des voyages à la découverte des lieux de tournage de films ou de séries de télé.

Ce thème n’est vraiment pas nouveau dans le voyage, mais en Europe en ce moment, on aime bien aborder le sujet comme une tendance portée par la culture et le divertissement, et on aime bien utiliser le nom anglophone.

Pourquoi est-ce abordé comme une tendance de l’heure? Parce que « c’est une pratique en plein boom ces derniers mois, portée par les communautés de fans, le streaming et les réseaux sociaux » explique-t-on ici dans Euro News.

Le visionnage en rafale des séries de télé et les contraintes de voyage pendant la pandémie seraient les deux facteurs qui ont accentué ce phénomène, « tout comme le fait que les fans tissent désormais des liens plus forts avec les personnages et les histoires à l’écran » ajoute-t-on.

Toujours selon ce que rapporte Euro News, parmi les lieux les plus populaires pour les voyages jet-setting, il y aurait Hawaï et la Sicile pour The White Lotus, Malte et Dubrovnik pour Game of Thrones, Paris pour Emily in Paris, et la Roumanie pour Wednesday. Le Yorkshire, au Royaume-Uni, susciterait également un grand intérêt grâce à Downton Abbey.

Le tourisme hybride

Le tourisme dit hybride est un tourisme où se mélangent aspirations technologiques et quête d’authenticité, conscience écologique et recherche d’expériences premium. On peut dire que le tourisme hybride est un proche parent du tourisme durable.

Mais pour mieux en saisir les notions, observons comment le tourisme hybride fait aussi référence à l’hybridation des formats d’hébergement :

« L’émergence de lieux hybrides transforme les codes traditionnels de l’hébergement. Le concept mélange hôtellerie, coliving et espaces de coworking » peut-on lire dans ce dossier, ajoutant que ce type d’hébergement marie travail, hébergement et sociabilité.

Cette tendance serait grandissante en raison de son pouvoir attractif, non seulement auprès des voyageurs, mais aussi auprès des entrepreneurs/fournisseurs : le tourisme hybride « présente de multiples avantages : attractivité auprès d’une clientèle sensibilisée (notamment la Génération Z), réduction des coûts opérationnels, anticipation des évolutions réglementaires et renforcement de la compétitivité. »

Les hébergements humanoïdes

Dans son plus récent rapport sur les tendances du voyage en 2026, la plateforme Booking.com a listé les « hébergements humanoïdes ».

Plus précisément, on parle ici des hébergements équipés d’assistants humanoïdes.

Voici comment la plateforme explique le concept :

« Dans ces lieux, le ménage est assuré par un robot, le dîner est préparé par un chef robotisé (qui s’occupe également de la vaisselle), tandis que des systèmes intelligents optimisent discrètement la gestion de l’eau, de l’énergie et des déchets. »

Booking.com prétend que les voyageurs sont prêts à franchir cette nouvelle frontière « à la croisée du confort et de la curiosité », et qu’ils sont attirés par la réservation d’un hébergement optimisé par la robotique.

Le rapport indique que les hébergements humanoïdes sont l’avenir de la location saisonnière, et à ce chapitre, ce sont les avantages pratiques du concept qui séduisent des voyageurs : présence de robots de nettoyage et d’un chef robotisé, et recours à des robots pour prendre en charge automatiquement les aspects écologiques du logement.

Le voyage « test de turbulence »

« Les vacances ne servent pas seulement à se ressourcer. En 2026, elles deviendront le test de compatibilité ultime, de nombreux voyageurs prévoyant de les utiliser pour éprouver la solidité de leurs relations, qu’elles soient amoureuses, amicales ou même professionnelles. »

C’est ainsi que Booking.com présente cette autre tendance actuelle du voyage, celle du « test de turbulence », dans son récent rapport sur le sujet.

Le comment et le pourquoi de la chose sont dignes d’un concept de télé réalité : les voyageurs adeptes se disent prêts à partir avec un partenaire potentiel, un collègue ou un nouvel ami, dans le but précis de tester leur alchimie, indique Booking.com

La suite est tout aussi délicieuse :

« Les méthodes employées pour évaluer ces relations se révèlent aussi créatives que révélatrices :

– 61 % des voyageurs envisageraient de se rendre dans un lieu isolé pour voir comment leur compagnon gère l’ambiguïté et l’inconfort

50 % s’intéresseraient aux retraites à rôles inversés, où l’organisateur habituel cède le contrôle et la personne introvertie prend les commandes

– 52 % seraient prêts à voyager avec de fortes contraintes, telles que des limites budgétaires, des barrières linguistiques ou une connectivité restreinte.

Le rapport ajoute que ces voyages « test de turbulence » mettent en lumière « un changement dans la façon d’aborder les vacances : elles ne sont plus de simples échappatoires, mais deviennent des moyens immersifs pour évaluer la compatibilité, l’adaptabilité et l’esprit d’équipe ».

Booking.com ajoute que « les voyageurs de la génération Z se révèlent être les plus expérimentaux, 74 % d’entre eux se déclarant ouverts à des itinéraires sur mesure conçus pour simuler les dynamiques de la vie réelle et mettre les relations à l’épreuve, pour le meilleur ou pour le pire ».

Le voyage astral

Dernier et non le moindre, le voyage astral s’inscrirait également dans les tendances du moment, également selon le dernier rapport de Booking.com sur le sujet.

« En 2026, les étoiles ne se contenteront plus d’éclairer horoscopes et signes du zodiaque : elles guideront également les projets de voyage. Des phases de la lune à l’astrologie, les pratiques mystiques s’imposeront comme une véritable boussole pour orienter les décisions, transformant les vacances en périples alignés spirituellement et approuvés par le cosmos » souligne le rapport.

Il nous apparait intéressant de rapporter ici ce que Booking.com a récolté comme confidences chez les adeptes du voyage astral :

« Plus d’un tiers (35 %) des voyageurs déclarent qu’ils pourraient envisager de modifier ou d’annuler leurs projets si un guide spirituel leur indiquait que le moment n’était pas propice, tandis que 30 % se laisseraient influencer par un avertissement astrologique et 28 % ajusteraient leur voyage si Mercure était en rétrograde. »

On constate donc que la tendance du voyage astral est intimement liée à deux choses : les étoiles et la spiritualité.

« De nombreux voyageurs recherchent activement des expériences alignées sur des signes mystiques ou astrologiques. Plus d’un quart (27 %) déclare tenir compte de ces influences lors de la planification de leurs vacances, que ce soit en fonction des phases de lune ou des solstices, ou encore en visitant des lieux réputés pour leur énergie. »

Aussi : « les Gen Z (59 %) et les Millennials (37 %) se montrent particulièrement sensibles à la dimension spirituelle, démontrant que, pour les jeunes générations, le chemin vers la découverte de soi pourrait bien s’écrire dans les étoiles. »

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Isabelle Chagnon
Détentrice d’un baccalauréat en journalisme de l’Université Laval, Isabelle débute sa carrière de journaliste en voyage en 1995. Ses articles et reportages ont voyagé dans les magazines L’agent de voyages, Voyager et Tourisme Plus, Atmosphère d’Air Transat et le Journal Le Devoir, entre autres. Elle est co-autrice de quatre guides chez Rudel Médias (25 destinations soleil pour les vacances) et aux Éditions Ulysse (Voyager avec des enfants, Fabuleux Alaska/Yukon, Longs séjours à l’étranger). Depuis 2006 aussi, elle présente des conférences devant public.