Le Conseil mondial du voyage et du tourisme (le WTTC – World Travel & Tourism Council) a dévoilé hier au grand public son dernier rapport mondial intitulé « Accélérer la reprise du tourisme et des voyages : enseignements tirés de quatre décennies de crises ».

Le constat phare du rapport est celui-ci : « Le secteur du voyage et du tourisme connaît une accélération après une reprise efficace », indique le WTTC, « ce qui confirme la résilience éprouvée du secteur après une crise. »
Message à tous
Avec ce rapport, le Conseil souhaite adresser un message fort aux gouvernements, aux investisseurs et aux voyageurs du monde entier. Et ce message est le suivant : « le tourisme se relève toujours ».
Quatre décennies à l’étude
Ce rapport a été élaboré en partenariat avec Chemonics International et la George Washington University Business School. La démarche s’est appuyée sur quatre décennies de données mondiales « pour confirmer la résilience structurelle du secteur » indique le WTTC.
« Sur une centaine de crises majeures, aucune destination n’a connu d’effondrement durable après la fin de la crise, notamment grâce à un leadership gouvernemental fort. La reprise est non seulement constante, mais elle conduit, dans la plupart des cas, à une croissance plus soutenue » fait état le rapport.
Le tourisme ? 9.8 % de l’économie mondiale, 1 emploi sur 9
Le WTTC est conscient que le lancement de son rapport intervient à un moment crucial pour le tourisme et les voyages à l’échelle mondiale, « alors que le secteur continue de composer avec l’incertitude géopolitique tout en contribuant à la croissance économique mondiale ».
D’après les dernières données du WTTC, le secteur du voyage et du tourisme a contribué à hauteur de 11 600 milliards de dollars au PIB mondial en 2025 (9,8 % de l’économie mondiale) et a soutenu 366 millions d’emplois, soit un emploi sur neuf dans le monde.
Pas « si », mais « à quelle vitesse »
Le rapport du WTTC va également vers cette piste de réflexion : la question n’est plus de savoir « si » la reprise se produira, mais « à quelle vitesse ».
« Même face à la pandémie de COVID-19, le choc mondial le plus grave de l’histoire moderne, le tourisme international s’est redressé après une chute de 72 % en 2020, pour atteindre 1,47 milliard d’arrivées en 2024 (un niveau identique à celui de 2019). En 2025, les dépenses des visiteurs internationaux ont atteint le chiffre record de 2 020 milliards de dollars.
« De même, suite à la crise financière mondiale de 2008, le secteur s’est redressé en seulement deux ans, établissant de nouveaux records d’arrivées internationales et atteignant 1 350 milliards de dollars de dépenses touristiques internationales en 2010. »
Le WTTC poursuit :
« Le rapport montre que, dans la plupart des cas, les destinations ont non seulement retrouvé leur niveau d’avant la crise, mais l’ont même dépassé, démontrant ainsi que les perturbations créent souvent des opportunités de transformation, d’investissement et de croissance. »
Les emplois et micro-entreprises…
Anna Slother, présidente de Chemonics International, a souligné ceci de touchant au moment du dévoilement du rapport :
« Le tourisme évolue dans des environnements complexes où les perturbations sont inévitables. Au bout de la chaîne se trouvent les emplois, les micro-entreprises et les petites entreprises touristiques les plus vulnérables aux crises et qui ont le plus à gagner d’une reprise efficace. C’est à eux que profite, en définitive, la préparation, et c’est à eux que nous restons déterminés à apporter notre soutien. »
Ibrahim Osta, directeur principal de la croissance économique et responsable mondial du tourisme chez Chemonics International, a pour sa part déclaré ceci :
« Lors de chaque crise touristique majeure pour laquelle j’ai accompagné des gouvernements et des acteurs du secteur, qu’il s’agisse d’instabilité géopolitique, de terrorisme ou de pandémies, la reprise n’a jamais été le fruit du hasard. Les destinations qui en sont ressorties plus fortes sont celles qui ont su conjuguer leadership, coordination public-privé et soutien constant aux petites entreprises et aux communautés qui constituent l’épine dorsale de l’économie touristique. »
Les 4 piliers pour un tourisme résilient
A l’issu de l’étude, le WTTC soutient que la rapidité et la vigueur de la reprise « dépendent avant tout de la qualité des réponses politiques, notamment de la coordination entre les gouvernements et le secteur privé, d’une communication claire et d’investissements soutenus en temps de crise. »
Le WTTC identifie quatre piliers pour bâtir un cadre touristique résilient et accélérer la reprise. Ces piliers sont :
-restaurer la confiance des voyageurs
-assurer la continuité des activités
-garantir une réponse institutionnelle décisive
-favoriser une adaptation structurelle à long terme.
Le rapport présente également cinq principes clés, fondés sur des données probantes selon le WTTC, à l’intention des décideurs et des investisseurs afin d’accélérer la reprise. Ces cinq principes sont :
-investir de manière contracyclique (action économique qui va à l’encontre de la tendance du cycle conjoncturel (croissance ou récession) au plus bas de la crise
-protéger les PME, piliers du secteur
-maintenir la connectivité aérienne comme un atout stratégique
-éviter toute réaction excessive en matière de communication et de politiques
-tirer parti des perturbations pour construire l’avenir par la transformation et la diversification.
Le WTTC résume ces principes ainsi : « passer de la simple reprise à une croissance durable à long terme ».




