L’IATA exhorte l’Afrique à faire de l’aviation une priorité

L’Association du transport aérien international (IATA) appelle les gouvernements africains à faire de l’aviation une priorité stratégique pour la croissance économique et le développement social à long terme du continent.

Photo : Getty Images/Unsplash

Dans une communication partagée au grand public, l’IATA souligne le constat fait par Kamil Alawadhi, vice-président régional de l’IATA pour l’Afrique et le Moyen-Orient, qui déclare ceci :

« L’aviation est une infrastructure économique essentielle pour l’Afrique. Sa valeur réside dans les avantages à long terme qu’elle procure. Une stratégie aéronautique axée sur la sécurité, la compétitivité des coûts, la sécurité et la durabilité énergétiques, ainsi que la simplification des démarches administratives, créera des emplois, facilitera le commerce, soutiendra le tourisme et renforcera l’intégration régionale.

« La prospérité ainsi générée permettra aux gouvernements de favoriser un développement socio-économique plus durable que n’importe quelle taxe prélevée sur les voyageurs. »

La stratégie de l’IATA pour l’aviation en Afrique

Lors d’une conférence intitulée « Focus Africa » et présentée à Addis-Abeba, en Éthiopie, l’IATA a exhorté les gouvernements à mettre en œuvre une stratégie aéronautique globale articulée autour des éléments suivants :

Améliorer la sécurité

Selon l’IATA, l’Afrique a réalisé des progrès considérables en matière de sécurité aérienne. Entre 2024 et 2025, le taux d’accidents a diminué, passant de 12,13 à 7,86 par million de secteurs. Toutefois, dit l’association, il demeure nettement supérieur à la moyenne mondiale de 1,32 et reste le plus élevé de toutes les régions.

Afin d’améliorer encore la sécurité en Afrique, l’IATA a appelé tous les acteurs de son Programme collaboratif d’amélioration de la sécurité aérienne (CASIP) à mobiliser des ressources ainsi :

Renforcer la mise en œuvre des normes et pratiques recommandées (SARP) de l’OACI et publier les rapports d’accidents.

Ici, regardons de plus près un élément intéressant :

Entre 2019 et 2023, selon l’IATA, seuls 19 % des rapports d’accidents ont été finalisés, contre une moyenne mondiale de 63 %. Voici l’impact se l’association : les rapports d’enquêtes sur les accidents qui sont retardés, incomplets ou non publiés privent l’Afrique d’informations précieuses pour l’amélioration de la sécurité.

L’IATA suggère également de tirer parti des audits de sécurité internationaux. « Un recours accru aux normes IOSA, ISSA et ISAGO peut renforcer la performance des compagnies aériennes en matière de sécurité, favoriser un contrôle réglementaire efficace et promouvoir une approche cohérente et fondée sur les risques en matière de sécurité opérationnelle. »

Compétitivité des coûts

Toujours selon l’IATA, le coût des activités aériennes en Afrique est élevé. Les taxes et redevances imposées par les gouvernements et les fournisseurs d’infrastructures en sont un élément clé : en Afrique, leur poids est environ 15 % supérieur à la moyenne mondiale. Pour remédier à cette situation, l’IATA préconise notamment d’inverser la tendance à la hausse des redevances API-PNR. L’association donne cet exemple : la redevance API-PNR de 45 $US par trajet en Tanzanie est la plus élevée au monde, tandis que celles pratiquées en Angola, en République démocratique du Congo, au Nigéria, au Ghana et au Kenya dépassent également les normes internationales. « Les gouvernements qui tirent profit de ces redevances – contrairement aux normes et pratiques recommandées (SARP) de l’OACI – faussent la tarification des billets et nuisent à la connectivité » prétend l’IATA.

L’IATA recommande également de supprimer les taxes sur le transport aérien, de réduire certaines redevances de 25 %, de maintenir l’imposition des sociétés des compagnies aériennes en fonction de leur lieu de résidence.

Réduire les contraintes liées aux visas

L’IATA adresse cette recommandation, celle de réduire les contraintes liées aux visas. Elle soutient ceci :

« Près de la moitié des voyages intra-africains nécessitent encore un visa avant le départ, ce qui freine la mobilité régionale, le tourisme et l’intégration économique. Là où les exigences en matière de visa ont été assouplies, les pays ont constaté une augmentation des flux touristiques, une meilleure résilience des itinéraires et une utilisation accrue des services aériens régionaux. »

Sécurité énergétique : des opportunités pour l’Afrique

Une autre recommandation adressée par l’IATA est celle-ci : promouvoir la production de carburants d’aviation durables.

« L’évaluation mondiale des matières premières de l’IATA montre que l’Afrique subsaharienne pourrait fournir jusqu’à 106 millions de tonnes de matières premières compatibles avec les carburants d’aviation durables (SAF) d’ici 2050, principalement issues de résidus agricoles, de déchets forestiers et de déchets solides municipaux. Ces ressources pourraient être complétées par des cultures énergétiques cultivées sur des terres marginales ou dégradées.

« Grâce à des politiques incitatives fortes et prévisibles, ainsi qu’à des investissements dans les infrastructures de collecte et de traitement, la capacité de production de carburants renouvelables actuellement annoncée (1,5 Mt) pourrait croître de façon exponentielle, créant ainsi des emplois et renforçant la sécurité énergétique. »

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Isabelle Chagnon
Détentrice d’un baccalauréat en journalisme de l’Université Laval, Isabelle débute sa carrière de journaliste en voyage en 1995. Ses articles et reportages ont voyagé dans les magazines L’agent de voyages, Voyager et Tourisme Plus, Atmosphère d’Air Transat et le Journal Le Devoir, entre autres. Elle est co-autrice de quatre guides chez Rudel Médias (25 destinations soleil pour les vacances) et aux Éditions Ulysse (Voyager avec des enfants, Fabuleux Alaska/Yukon, Longs séjours à l’étranger). Depuis 2006 aussi, elle présente des conférences devant public.