La taxe sur les croisières à Barcelone devrait atteindre près de 50 $ par personne

Crédit : Port de croisière de Barcelone
Crédit : Port de croisière de Barcelone

Dans le cadre de sa lutte contre le surtourisme lié aux navires de croisière, Barcelone a mis en œuvre un projet visant à presque tripler la taxe sur les passagers de croisière qui effectuent de courtes escales.

Selon un accord conclu par la coalition au pouvoir à Barcelone, la taxe additionnelle pour les passagers de croisière qui restent moins de 12 heures dans le port augmentera de 5 € pour atteindre le plafond légal de 24 € (38,55 $ CA).

En additionnant la taxe régionale actuelle de 6 €, la taxe totale par passager augmentera de 11 € à 30 € (48,19 $), soit une hausse d’environ 173 %.

La hausse doit encore être approuvée par les autorités, mais l’accord politique permettant son application immédiate (au lieu d’un échelonnement jusqu’en 2029, comme initialement prévu) a été obtenu ce mois-ci.

Selon les estimations du secteur, la modification pourrait entrer en vigueur à la fin de l’année 2026 ou au début de l’année 2027.

Notons que ce taux majoré s’applique uniquement aux escales de transit, c’est-à-dire aux navires qui font escale moins de 12 heures et qui ne commencent pas et ne terminent pas leur itinéraire à Barcelone.

Les opérations d’embarquement et de débarquement des passagers au port d’attache sont exemptées de la nouvelle taxe, car la ville considère ces touristes comme plus rentables sur le plan économique grâce à leurs dépenses en matière d’hébergement, de restauration et de transport.

Cet accord établit également une limite annuelle de 3,5 millions de croisiéristes à Barcelone, ce qui représente une baisse d’environ 500 000 passagers par rapport aux quelque 4 millions actuels, soit environ 2 % du nombre total de visiteurs de la ville.

La ville envisage également de passer de sept à cinq terminaux de croisières.

Les responsables municipaux ont qualifié cette taxe de mesure « dissuasive » visant à supprimer « à zéro » les escales de croisière de courte durée.

Reste à savoir si une taxe plus élevée sur les passagers entraînera une baisse du tourisme.

À titre d’exemple, la stratégie adoptée par Venise n’a pas permis de réduire le nombre de visiteurs d’un jour.

En 2024, lorsque la ville a introduit un droit d’entrée de 5 € pour les excursions d’une journée, le nombre de visiteurs n’a pas diminué ; il a plutôt augmenté, avec une augmentation moyenne de 7000 visiteurs par jour par rapport à la même période l’année précédente.

Depuis ce temps, un élu municipal impliqué dans le projet a admis que la taxe « n’a pas entraîné de baisse significative du nombre de visiteurs », puisque la fréquentation a même augmenté certaines journées.

Pour les passagers, les taxes de croisière ne devraient pas constituer un obstacle majeur à la réservation, car elles sont incluses dans le coût des croisières et sont collectées par les compagnies. Elles apparaissent sur une ligne séparée lors de la procédure de réservation.

La principale préoccupation demeure la conception des trajets : avec une limite stricte du nombre annuel de passagers autorisés dans le port et une surface terminale réduite, les compagnies de croisières proposant des escales courtes à Barcelone pourraient bien être contraintes de les supprimer.

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