WestJet : les avis de grève et lock-out sont émis, Ottawa invité à respecter le processus

La nuit qui vient de s’écouler a été animée : les agents de bord de WestJet ont déposé un préavis de grève de 72 heures. Et la direction de WestJet a immédiatement émis un préavis de lock-out de 72 heures.

Photo: CUPE Alberta

Le décompte est commencé.

« Les demandes des agent(e)s de bord sont claires depuis le début. Malheureusement, l’écart entre les parties demeure trop important sur certains enjeux cruciaux » souligne le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), qui représente les 4 400 agents de bord de WestJet. « Nous avons clairement indiqué ce qui devait changer et nous avons essayé très fort de parvenir à une entente équitable », ajoute Alia Hussain, présidente du SCFP 8125.

On tient à ajouter que « le préavis de grève ne signifie pas que les agents de bord souhaitent faire grève. Le SCFP 8125 dit depuis le début des négociations que son objectif est de parvenir à une entente équitable sans perturber les passagers. »

Avis de lock-out

À l’émission de l’avis de grève de 72 heures, la direction de WestJet a répondu en émettant un avis de lock-out. Au moment du dépôt de l’avis de lock-out, la direction du transporteur a tenu à souligner ceci :

« Ces avis n’affectent pas immédiatement les opérations et ne signifient pas qu’un conflit de travail se produira. WestJet et le SCFP négocient activement et nous croyons qu’une entente peut être conclue afin d’éviter les répercussions sur nos invités. »

« La décision d’émettre un avis de lock-out, en réponse aux mesures prises par le syndicat, n’a pas été prise à la légère. Nous regrettons sincèrement les inconvénients et l’incertitude que cela continue de causer à nos invités », a déclaré Alexis von Hoensbroech, chef de la direction du groupe WestJet.

Il a ajouté : « Nous accordons une grande importance au travail et aux contributions de notre personnel de cabine, et il est de notre responsabilité d’assurer l’intégrité de notre réseau et de minimiser le risque d’immobilisation de nos invités, de notre équipage et de nos avions. Notre engagement demeure à la table de négociation, où nous continuerons à travailler sans relâche pour parvenir à une entente qui apporte de la valeur et des améliorations significatives à notre personnel de cabine et qui est durable pour notre entreprise. »

« Si une entente n’est pas conclue, un arrêt de travail pourrait survenir dès le 2 août à 0 h 01 » avise la direction de WestJet.

WestJet avise que dans les prochains jours, le transporteur « prendra toutes les mesures nécessaires pour limiter au maximum les répercussions potentielles », notamment :

-gérer les modifications et les annulations afin de pouvoir communiquer avec les clients à l’avance

-continuer d’offrir des politiques de modification/annulation flexibles aux clients ayant des réservations de voyage entre aujourd’hui 30 juillet et le 4 août 2026 et qui souhaitent modifier leurs dispositions.

Le transporteur invite la population et les voyageurs à consulter la page Avis aux voyageurs de WestJet pour toutes les questions relatives aux passagers détenteurs d’un billet de vol et aux voyages et westjet.com/personnel-de-cabine pour les dernières mises à jour sur la négociation.

Ottawa invité à ne pas faire de l’ingérence

Le syndicat des agents de bord adresse cette demande au gouvernement fédéral du Canada : de respecter le processus de négociation collective et de permettre aux parties de conclure une entente sans ingérence gouvernementale.

« La grève peut encore être évitée, a souligné la présidente du syndicat, Mme Hussain. Nous sommes prêts à poursuivre les négociations jour et nuit jusqu’à ce que la situation soit réglée. Nous voulons une convention collective équitable qui reconnaît la valeur du travail des agent(e)s de bord et tient compte du fait que WestJet est le deuxième plus gros transporteur du Canada. Nous espérons poursuivre les pourparlers avec WestJet pour en arriver à un accord avant le 2 août. »

Des voyageurs mi-stressés, mi-relax

Les médias sociaux et de nombreuses tribunes médiatiques rapportent actuellement des commentaires des voyageurs sur la situation. On voit de tout, on entend de tout.

De nombreux voyageurs rencontrés ce matin aux aéroports du pays se disent confiants qu’une entente sera signée avant dimanche 2 août, jour J où le pays saura quelle direction la situation va prendre.

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Isabelle Chagnon
Détentrice d’un baccalauréat en journalisme de l’Université Laval, Isabelle débute sa carrière de journaliste en voyage en 1995. Ses articles et reportages ont voyagé dans les magazines L’agent de voyages, Voyager et Tourisme Plus, Atmosphère d’Air Transat et le Journal Le Devoir, entre autres. Elle est co-autrice de quatre guides chez Rudel Médias (25 destinations soleil pour les vacances) et aux Éditions Ulysse (Voyager avec des enfants, Fabuleux Alaska/Yukon, Longs séjours à l’étranger). Depuis 2006 aussi, elle présente des conférences devant public.