
Le premier ministre canadien, Mark Carney, a annoncé qu’il donnerait son feu vert à la propriété privée des aéroports Toronto-Pearson, Montréal-Trudeau, Calgary et Vancouver, selon le Toronto Star.
Par Catherine McGowan
M. Carney a fait cette annonce lors du Sommet sur l’investissement au Canada, un événement de deux jours qui se tient à Toronto et dans le cadre duquel il cherche à attirer 1 000 milliards de dollars d’investissements dans les infrastructures au cours des cinq prochaines années.
Selon le Star, il s’est dit favorable à « l’investissement privé par le biais de concessions à long terme pour exploiter les quatre plus grands aéroports du Canada ».
Malgré les spéculations précédentes, les aéroports ne semblaient pas devoir figurer à l’ordre du jour du sommet, jusqu’à maintenant.
CTV rapporte que des députés ont discuté de l’ouverture des quatre plus grands aéroports du Canada aux investissements étrangers lors d’une réunion « convoquée à la hâte » lundi.
Des sources ont indiqué à CTV que seuls des députés étaient autorisés à participer à l’appel, sans membres du personnel. L’un d’eux a affirmé qu’un projet de loi devrait être présenté cet automne.
Selon cette source, plusieurs députés présents ont exprimé leur « vive inquiétude » face à ces projets, craignant que l’entente ne leur soit présentée comme un « fait accompli ».
La perspective d’une privatisation a également suscité de l’opposition de la part du Conseil de l’aviation d’Unifor, qui a organisé lundi une manifestation au Sommet sur l’investissement sous le slogan : « Les aéroports du Canada ne sont pas à vendre. »
« Les travailleurs aéroportuaires savent par expérience que la privatisation a un coût pour eux et pour les voyageurs, en plus d’entraîner une détérioration des conditions de travail dans l’ensemble de l’industrie aéronautique », a déclaré Lana Payne, présidente nationale d’Unifor.
Le plus grand syndicat du secteur privé au Canada demande au gouvernement de « protéger la propriété publique » et réclame des garanties pour que toute décision « touchant les infrastructures de transport du Canada place les travailleurs, les passagers et les collectivités avant les profits privés ».
Le Congrès du travail du Canada (CTC) a également mis en garde contre les répercussions négatives que la privatisation pourrait avoir sur les travailleurs et les passagers.
Dans un rapport publié récemment, le CTC cite des mesures similaires prises dans des pays comme l’Australie, affirmant qu’elles ont permis d’accroître les profits des aéroports, mais qu’elles ont aussi entraîné une hausse des coûts pour les passagers et eu des répercussions négatives sur les travailleurs aéroportuaires.




