Sommet de l’ACTA à Montréal : «Les Québécois sont importants pour nous»

Yacine Bimich et Suzanne Acton-Gervais, de l’ACTA.

Le sommet annuel de l’industrie du voyage du Québec de l’ACTA (Association canadienne des agences de voyage et des conseillers en voyage) avait lieu mardi à l’hôtel Marriott de l’aéroport de Montréal. Conférences, panel, ateliers thématiques et salon professionnel étaient à l’ordre du jour.

L’événement semble de plus en plus populaire, selon Yacine Bimich, directeur du service aux membres de l’ACTA pour le Québec. «On a vu une bonne augmentation cette année. Il y a 25% de gens de plus qui sont venus», dit-il.

M. Bimich explique cet intérêt renouvelé par le fait que l’ACTA a démontré dernièrement de la considération pour les problématiques spécifiques au Québec, notamment la langue, en plaçant à sa tête une présidente bilingue depuis un peu plus d’un an et en l’embauchant lui presque au même moment pour représenter les conseillers québécois.

La nouvelle présidente de l’ACTA, Suzanne Acton-Gervais, est du même avis : «L’ACTA était considérée comme une association canadienne pour les anglophones. Avec mon équipe on travaille fort pour changer ça. Nous avons vu une augmentation de 23% de nos membres québécois dans la dernière année. On a besoin de vous», déclare-t-elle.

Mais quel est l’avantage de faire partie de l’ACTA selon elle ?

«Le leadership. La capacité d’avoir des conversations plus difficiles. Nous sommes la voix des membres auprès d’Ottawa, des fournisseurs et des lignes aériennes», garantit la présidente.

Elle parle entre autres des récentes diminutions de commissions attribuées aux conseillers en voyage. Elle se dit aussi préoccupée par la cybersécurité et les fraudes qui se multiplient. Et elle indique militer pour l’abolition des barrières interprovinciales. «On voudrait que les conseillers puissent vendre sans barrières aux francophones à travers le Canada».

Le sommet annuel de l’industrie du voyage du Québec de l’Association canadienne des agences de voyage et des conseillers en voyage a eu lieu mardi à l’hôtel Marriott de l’aéroport de Montréal.

Créer un impact

Suzanne Acton-Gervais considère également comme importante la mission éducationnelle de l’ACTA.

Mardi, la première conférence organisée parlait des moyens que prend l’aéroport de Montréal pour permettre l’accessibilité aux passagers ayant des déficiences. Elle a été suivie d’une présentation sur le leadership donnée par Gloria Di Francesco, de GDF Talent.

«Le leadership se mesure à votre capacité à bâtir des relations», considère-t-elle.

Pour Mme Di Francesco, l’incapacité à influencer et à inspirer les autres passe par des problèmes de communication.

«Il faut penser avant de communiquer, écouter pour bien comprendre ceux qui nous entourent et pour mieux interagir avec eux», pense-t-elle.

Elle suggère notamment deux choses : avoir le courage d’avoir les conversations qu’on n’a jamais osé avoir et changer les lunettes qu’on met pour percevoir les autres, sans nécessairement qu’elles soient roses.

«On obtient ce qu’on tolère. Vider votre sac à dos, c’est énergisant. Donner du feedback est un cadeau. Il faut être rapide et précis et avoir une conversation, pas un monologue. Et il ne faut pas étiqueter les gens si on veut créer des liens profonds avec eux», conseille-t-elle.

Gloria Di Francesco.

Les ventes de croisières

Les participants ont ensuite eu droit à un panel sur la façon d’augmenter leurs ventes de croisières.

«On voit une diversification de l’offre. Tout est au niveau de la personnalisation. Il faut comprendre les besoins du client en posant les bonnes questions. Il y a sans nul doute un produit croisière qui convient à tout le monde», affirme Éric St-Pierre, directeur des comptes nationaux pour le Canada chez Royal Carribean.

M. St-Pierre insiste : la vente de croisières a encore beaucoup de potentiel.

«Il y a seulement 5% de Canadiens qui ont déjà fait une croisière dans leur vie. Ils sont 20% aux États-Unis», fait-il savoir.

Pour augmenter le nombre de ses clients dans ce créneau, le directeur propose de considérer les croisières sur le même plan que les voyages terrestres.

«Ayez toujours une solution croisière. Par exemple, si quelqu’un dit qu’il veut une semaine dans le sud. Mais c’est excessivement important de connaître les produits. Il ne faut pas vendre pour le prix», juge-t-il.

«Montrez-leur que vous êtes des experts, surenchérit Amélie Dubois, directrice des ventes et du marketing pour le Canada chez Regent Seven Seas Cruises. Il faut essayer de comprendre pourquoi les clients ne veulent pas faire de croisière et leur proposer quelque chose qui leur convient et qui va dépasser leurs attentes. On en a pour tout le monde. Mais surtout, parlez-en», dit-elle.

Caroline Séguin, Hilary Arsenault, Farida Henni et Nathalie Guay.

Les nouvelles destinations

En après-midi, trois ateliers thématiques étaient offerts, dont un intitulé : Les destinations émergentes que vos clients réclameront bientôt. L’idée était plutôt de parler de destinations méconnues, moins populaires ou à la recherche d’une nouvelle clientèle.

Caroline Séguin, de Destination Canada, signale trois endroits particulièrement intéressants au Canada : la baie de Fundy, en Atlantique, connue pour posséder les plus hautes marées du monde, Churchill, au Manitoba, surnommée la capitale mondiale de l’ours polaire, et Yellowknife, dans les Territoires du Nord-Ouest, où, si l’on reste trois nuits, «on a 98% de chance de voir des aurores boréales».

Hilary Arsenault, de G Adventures, met pour sa part l’emphase sur l’Arctique, «pour ceux qui veulent sortir de l’ordinaire» et la Corée du Sud.

Farida Henni, de l’Office national du tourisme tunisien, rappelle de son côté que le pays, en plus de ses plages et de son histoire, compte de superbes terrains de golf, est en train de diversifier son offre d’activités sportives avec le pickle ball et mise sur une montée en gamme de son offre de thalassothérapie.

Quant à Nathalie Guay, d’Ocean Signature Resorts, ce sont les îles Canaries et Tenerife qu’elle a voulu mettre de l’avant. «Ce n’est pas un endroit de luxe comme les Maldives, mais une destination premium. C’est intéressant pour le golf et la randonnée. Et pour les piscines naturelles formées dans la roche volcanique», souligne-t-elle.

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