Privatisation des aéroports : Ottawa promet d’éviter de fortes hausses de prix

Le gouvernement canadien prendra des mesures pour empêcher des hausses de prix déraisonnables dans quatre grands aéroports canadiens, advenant leur ouverture aux investissements privés, affirme le ministre des Transports, Stephen MacKinnon.

Certains critiques craignent toutefois que l’ouverture des aéroports aux entreprises privées entraîne une hausse des frais aéroportuaires et d’autres coûts.

Le premier ministre Mark Carney a déclenché cette semaine un débat sur la privatisation en annonçant que le gouvernement libéral souhaite permettre à des investisseurs privés de prendre une participation dans quatre grands aéroports canadiens : Montréal-Trudeau (YUL), Toronto Pearson (YYZ), Calgary (YYC) et Vancouver (YVR).

« Suivant les pratiques exemplaires d’autres pays, le gouvernement du Canada conservera la propriété des terrains et des actifs sous-jacents, mais nous en libérerons la pleine valeur en attirant de nouveaux capitaux et de nouvelles compétences pour assurer leur exploitation et leur croissance », a déclaré M. Carney cette semaine.

De nombreux aéroports dans le monde ont ouvert leurs portes aux capitaux privés et les grands régimes de retraite canadiens, entre autres, se sont montrés très intéressés à investir.

Dans une entrevue accordée au Toronto Star, M. MacKinnon a reconnu que l’arrivée d’exploitants privés entraînerait de nouvelles incitations à générer des revenus, mais a indiqué que le gouvernement prendrait des mesures pour limiter les hausses de frais, notamment les frais d’amélioration aéroportuaire.

« Des mécanismes seront mis en place pour garantir l’abordabilité et empêcher les hausses de prix injustifiées », a déclaré M. MacKinnon, soulignant que ces frais ont déjà augmenté dans le cadre du système actuel. À Pearson, par exemple, les frais d’amélioration aéroportuaire sont passés de 30 $ par passager en 2022 à 40 $ cette année.

M. MacKinnon a indiqué que les contrats conclus par le gouvernement avec les investisseurs privés contiendront des dispositions visant à ce que les futures hausses « ne soient pas déraisonnables ».

Dans un courriel envoyé à Open Jaw, des représentants de WestJet ont déclaré qu’ils se réjouissaient à l’idée de collaborer avec le gouvernement Carney sur cette question.

« Nous appuyons l’examen mené par le gouvernement du Canada et son intention d’évaluer d’autres modèles de propriété des aéroports, et nous sommes heureux de pouvoir contribuer à cette importante réflexion », a déclaré la compagnie aérienne. « Tout nouveau modèle devrait favoriser l’accessibilité financière et la compétitivité en assurant la mise en place d’un solide cadre de réglementation économique, en renforçant la gouvernance et la reddition de comptes, en veillant à ce que les investissements dans les infrastructures essentielles soient effectués efficacement et en générant des retombées mesurables pour les passagers, les collectivités et l’économie dans son ensemble. »

Les syndicats ne sont pas du même avis.

« Les investisseurs privés n’injectent pas des milliards de dollars dans les aéroports sans s’attendre à en récupérer des milliards », a déclaré Lily Chang, secrétaire-trésorière du Congrès du travail du Canada, dans un communiqué.

Selon elle, le gouvernement s’inspire de l’Australie, où cette approche aurait entraîné une hausse des coûts pour les passagers et les compagnies aériennes, une pression accrue sur les travailleurs et une augmentation des revenus aéroportuaires revenant aux investisseurs privés.

Barry Prentice, professeur à l’Asper School of Business de l’Université du Manitoba, a déclaré au Star que même si le gouvernement limitait les hausses de frais aéroportuaires, comme le propose le ministre des Transports, les investisseurs privés qui exploiteraient les aéroports disposeraient de nombreux moyens d’augmenter les coûts afin d’accroître les profits des actionnaires.

Il cite notamment les frais de stationnement, les coûts de location des espaces commerciaux et même des frais comme ceux imposés au Royaume-Uni pour déposer quelqu’un à l’aéroport.

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Jim Byers
Jim Byers est un rédacteur en voyage indépendant basé à Toronto. Il a été rédacteur en chef pour la section voyage au Toronto Star. Il s’adonne actuellement à l’écriture pour diverses publications au Canada et dans le monde entier. Il est aussi régulièrement invité par CBC, CTV News, Global News et d'autres réseaux de télévision et de radio.