Y a-t-il « erreur sur le fleuve »?

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Dossier. Open Jaw Québec a participé à deux croisières fluviales sur le Danube, en Europe, au cours des 12 derniers mois. Et dans les deux cas, nous avons entendu ce même constat :

« les croisières fluviales n’ont pas encore un gros succès au Québec parce que c’est un produit encore méconnu ».

Mais entre papotage, réseautage et placotage, avec les uns et avec les autres, durant notre participation à la croisière fluviale Active & Découverte de septembre dernier, avec Avalon Waterways (Globus Family of Brands), nous avons aussi entendu ceci :

« une croisière fluviale sur le fleuve Douro, ça se vend comme des petits pains chauds! »

Ah!?

Y aurait-il alors lieu de préciser de quel fleuve on parle? Pour affirmer que les croisières fluviales ne sont pas un gros vendeur au Québec ?

En d’autres mots, est-ce véritablement une affaire de produit (la croisière fluviale)? Ou de destination (le fleuve)?

Autre question : notre industrie fait-elle le bon diagnostic sur le bon produit?

En entrevue avec Stéphanie Bishop, la directrice générale du siège canadien de Globus Family of Brands, nous avons soufflé sur le sujet. Et la discussion a révélé un autre versant de la situation :

« les gens qui choisissent de faire une croisière fluviale pour la première fois en Europe, typiquement, ils choisissent un itinéraire sur le Rhin. Parce qu’une croisière fluviale sur le Rhin, c’est celle que les gens imaginent : on voit les châteaux, les vignobles, a soulevé Madame Bishop.

« C’est lorsqu’ils veulent faire une seconde croisière fluviale en Europe que les voyageurs disent vouloir découvrir un autre fleuve. »

Erreur de cible?

À la lumière de ce patchwork d’affirmations, faut-il revoir nos positions à l’égard des motifs qui expliquent le succès ou non d’une croisière fluviale en Europe dans le marché québécois?

En d’autres mots, si une croisière fluviale sur le fleuve Douro est un gage de « petits pains chauds sonnants et trébuchants », et si le Rhin incarne la séduction fluviale qui fait décoller les premières ventes dans le domaine, c’est peut-être le Danube qui a une aura moins attirante chez les Québécois.

Et non le produit lui-même.

Autrement dit, notre industrie croit-elle à tort que les croisières fluviales ne sont pas un produit avec un potentiel intéressant, là maintenant?

Pour avoir du succès dans la vente d’une croisière fluviale sur le Danube, faut-il faire un rapprochement avec d’autres fleuves d’Europe? Pour capter l’attention de la clientèle?

Toutes ces questions méritent sans doute une bonne réflexion.

Notre journaliste était l’invitée de Globus Family of Brands et Avalon Waterways.