ÉU : débat sur les limites de la reconnaissance faciale dans les aéroports

L’agence Reuters rapporte que des compagnies aériennes américaines s’opposent à de nouvelles limites à la reconnaissance faciale aux points de contrôle des aéroports.

Aéroport national Ronald-Reagan aux États-Unis
Aéroport national Ronald-Reagan aux États-Unis. (Photo: courtoisie de sandler482 / Pixabay)

C’est que plus tôt cette semaine, des groupes représentant les principales compagnies aériennes (American Airlines, United Airlines, Delta Air Lines, Southwest Airlines), agences de voyage et aéroports américains, ont exhorté le Sénat à rejeter un projet de loi visant à limiter la capacité de la Transportation Security Administration (TSA) à utiliser des logiciels de reconnaissance faciale aux points de contrôle de sécurité.

Que dit ce projet de loi ?

Il vise à protéger la possibilité pour les voyageurs de :

– refuser les contrôles de reconnaissance faciale de la TSA dans les aéroports

– prévenir l’utilisation abusive des données des passagers.

La crainte ?

Que ce projet de loi pourrait « augmenter considérablement les temps d’attente en ralentissant la vérification d’identité à chaque point de contrôle de sécurité des aéroports ».

L’autre crainte : des contrôles excessifs :

« La TSA soumet d’innombrables voyageurs respectueux des lois à des contrôles de reconnaissance faciale excessifs lors de leurs voyages, portant atteinte à leur vie privée sans même leur indiquer clairement qu’ils peuvent refuser ces contrôles. »

Dans le débat, on rappelle ce que le sénateur démocrate Jeff Merkley avait déclaré en mai dernier: « Les citoyens ne veulent pas d’un État de surveillance nationale, mais c’est exactement ce à quoi nous conduit l’expansion incontrôlée de la technologie de reconnaissance faciale par la TSA.»

Limiter le pouvoir actuel de la TSA

Dans son billet, l’agence Reuters ajoute que le projet de loi limiterait le pouvoir actuel de la TSA d’utiliser la biométrie et la technologie de reconnaissance faciale. La TSA serait tenue d’offrir aux passagers la possibilité de vérifier leur identité sans utiliser la reconnaissance faciale et d’interdire à la TSA de soumettre les voyageurs choisissant de ne pas se soumettre à un contrôle facial à un traitement discriminatoire ou à des conditions de contrôle moins favorables.

Mais restreindre l’utilisation de la biométrie est perçu comme un pas en arrière :

« Restreindre l’utilisation de la biométrie par la TSA constitue un recul pour notre sécurité nationale », auraient déclaré les compagnies aériennes, ajoutant que cela « empêcherait la TSA de réaliser des gains d’efficacité en matière de personnel grâce à l’automatisation des technologies en exigeant des interactions avec les agents – obligeant ainsi 75 % du budget de la TSA à rester consacré au personnel plutôt qu’à l’investissement technologique. »

Les compagnies aériennes ont également déclaré que cela pourrait entraver l’innovation dans le système aéronautique, comme les portes électroniques automatisées et l’identification sans contact TSA PreCheck, et « créer un environnement écrasant et chaotique à chaque contrôle de sécurité de l’aéroport ».

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Isabelle Chagnon
Détentrice d’un baccalauréat en journalisme de l’Université Laval, Isabelle débute sa carrière de journaliste en voyage en 1995. Ses articles et reportages ont voyagé dans les magazines L’agent de voyages, Voyager et Tourisme Plus, Atmosphère d’Air Transat et le Journal Le Devoir, entre autres. Elle est co-autrice de quatre guides chez Rudel Médias (25 destinations soleil pour les vacances) et aux Éditions Ulysse (Voyager avec des enfants, Fabuleux Alaska/Yukon, Longs séjours à l’étranger). Depuis 2006 aussi, elle présente des conférences devant public.