Voyages responsables : «les touristes sont prêts, mais l’industrie ne l’est pas»

Les voyageurs sont prêts à passer à l’action maintenant et voyager de façon plus responsable. Mais ils signalent que les acteurs qui font l’industrie du voyage ne les informent pas, ne les outillent pas, ne les guident pas adéquatement en ce sens.

C’est ce qui ressort d’un sondage, dont le rapport est intitulé Rapport d’impact sur le tourisme responsable, sondage qu’Aruba a commandé en partenariat avec Zeno Group, et effectué auprès de 7 032 personnes au Canada, Royaume-Uni, Brésil, Colombie, Australie, Pays-Bas et États-Unis et ayant voyagé à l’étranger au cours de l’année.

Photo : Elaine Casap/Unsplash

Plus précisément, le rapport résume ceci :

« L’étude mondiale révèle que les voyageurs exigent un tourisme responsable, mais 77 % d’entre eux déclarent manquer de conseils. Les voyageurs de toutes générations sont prêts à agir, mais souhaitent que les destinations, les partenaires du secteur et les communautés leur montrent comment procéder. »

Un faible 23 % le font

L’étude commandée par la destination d’Aruba révèle également ceci :

– 96 % des voyageurs répondants estiment que le tourisme responsable est important

– 80 % affirment que le tourisme ne se limite pas à minimiser son impact : il doit améliorer activement la vie des habitants

– 73 % déclarent vouloir apprendre à avoir un impact positif

– 23 % seulement estiment qu’on leur a montré comment le faire.

« Cela met en évidence un écart important entre intention et action » met en lumière le rapport.

Entrevoir de façon positive

Aruba ne jette pas la pierre à notre industrie. Plutôt, elle l’interpelle : « c’est une opportunité pour les destinations, les partenaires du secteur et les communautés d’intensifier leurs efforts et de fournir des orientations plus claires » suggère le rapport.

Donner l’exemple

« Le tourisme responsable n’est plus une option : c’est devenu le standard minimum auquel les voyageurs s’attendent« , a déclaré Ronella Croes, pdg de l’Autorité du tourisme d’Aruba. « Cette étude montre que les voyageurs sont prêts, mais qu’ils ont besoin de moyens plus clairs pour mettre en pratique leurs valeurs. Le moment est venu de prendre les devants. Aruba s’engage à passer de la réflexion à l’action – des directives aux visiteurs à la sensibilisation sur l’île – afin de garantir que chaque voyage soutienne nos communautés et préserve ce qui fait d’Aruba l’île du bonheur. »

Principales conclusions du rapport d’impact du tourisme responsable d’Aruba

Le tourisme responsable est désormais la référence

Cette évolution indique que le tourisme responsable n’est plus une attente de niche, mais la nouvelle norme.

Les voyageurs sont prêts : le secteur doit combler l’écart

Les destinations et les leaders du secteur ont un rôle crucial, celui de guider et responsabiliser les voyageurs.

Du climat à la culture : ce qui guide les décisions des voyageurs

74 % des voyageurs reconnaissent la montée du niveau de la mer et les phénomènes météorologiques extrêmes comme des menaces pour les destinations insulaires, 89 % souhaitant que les dirigeants accordent la priorité à la protection de la faune et 87 % à celle des écosystèmes. Les voyageurs considèrent de plus en plus la protection des îles comme Aruba comme une responsabilité mondiale, et non plus seulement comme un défi local.

Générations unies par un objectif, divisées par une approche

Les baby-boomers sont à l’avant-garde de la réduction de leur empreinte écologique : 74 % d’entre eux sont prêts à réduire leur consommation de ressources telles que l’eau et l’énergie, et 61 % privilégient les séjours communautaires.  La génération Z est à l’avant-garde de la sensibilisation et du partage : 39 % sont prêts à faire du bénévolat ou à soutenir des causes locales, et 39 % sont prêts à promouvoir le tourisme responsable par le biais de campagnes de sensibilisation ou sur les réseaux sociaux.

Le luxe se redéfinit

34 % des voyageurs haut de gamme définissent désormais le luxe par son impact, exigeant des prestations haut de gamme, des certifications environnementales et des expériences culturelles uniques.

L’authenticité guide le choix

La beauté naturelle (66 %), les entreprises locales (65 %) et l’immersion culturelle (59 %) sont les principaux facteurs qui influencent le choix d’une destination. Les voyageurs recherchent des expériences authentiques et ancrées dans la communauté.

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Isabelle Chagnon
Détentrice d’un baccalauréat en journalisme de l’Université Laval, Isabelle débute sa carrière de journaliste en voyage en 1995. Ses articles et reportages ont voyagé dans les magazines L’agent de voyages, Voyager et Tourisme Plus, Atmosphère d’Air Transat et le Journal Le Devoir, entre autres. Elle est co-autrice de quatre guides chez Rudel Médias (25 destinations soleil pour les vacances) et aux Éditions Ulysse (Voyager avec des enfants, Fabuleux Alaska/Yukon, Longs séjours à l’étranger). Depuis 2006 aussi, elle présente des conférences devant public.