
Air Canada a pris la « décision difficile » de supprimer environ 400 postes de direction, soit 1 % de son personnel, rapportent plusieurs médias.
Sans préciser combien de Québécois seront concernés, la compagnie aérienne a confirmé la nouvelle au Journal de Montréal la semaine dernière.
Cette annonce survient deux mois après la grève des 10 000 agents de bord cet été, qui a paralysé les opérations d’Air Canada pendant plusieurs jours. Plusieurs voyageurs sont encore en attente de remboursement, rapporte Le Journal de Montréal.
« À la suite d’un examen approfondi, nous avons pris la décision difficile de supprimer certains postes de direction non syndiqués, ce qui touche 1 % de notre effectif total », a déclaré un porte-parole d’Air Canada au Toronto Star.
Selon lui, ces suppressions n’affecteront toutefois pas les activités quotidiennes de la plus grande compagnie aérienne du pays. Air Canada communique actuellement avec les personnes concernées.
Le Toronto Star rapporte également que la compagnie, qui doit présenter ses résultats financiers du troisième trimestre le 5 novembre, a revu à la baisse ses perspectives pour l’année, après avoir été touchée par la grève. La compagnie estime le coût de l’interruption de travail à 375 millions de dollars, incluant remboursements, indemnisations et baisse du volume de réservations.
« Mais Air Canada est loin d’être dans le rouge. L’entreprise a affiché un bénéfice ajusté avant intérêts, impôts et amortissements de 3,5 milliards de dollars pour l’exercice 2024 et prévoit un bénéfice ajusté de 2,9 à 3,1 milliards pour 2025 », souligne le média.
John Gradek, directeur du programme Global Aviation Leadership de l’Université McGill, a déclaré qu’Air Canada semble minimiser l’impact des licenciements sur sa direction, notant que 400 employés pourraient représenter de 8 à 10 % du total de ce groupe, un chiffre qu’il qualifie de « significatif ».
Ancien cadre d’Air Canada, M. Gradek s’est dit surpris par le moment choisi pour annoncer ces licenciements, alors que le secteur aérien affiche une forte rentabilité au deuxième et troisième trimestre 2025 et qu’Air Canada devrait se porter correctement, en dehors des effets de la grève.
« C’est plutôt inhabituel. Ce type de mesure est généralement pris en période de difficultés », a-t-il déclaré au Toronto Star.
Selon lui, Air Canada chercherait à réduire sa masse salariale en se séparant de cadres supérieurs et en promouvant des employés moins expérimentés, aux salaires plus modestes.
M. Gradek a ajouté que « la perte de cette expertise pourrait nuire à la capacité de la compagnie à faire face aux ralentissements du secteur aérien à long terme ».




