C’est lorsqu’on apprend ce que l’IA devrait réussir à faire dans le voyage qu’on découvre finalement les dangers qui guettent.
À la question « L’IA donne-t-elle plus de liberté aux voyageurs ou oriente-t-elle discrètement leurs choix? », posée par la plateforme AINews, Fahd Hamidaddin, pdg fondateur de l’Autorité saoudienne du tourisme et président du prochain sommet TOURISE, estime que l’IA peut faire les deux.

Open Jaw Québec vous relate ici quelques bribes de cette entrevue qui révèle les bons coups que peut faire l’IA dans le voyage, mais aussi les influences et les actions qui méritent de se poser des questions.
Car ce sujet du sujet fait de plus en plus surface : l’IA agentique.
L’IA quoi ?
L’IA agentique : une forme d’intelligence artificielle qui peut prendre des décisions et agir de manière autonome pour atteindre des objectifs prédéfinis, sans supervision humaine constante.
« Le secteur (du voyage) doit établir des garde-fous clairs face à l’essor de la technologie » soutient le pdg.
Le pdg relève ce qu’on sait pas mal tous déjà, soit que les plateformes qui carburent à l’IA ne se contentent plus d’indiquer où aller ; elles créent des voyages sur mesure pour chaque voyageur. Mais aussi : « en mettant en avant des destinations moins connues, l’IA peut alléger la pression sur les sites touristiques bondés et faire découvrir aux voyageurs des expériences locales authentiques qui, autrement, resteraient méconnues ».
Difficile de ne pas reconnaître ici que c’est du registre des bons coups.
Fahd Hamidaddin revient sur le sujet de l’IA agentique : « c’est une technologie qui ne se contente pas de suggérer des solutions, mais agit. Dans un proche avenir, l’IA modifierait automatiquement les réservations de vols perturbées par la météo, ajusterait les itinéraires et reprogrammerait les vols en temps réel. C’est un voyage sans accroc, où la logistique disparaît et où l’aventure prend le dessus », a-t-il déclaré.
Une boussole. Pas une cage
La suite est intéressante.
La discussion bifurque sur les moteurs de réservation pilotés par l’IA, lesquels promettent des recommandations ultra-personnalisées, adaptant les expériences aux centres d’intérêt et aux budgets de chacun.
On fait valoir que cela peut simplifier la planification et la rendre plus inspirante, « mais cela comporte aussi des risques », note-t-on.
Rappelant la question de départ, à savoir si l’IA autonomise les voyageurs ou les guide à leur insu, le pdg soutient que « sans contrôle, les algorithmes peuvent discrètement restreindre les horizons, poussant les gens vers des options prévisibles. Ce risque ne fait qu’augmenter avec l’IA agentique, qui prendra les décisions à la place des voyageurs. Mais l’IA doit être une boussole, pas une cage, et les voyageurs doivent toujours avoir le dernier mot. »
Car les enjeux ici s’appellent confiance et transparence.
L’IA agentique, capable d’agir au nom du voyageur, rend ces points encore plus importants : « si les algorithmes réservent, ajustent ou annulent automatiquement leurs réservations, les voyageurs ont besoin de moyens clairs pour contrôler et comprendre ces actions. La véritable innovation ne se limite pas à personnaliser le voyage ; elle doit préserver la confiance et l’autonomie du voyageur », a-t-il ajouté.
Garde-fous éthiques pour l’IA dans le voyage
À mesure que les systèmes d’IA assument davantage de responsabilités, des normes éthiques claires deviennent essentielles, soutient-on dans l’article.
« Avec l’IA agentique, les enjeux sont plus importants : lorsqu’une IA agit au nom d’un voyageur, nous devons garantir la transparence, l’explicabilité et la responsabilité. L’IA ne doit jamais remplacer l’autonomie », a déclaré le pdg fondateur de l’Autorité saoudienne du tourisme.
Il estime que les gouvernements, les entreprises, les communautés et les voyageurs doivent collaborer pour s’accorder sur des principes communs. L’IA agentique rend cela encore plus urgent, car les décisions pourraient de plus en plus être prises par des machines. « Notre mission est de faire en sorte que la technologie soit au service des gens, et non l’inverse », a-t-il ajouté.




