Analystes du secteur aérien et actionnaires d’Air Transat soutiennent depuis un bon moment qu’Air Transat est dans une situation financière difficile et traîne le poids d’une grosse dette.

Une grève pourrait donc lui faire très mal :
« Une grève, pour une compagnie aérienne, c’est énorme en termes de coûts. Et dans le cas d’Air Transat, étant donné qu’il est dans une situation financière un peu fragile, ça pourrait être très grave, et catastrophique » soutient Mehran Ebrahimi, directeur de l’Observatoire de l’aéronautique et de l’aviation civile.
En entrevue hier 8 décembre au micro de Radio-Canada, Isabelle Dostaler, vice-rectrice aux Études et à la Recherche à l’Université de l’Ontario français, et spécialiste du secteur de l’aviation et de l’aéronautique, a répondu à cette question : est-ce qu’Air Transat est capable d’affronter une grève?
Pour être plus précis : est-ce qu’Air Transat pourrait encaisser la facture d’une grève?
« Une grève coûte cher, mais Air Transat s’est relativement relevé au cours des dernières années, même si c’est un transporteur qui perd encore de l’argent, dont cette année » a répondu Madame Dostaler.
Donc la facture pourrait faire très mal.
« Si le conflit de travail se prolonge jusqu’à la période des Fêtes, ça serait « le coup de grâce« , estime Pierre Karl Péladeau, président de la Financière Outremont et actionnaire d’Air Transat, et dont les propos sont rapportés par Le Journal de Montréal.
Madame Dostaler a rapidement bifurqué sur ceci, pour identifier un autre souci : elle a rappelé que dans le but de garder une compétition saine dans le transporteur aérien, les Européens s’étaient opposés à l’intention d’Air Canada, il y a quelques années, de faire l’acquisition d’Air Transat.
Car c’est là le point majeur : la compétition.
« On a besoin de transporteurs au Canada. On a besoin de compétitions. On ne peut pas juste avoir Air Canada et WestJet dans le ciel. Et c’est une chose à laquelle notre gouvernement est conscient, a poursuivi Madame Dostaler.
« Air Transat a les reins moins solides qu’Air Canada, alors il faut garder espoir d’une entente avant une grève. »
Cette deuxième question s’installe naturellement : si Air Transat n’a pas les reins financiers solides, peut-il encaisser une hausse de salaire importante, celle demandée actuellement par les pilotes?
« C’est non seulement possible, mais inévitable. Le domaine de l’aviation, c’est toujours un cycle. Quand les entreprises ne vont vraiment pas bien, les différentes parties prenantes – exemple les pilotes – se serrent les coudes. On est d’accord pour faire certains sacrifices parce que ça va mal.
« Mais quand les choses se remettent à aller mieux, comme maintenant pour Air Transat par rapport aux récentes années, il est normal que les différents corps de métier veuillent améliorer leurs conditions de travail. »
Madame Dostaler a rappelé que la convention collective des pilotes d’Air Transat date de 2015 et qu’il est « vraiment temps de revoir la convention collective ».
La spécialiste de l’aviation a également confié aimer à penser que les pilotes d’Air Transat ne veulent pas aller en grève, car « j’aime à penser que les pilotes ne veulent pas qu’Air Transat fasse faillite ».
Madame Dostaler a conclu avec ceci : « il faut vraiment se croiser les doigts. Ce serait vraiment l’idéal d’en venir à un accord. »




