
Destination écotouristique par excellence, le Costa Rica se distingue des autres pays des Caraïbes par son approche unique en matière de développement hôtelier.
Afin de mieux comprendre la place des hôtels tout inclus dans le pays, et la stratégie touristique qui les encadre, Open Jaw Québec s’est récemment entretenu avec Adalberto Rodriguez, directeur de la promotion et du développement à l’Institut du tourisme du Costa Rica (ICT).
Q. Est-il vrai que le Costa Rica compte moins d’hôtels tout inclus que la plupart des destinations des Caraïbes?
R. Oui. Le Costa Rica compte moins de complexes tout inclus que des destinations comme le Mexique, la République dominicaine ou la Jamaïque. La majorité des établissements tout inclus du pays sont concentrés le long de la côte nord du Pacifique, facilement accessible depuis l’aéroport de Liberia. Cette offre limitée contraste avec celle des Caraïbes, où les hôtels tout inclus dominent largement le paysage hôtelier.
Q. Pourquoi? Est-ce un choix délibéré lié à la stratégie touristique du pays?
R. Absolument. Le Costa Rica est devenu un modèle d’écotourisme au début des années 1990, à la suite de mesures prises par le gouvernement dans les années 1980 pour enrayer la déforestation et développer l’écotourisme international, grâce à des mesures incitatives visant à accroître la couverture forestière et les aires protégées. Les responsables du tourisme ont compris qu’ils ne pouvaient rivaliser avec les plages des Caraïbes, mais que personne ne possédait leurs atouts naturels. Le nombre restreint d’offres tout compris reflète une démarche délibérée axée sur la qualité plutôt que sur la quantité.
Ces hébergements de petite taille et dispersés favorisent la découverte et soutiennent les communautés locales. De plus, ces hébergements sont gérés localement, ce qui signifie que les retombées économiques restent au Costa Rica et ne profitent pas à l’étranger.

Q. Le Costa Rica privilégie-t-il davantage l’écotourisme, avec des hébergements axés sur la nature et des écolodges?
R. Tout à fait. Plus de 28 % du territoire costaricain est protégé, incluant des parcs nationaux qui figurent parmi les sites les plus riches en matière de biodiversité au monde. Cette protection contre le surdéveloppement est rendue possible grâce à l’importance accordée à l’écotourisme dans les politiques d’aménagement du territoire.
Le pays a également développé une infrastructure solide pour soutenir ce modèle. L’Institut du tourisme du Costa Rica (ICT) a créé la Certification pour le tourisme durable (CST 2.0), reconnue par le Conseil mondial du tourisme durable. Ce programme vise à assurer la durabilité culturelle, environnementale et socioéconomique des entreprises touristiques, en les classant selon deux niveaux : « Base » ou « Élite ». Ce programme de certification encourage activement la participation des écolodges et des établissements durables.
De nombreux hôtels ont également choisi de protéger des terres privées, ce qui porte à plus de 33 % la proportion du territoire national protégé lorsqu’on inclut les réserves privées.

Q. Comment décririez-vous le paysage hôtelier du pays dans son ensemble?
R. L’offre hôtelière du Costa Rica est remarquablement diversifiée et décentralisée. On y trouve principalement :
- Des écolodges et des retraites en pleine nature disséminés dans les forêts tropicales humides et les forêts de nuages;
- Des hôtels de plage de petite et moyenne taille (généralement de 20 à 100 chambres) le long des deux côtes;
- Des chambres d’hôtes et des gîtes familiaux nichés dans des villages voisins de parcs nationaux;
- Des lodges consacrés à l’aventure, à proximité de volcans et de sites de tyrolienne et de rafting;
- Un choix restreint d’hôtels tout inclus, principalement situés dans la province de Guanacaste, avec quelques-uns à Tortuguero en raison de son isolement et de sa difficulté d’accès.
Cette variété permet de proposer une grande palette d’options aux voyageurs, des plus soucieux de leur budget aux plus exigeants en matière de luxe.

Q. Diriez-vous que la plupart des hébergements sont écoresponsables? Pourquoi?
R. Bien que tous les hébergements ne soient pas officiellement certifiés écologiques, le développement durable est profondément ancré dans l’ADN touristique du Costa Rica. En 2020, 99,78 % de l’électricité produite dans le pays provenait de sources renouvelables. Le Costa Rica produit plus de 85 % de son énergie grâce à l’hydroélectricité et à la géothermie. Ainsi, les hôtels, les restaurants et les infrastructures touristiques ont, par défaut, un impact environnemental minimal. De plus, de nombreuses plages, publiques comme privées, arborent le label environnemental Pavillon Bleu.
Q. Combien d’hôtels tout inclus compte le Costa Rica?
R. On estime qu’il y a environ 15 à 25 complexes tout inclus au Costa Rica, la majorité étant située dans la province de Guanacaste.
Parmi les établissements notables, on retrouve :
- les hôtels RIU (Riu Palace Costa Rica, Riu Guanacaste);
- les hôtels AM Resorts (Secrets Papagayo, Dreams Las Mareas);
- le Westin Reserva Conchal;
- les établissements Barceló/Occidental (Occidental Papagayo, Barceló Tambor);
- le Margaritaville Beach Resort Playa Flamingo;
- le Planet Hollywood Costa Rica;
- le Fiesta Resort, à Puntarenas.

Q. Quel est, selon vous, l’établissement tout inclus le plus luxueux du pays?
R. Bien qu’il ne soit pas un hôtel tout inclus au sens traditionnel, le Four Seasons Resort Peninsula Papagayo est largement considéré comme l’expérience hôtelière la plus luxueuse du Costa Rica. ll se distingue par son service exceptionnel, son engagement en faveur du développement durable et sa reconnaissance Forbes cinq étoiles, qui lui a été décernée pendant dix années consécutives.
Le Westin Reserva Conchal est un complexe haut de gamme tout inclus niché au cœur d’une réserve forestière privée de 2400 acres. Il propose 406 chambres, dont un Westin Club réservé aux adultes, un terrain de golf de championnat, sept restaurants, le spa Heavenly et une plage de sable blanc immaculée. L’établissement a reçu la distinction “5 feuilles” pour ses pratiques respectueuses en matière d’environnement.
Le relativement récent W Costa Rica — Reserva Conchal est lui aussi positionné dans le segment du luxe, proposant un design moderne et des services haut de gamme, mais avec une esthétique axée sur le mode de vie plutôt que sur le luxe traditionnel.

Q. Y a-t-il de nouveaux complexes tout inclus ou de grands projets hôteliers à venir?
R. Oui, plusieurs projets importants sont prévus pour 2025 et les années suivantes.
JW Marriott Costa Elena (ouverture 2026) : la transformation de cet établissement de Guanacaste a débuté à l’été 2025. À son ouverture, il s’agira de l’un des premiers complexes hôteliers tout compris de la marque JW Marriott. Situé à environ 79 km de l’aéroport international Daniel Oduber Quirós (LIR), au sein du complexe résidentiel et touristique de Costa Elena, il proposera 315 chambres, 11 restaurants, 17 piscines et un spa de 1486 m².
Rénovation du Riu Guanacaste (travaux récemment achevés) : RIU Hotels and Resorts a repensé son établissement phare du Costa Rica, qui compte 1041 chambres entièrement redessinées, huit nouvelles chambres avec accès direct à la piscine et six piscines au total, dont trois avec bar intégré. L’hôtel rouvre ses portes avec une esthétique côtière moderne.
Q. Enfin, selon vous, comment le Costa Rica se distingue-t-il des autres destinations des Caraïbes et d’Amérique centrale?
R. Ce qui distingue le Costa Rica, c’est sa biodiversité incomparable, son leadership de longue date en matière de développement durable, ses innombrables possibilités en termes d’aventures hors des complexes hôteliers et notre philosophie « Pura Vida », qui symbolise un caractère national authentique : le bonheur, la joie de vivre et une hospitalité chaleureuse envers tous.




