PK Péladeau veut Transat « parce que l’entreprise végète »

« Pourquoi je veux prendre le contrôle de Transat? Parce que l’entreprise végète. Et parce que les Québécois ont le droit d’avoir une compagnie aérienne qui leur ressemble. »

Pierre Karl Péladeau

Pierre Karl Péladeau était de passage à la radio de Radio-Canada, ce matin, pour discuter du plan qu’il souhaite mettre en action pour la suite de Transat.

L’entrevue a ceci d’intéressant : l’homme d’affaires explique pourquoi, selon lui, la situation actuelle de Transat n’est pas du tout enviable, et pourquoi son avenir est menacé.

« La dette étrangle l’entreprise »

« Transat ne se remet pas de la situation difficile qu’a provoquée la pandémie. Pourquoi? Parce qu’elle a un bilan qui est beaucoup trop lourd. La totalité de la dette est détenue par le gouvernement fédéral. La dette étrangle l’entreprise. Transat n’est pas en mesure de pouvoir investir » a explique PKP.

« Aucun investisseur ne va mettre de l’argent actuellement »

« Certains ont dit que j’avais refusé d’investir dans l’entreprise. C’est faux. Je suis prêt à investir des dizaines de millions de dollars dans l’entreprise, mais pas suivant l’entente que Transat a signée avec le gouvernement fédéral, qui dit ceci: pour chaque dollar investi dans l’entreprise, 50 cents vont être utilisés pour rembourser la dette. Aucun investisseur ne va mettre de l’argent dans une telle structure. C’est Finance 101. »

« Transat végète »

« Depuis, l’entreprise végète. Et pour arrêter de végéter, elle a besoin de capitaux » estime Monsieur Péladeau.

Questionné sur le pourquoi croire que Transat végète alors que l’entreprise a dégagé des bénéfices nets de 242 millions$ en 2025, soit une première (celle de faire des bénéfices) depuis 2018, Monsieur Péladeau a mis sur la table un fait néanmoins peu enviable : la chute de 57 % des actions de Transat. « C’est la pire performance de l’industrie en termes de marge d’exploitation. Cette situation met en péril la pérennité de l’entreprise! Je le redis, la dette fédérale étrangle la capacité d’investir de l’entreprise. Et on ne peut assurer la pérennité de l’avenir d’une entreprise qui a besoin de capitaux et qui n’a pas la capacité d’aller en chercher »

Pérennité menacée

Questionné à savoir si le fait que le gouvernement pourrait détenir 20 % des actions de Transat, c’est quelque chose qui gêne l’homme d’affaires qu’il est, Monsieur Péladeau a répondu que, s’il reconnait que l’aide gouvernementale durant la pandémie a sauvé des tonnes d’emplois, « si les créanciers étaient autres que le gouvernement fédéral actuellement, ils auraient trouvé d’autres façons de faire en sorte d’assurer la pérennité de l’entreprise ».

« Il faut savoir regarder en avant. Actuellement, la dette, elle est préjudiciable. Elle n’assure pas la pérennité de l’entreprise. Transat ne pourra pas investir. Et aucune entreprise aérienne ne peut réussir sans investir.

« Le gouvernement fédéral est, et le créancier le plus important de Transat, et l’actionnaire virtuel le plus important, et l’autorité réglementaire. Aucune situation semblable n’est reproduite ailleurs. »

À la question « que voulez-vous faire de Transat si vous et vos proches collaborateurs devenez actionnaires majoritaires de l’entreprise », l’homme d’affaires a répondu :

« Faire avec Transat ce que nous avons réussi à faire avec Videotron : une entreprise québécoise qui va faire des acquisitions, qui va créer des emplois, maintenir une emprise importante à Montréal et au Québec. Pas pour revendre. Je ne vends pas les entreprises que j’ai acquises. »

Décision le 10 mars

Le 10 mars, une réunion importante, voire décisive, est à l’agenda de Transat. Et on présage qu’il risque d’y avoir du changement dans le CA de Transat. Car ce jour-là, les actionnaires devront prendre une décision sur la direction que doit prendre l’entreprise.

Et PKP y proposera son plan.

Rappelons que Pierre Karl Péladeau détient actuellement près de 10 % des actions de Transat. Il a tenté à 5 reprises d’acheter Air Transat, sans succès. L’homme d’affaires tente maintenant une autre stratégie, appelée « activisme actionnarial » dans le monde des affaires.

Pour écouter l’entrevue dans sa totalité, c’est par ici.

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Isabelle Chagnon
Détentrice d’un baccalauréat en journalisme de l’Université Laval, Isabelle débute sa carrière de journaliste en voyage en 1995. Ses articles et reportages ont voyagé dans les magazines L’agent de voyages, Voyager et Tourisme Plus, Atmosphère d’Air Transat et le Journal Le Devoir, entre autres. Elle est co-autrice de quatre guides chez Rudel Médias (25 destinations soleil pour les vacances) et aux Éditions Ulysse (Voyager avec des enfants, Fabuleux Alaska/Yukon, Longs séjours à l’étranger). Depuis 2006 aussi, elle présente des conférences devant public.