Cuba : effondrement du réseau électrique et menaces de « prise de contrôle » par Trump

La situation ne cesse d’empirer pour l’une des destinations touristiques les plus prisées des Canadiens.

Le réseau électrique cubain a subi ce que de nombreux médias ont décrit comme un « effondrement national » le 16 mars; la première panne d’envergure nationale depuis que les États-Unis ont de facto interrompu l’approvisionnement en pétrole de l’île caribéenne.

S’exprimant à Washington, le président américain Donald Trump a déclaré que ce serait « un honneur » de prendre le contrôle du pays.

« Prendre Cuba… que je la libère ou que je la prenne, je pense pouvoir en faire ce que je veux. »

Questionné sur la probabilité que les États-Unis répètent leur intervention au Venezuela et se hâtent d’installer un nouveau régime à Cuba, Trump a répondu : « Je ne peux pas vous le dire. »

Le mois dernier, les compagnies aériennes canadiennes ont interrompu leurs liaisons avec Cuba parce que le pays a annoncé manquer de kérosène.

Les pénuries persistantes de carburant à Cuba ont été exacerbées par le blocus américain des exportations de pétrole vers l’île.

Ajoutée aux pénuries de nourriture et de médicaments, cette situation a provoqué un mécontentement populaire qui s’est traduit par des manifestations dans les rues, dont une qui s’est déroulée lundi dans le centre de La Havane, où des manifestants ont tapé sur des casseroles.

Les États-Unis font maintenant pression sur le gouvernement cubain en brandissant des menaces de prise de contrôle non spécifiées, laissant ainsi le sort de l’île dans l’incertitude.

Le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, a exprimé clairement et depuis longtemps son désir d’un changement de régime à La Havane. Il est le fils d’immigrants cubains.

Trump a également demandé une « prise de contrôle amicale », mais a récemment déclaré aux journalistes : « Il se pourrait que ce ne soit pas une prise de contrôle amicale. »

Des millions de personnes se sont retrouvées sans électricité, lundi. Une grande partie de l’île, y compris La Havane, « était plongée dans le noir, les rues n’étant éclairées que par des lampes frontales et des lampes à piles ».

L’île demeure plongée dans le noir, mais les autorités cubaines affirment qu’elles s’affairent à rétablir le courant.

On ignore quelle quantité d’électricité sera redistribuée et quelles zones seront desservies.

Les dirigeants ont exclu l’éventualité d’une défaillance majeure d’une centrale électrique, mais ils n’ont pas encore identifié l’origine profonde de l’interruption du réseau, ce qui laisse croire à un problème dans la transmission.

Selon CNN, les prix du carburant ont connu une augmentation phénoménale à Cuba, atteignant jusqu’à 9 dollars américains le litre sur le marché noir. Le plein d’une voiture coûte donc plus de 300 dollars, ce qui est plus que le salaire annuel de la plupart des Cubains.

En réponse à cette crise économique qui frappe l’île, Trump encourage les responsables cubains à « conclure un accord ».

« C’est un pays très affaibli en ce moment », a déclaré le président américain, récemment.

La semaine dernière, les responsables cubains ont révélé qu’ils étaient au début des négociations avec l’administration Trump pour tenter d’élaborer un plan à court terme.

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Jim Byers
Jim Byers est un rédacteur en voyage indépendant basé à Toronto. Il a été rédacteur en chef pour la section voyage au Toronto Star. Il s’adonne actuellement à l’écriture pour diverses publications au Canada et dans le monde entier. Il est aussi régulièrement invité par CBC, CTV News, Global News et d'autres réseaux de télévision et de radio.