Surcharge pour le carburant? Disons surcharge pour les bagages…

Sans blâmer les compagnies aériennes qui doivent négocier avec une hausse soudaine imposée du tarif du kérosène, ça chatouille néanmoins le nerf sensible d’assister à certaines équations directes que font ouvertement les entreprises.

Photo: my random photo/Unsplash

La compagnie aérienne United Airlines a annoncé qu’elle augmente ses frais pour les bagages et ce, à cause de la guerre au Moyen-Orient.

Sans que ce soit précisé noir sur blanc, le consommateur peut, par lui-même, faire ce lien : les bagages sont synonymes de poids à transporter, et qui dit poids dit pompage accru du jus. Mais on ne peut pas blâmer quiconque de se gratter, néanmoins, le cuir chevelu, face au lien direct qui est justifié entre les deux (frais bagage et guerre) : marketingement parlant, ça reste boiteux.

La compagnie aérienne JetBlue a elle aussi augmenté ses frais de bagages enregistrés, de 9 $US, en début de semaine dernière et pour les périodes de forte affluence. Même si on se doute fort bien que le point de départ du geste, c’est la flambée de la facture à payer pour le kérosène, JetBlue a peut-être le mérite d’avoir indiqué que la facture plus élevée pour les bagages « contribue à maintenir la compétitivité des tarifs de base ».

Pourquoi ça chatouille…

Qu’une entreprise affirme ouvertement qu’elle augmente ses frais bagages à cause d’une guerre, c’est planter une petite graine dans le potager des surcharges sonnantes et trébuchantes. La mode étant de décortiquer les frais, sur une facture, sous prétexte de faire preuve de transparence, habituer l’œil nu à voir une liste de plus en plus longue de petits caractères pour tout et n’importe quoi, ouvre une porte, celle qui a toujours le dos large pour prétexter… tout et n’importe quoi.

Hausse du prix du rap au poulet à bord, à cause de la guerre.

Genre.

Article précédentTournée Jamaïque au Québec dès le 4 mai
Prochain articleNouvelle promesse du Canada pour les passeports : « 30 jours ou nous payons »
Isabelle Chagnon
Détentrice d’un baccalauréat en journalisme de l’Université Laval, Isabelle débute sa carrière de journaliste en voyage en 1995. Ses articles et reportages ont voyagé dans les magazines L’agent de voyages, Voyager et Tourisme Plus, Atmosphère d’Air Transat et le Journal Le Devoir, entre autres. Elle est co-autrice de quatre guides chez Rudel Médias (25 destinations soleil pour les vacances) et aux Éditions Ulysse (Voyager avec des enfants, Fabuleux Alaska/Yukon, Longs séjours à l’étranger). Depuis 2006 aussi, elle présente des conférences devant public.