Vous et nous, on a toutes et tous entendu ceci, des tonnes de fois!, particulièrement depuis la pandémie : « notre industrie du voyage, c’est une industrie résiliente ».
Open Jaw Québec a suivi le dernier Sommet de l’ACTA et assisté au panel de discussions durant lequel, et oui, la résilience dans notre industrie a été applaudie.
Mais nous avons voulu savoir si c’est une bonne ou une pas-si-bonne-chose? À force de clamer notre résilience, quel message notre industrie et nos conseillers lancent-ils aux consommateurs, mais aussi aux fournisseurs?
Et est-ce qu’on se joue des tours à trop vouloir nous autoproclamer résilients et agir en résilients?

Nous avons discuté de tout ça avec Lyne Côté, directrice, relation aux membres chez Ensemble, et jadis conseillère en voyage et propriétaire d’agence, qui faisait partie du panel de discussions de l’ACTA.
Résumé de notre conversation.
Open Jaw Québec : Depuis longtemps, notre industrie du voyage – et tout le réseau des conseillers – encaissent toutes sortes de situations très difficiles (suspensions d’aides ou commissions, réduction des services, manque de transparence, etc.), et pratiquement chaque fois, nous clamons que nous avons cette chance d’être résilients, jusqu’à promettre de toujours s’adapter à tout.
Mais cette résilience, est-ce qu’elle sert bien les conseillers et notre industrie? Est-ce que dire « non! », quelque fois, pourrait nous aider davantage?
Lyne Côté : Le réseau des conseillers ne pourra jamais sauver ce qui se passe dans le monde, ni tout ce qui se passe dans notre industrie.
Mais voici : notre industrie du voyage, c’est une industrie de passion et de gens. Donc, une industrie en mouvement, qui doit se réinventer. Ici, notre résilience nous aide. Et à force d’être résilients, nous sommes devenus bons dans ce domaine.
La résilience fait que nous sommes des meilleures personnes, des meilleurs êtres humains, des meilleurs travailleurs. Notre industrie a tout à gagner, et les clients consommateurs aussi.
Open Jaw Québec : Certaines personnes commencent à voir en notre résilience le fait d’abdiquer. Devrions-nous refuser haut et fort certaines situations?
Lyne Côté : Nous le faisons déjà! Par exemple, lorsqu’il y a une situation problématique avec un fournisseur quel qu’il soit, notre industrie, par le réseau des agences, dénonce l’inacceptable, et les conseillers en voyage savent s’objecter à ce qu’on leur mette tout et rien sur leurs épaules.
Open Jaw Québec : Quand les conseillers en voyage répètent « nous sommes résilients! », lancent-ils un message qui dit aussi « faites n’importe quoi, de toute façon, on va s’ajuster »?
Lyne Côté : Peut-être que certains le pensent, mais pas moi. Je suis d’avis que notre résilience ne nous dicte pas de ne pas parler et négocier avec les fournisseurs ou autres partenaires quand une situation non souhaitable se produit.
Notre industrie, si elle est résiliente, elle a quand même des décennies d’expérience et de vécu. Elle a traversé des crises avec la résilience, mais aussi avec la fermeté et conviction de se défendre et de s’objecter quand quelque chose ne fonctionne pas.




