ÉU : attention à l’ESTA, qui change le statut «approuvé» à «non approuvé» à la dernière minute

Ces jours-ci, les tribunes publiques commencent à être tapissées d’histoires qui racontent cette même histoire :

Photo: https://esta.cbp.dhs.gov/

Des voyageurs qui s’envoleront bientôt vers les États-Unis découvrent que leur autorisation de voyage produite et obtenue par l’ESTA (Electronic System for Travel Authorization) n’est plus valable.

Comment le découvrent-ils?

Ils reçoivent un courriel du système les invitant à consulter leur dossier sur le portail officiel et constatent que leur statut est passé de “Authorization Approved” à “Travel Not Authorized”.

Un élément commun… en apparence?

Les tribunes sur le sujet qu’Open Jaw Québec a consultées ont cet élément en commun : les futurs voyageurs devaient se rendre bientôt aux États-Unis pour assister à des matchs de la Coupe du Monde de la FIFA :

« Les supporters sont « dévastés » : les autorisations de voyage pour la Coupe du Monde ont été retirées à la dernière minute. Les citoyens britanniques souhaitant se rendre aux États-Unis pour un séjour de 90 jours maximum sans visa doivent faire une demande d’autorisation de voyage électronique (ESTA). Or, des dizaines de supporters ayant rempli le formulaire ont indiqué sur les réseaux sociaux que le statut de leur demande était passé cette semaine de « approuvée » à « voyage non autorisé » » raconte ici la BBC.

Qu’il y ait un lien ou non avec la Coupe du Monde de la FIFA, voici néanmoins comment la chose se produit :

Selon les personnes qui racontent leur mésaventure, elles ont d’abord fait une demande d’autorisation de voyage via l’ESTA et, une fois celle-ci approuvée, elles ont fait ce que tout le monde aurait fait : réservé leur voyage. Puis, certaines de ces personnes racontent avoir reçu, beaucoup plus tard, soit à quelques jours de leur départ, un courriel inattendu les informant d’une mise à jour du statut de leur ESTA. Et ce statut venait de passer d’« approuvé » à « en attente », puis, deux heures plus tard, à « voyage non autorisé ».

Précisions qui n’arrangent pas les choses

Open Jaw Québec a consulté le site de l’ESTA et il n’y figure aucune mention indiquant que de nouvelles procédures quelconques ont été implantées dans le traitement des demandes mais aussi des statuts.

Nous avons donc continué nos recherches et les informations que nous avons trouvées ne rassurent en rien. Car voici : les mésaventures qui tapissent actuellement les tribunes relèveraient d’une situation… normale. Dit autrement, il semblerait que les voyageurs prendraient pour acquis une autorisation obtenue alors qu’ils ne devraient pas…

Revoyons le concept, ne serait-ce pour mieux comprendre comment ça marche, aujourd’hui, le voyage et le traitement qu’on réserve aux voyageurs.

L’ESTA permet à des ressortissants des pays membres du programme d’exemption de visa (Visa Waiver Program) de voyager aux États-Unis sans visa pour un séjour touristique, d’affaires ou de transit de 90 jours maximum.

Jusque-là, ça va. Mais voyons la suite :

« Mais cette autorisation n’est pas un visa et ne garantit pas l’entrée sur le territoire américain. Elle permet uniquement d’embarquer à destination des États-Unis dans le cadre du programme d’exemption de visa, l’admission finale restant décidée par les agents de l’U.S. Customs and Border Protection à l’arrivée » attire notre attention le site spécialisé dans les affaires de visa, Visa News.

« Les autorités américaines rappellent qu’une ESTA approuvée est généralement valable deux ans, ou jusqu’à l’expiration du passeport utilisé pour la demande, sauf révocation. Cette précision est importante : une autorisation peut donc théoriquement cesser d’être valide avant la date de fin initialement affichée. »

La suite de l’explication du comment fonctionne ce système – aux États-Unis du moins – nous envoie sur une piste où l’on se demande vraiment comment est-il possible de gérer une situation semblable :

« Selon les dispositifs, une autorisation approuvée peut être réexaminée, modifiée ou annulée avant le départ, notamment si de nouvelles informations apparaissent, si les conditions d’éligibilité changent ou si les autorités considèrent que le voyageur ne remplit plus les critères requis. Le voyageur peut alors découvrir, au moment de vérifier son dossier ou lors de l’enregistrement, que son autorisation n’est plus valable. »

La solution qui n’en est pas une

Les autorités américaines indiquent qu’un voyageur dont la demande d’ESTA est finalement refusée, et qui souhaite maintenir son déplacement, doit demander un visa non-immigrant auprès d’une ambassade ou d’un consulat des États-Unis.

C’est mignon comme solution, mais comment fait-on quand le voyage est prévu dans quelques jours, sachant que les démarches pour un visa peuvent prendre de longs délais…

La politique internationale, une piste?

Open Jaw Québec a continué de chercher quelle piste d’aide pourrait être à regarder dans cette situation inacceptable quand on pense à tout ce qu’un voyage implique (argent, réservation, etc.).

Le seul truc que nous avons découvert, c’est ceci :

Le 2 avril dernier, le site Visa News expliquait ceci : « les voyageurs relevant du Visa Waiver Program qui ont séjourné en Iran, en Irak, en Libye, en Somalie, au Soudan, en Syrie, au Yémen, en Corée du Nord depuis le 1er mars 2011, ou à Cuba depuis le 12 janvier 2021, ne peuvent en principe plus utiliser ce système et doivent passer par un visa. »

Cette mention sonne une cloche : la politique internationale.

Sans prétendre une vérité absolue, il y a là toutefois, peut-être, une direction à regarder pour suspecter des changements probables à venir dans le statut d’un statut de voyageur. Mais ce n’est pas une solution. C’est une explication.

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Isabelle Chagnon
Détentrice d’un baccalauréat en journalisme de l’Université Laval, Isabelle débute sa carrière de journaliste en voyage en 1995. Ses articles et reportages ont voyagé dans les magazines L’agent de voyages, Voyager et Tourisme Plus, Atmosphère d’Air Transat et le Journal Le Devoir, entre autres. Elle est co-autrice de quatre guides chez Rudel Médias (25 destinations soleil pour les vacances) et aux Éditions Ulysse (Voyager avec des enfants, Fabuleux Alaska/Yukon, Longs séjours à l’étranger). Depuis 2006 aussi, elle présente des conférences devant public.